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La Duse, Aleramo et Serao spectatrices de la scène et du cinéma italiens au tournant du XXe siècle : rencontres parisiennes

Pages 95 à 110

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  • Mitchell, K.,
  • Traduit par Candiard, C.
(2022). La Duse, Aleramo et Serao spectatrices de la scène et du cinéma italiens au tournant du XXe siècle : rencontres parisiennes. Dans
  • V. Lochert,
  • M. Bouhaïk-Gironès,
  • C. Candiard,
  • F. Cavaillé,
  • J. Hostiou
  • et M. Traversier
Spectatrices ! : De l’Antiquité à nos jours (p. 95-110). CNRS Éditions. https://doi.org/10.3917/cnrs.loche.2022.01.0095.

  • Mitchell, Katharine.,
  • et al.
« La Duse, Aleramo et Serao spectatrices de la scène et du cinéma italiens au tournant du XXe siècle : rencontres parisiennes ». Spectatrices ! De l’Antiquité à nos jours, CNRS Éditions, 2022. p.95-110. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/spectatrices--9782271135841-page-95?lang=fr.

  • MITCHELL, Katharine,
  • Traduit par CANDIARD, Céline,
2022. La Duse, Aleramo et Serao spectatrices de la scène et du cinéma italiens au tournant du XXe siècle : rencontres parisiennes. In :
  • LOCHERT, Véronique,
  • BOUHAÏK-GIRONÈS, Marie,
  • CANDIARD, Céline,
  • CAVAILLÉ, Fabien,
  • HOSTIOU, Jeanne-Marie
  • et TRAVERSIER, Mélanie,
Spectatrices ! De l’Antiquité à nos jours. Paris : CNRS Éditions. Hors collection, p.95-110. DOI : 10.3917/cnrs.loche.2022.01.0095. URL : https://shs.cairn.info/spectatrices--9782271135841-page-95?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cnrs.loche.2022.01.0095


Notes

  • [1]
    Mon analyse du public féminin doit beaucoup aux travaux de Gaylyn Studlar. Selon elle, le spectateur masculin s’identifie à la femme au cinéma, mais la redoute aussi, parce qu’elle représente une menace pour le patriarcat. En même temps, elle exprime ses propres aspects « féminins » qu’il ressent le besoin de réprimer (In the Realm of Pleasure : Von Sternberg, Dietrich, and the Masochistic Aesthetic, New York, Columbia University Press, 1992, p. 2).
  • [2]
    Angela Dalle Vacche considère que la diva du cinéma muet renvoie à la Mater Dolorosa de l’iconographie catholique. Voir Angela Dalle Vacche, Diva : Defiance and Passion in Early Italian Cinema, Austin, University of Texas Press, 2008, p. 4.
  • [3]
    Voir Giovanni Ragone, Un secolo di libri. Storia dell’editoria in Italia dall’Unità al postmoderno, Turin, Einaudi, 1999, p. 46, et Susan Hayward, Cinema Studies : the Key Concepts, Londres et New York, Routledge, 2006, 3e éd., p. 236.
  • [4]
    Voir Katharine Mitchell, « Evenings Out : Female Spectators of Opera and Theatre in Late Nineteenth-Century Italy », Jennifer Burns et Gabriella Romani (dir.), The Formation of a National Audience : Readers and Spectators in Italy, 1750-1890, Vancouver, Fairleigh Dickinson University Press, 2017, p. 267.
  • [5]
    Gustave Flaubert, Madame Bovary, Paris, Garnier-Flammarion, 1966, p. 236.
  • [6]
    Peter Brooks, « Melodrama, Body, Revolution », Jacky Bratton, Jim Cook et Christine Gledhill (dir.), Melodrama : Stage, Picture, Screen, Londres, British Film Institute, 1994, p. 11-24, p. 22. Pour Brooks, la figure de Marie-Madeleine est celle d’un corps féminin malmené sur lequel le désir a gravé une histoire impossible, une histoire de désir dans l’impasse.
  • [7]
    Voir par exemple Une loge aux Italiens d’Eva Gonzalès (1874) et Au théâtre de Mary Cassatt (1879).
  • [8]
    František Cerný, « Les tragédiennes comme un phénomène caractéristique du théâtre européen à la fin du xixe et au commencement du xxe siècle », Milan Lukeš (dir.), The Role of the Actor in the Theatrical Reform of the Late 19th and Early 20th Centuries, Prague, University of Prague Karlova, 1976, p. 23-35 (p. 33). Souligné par l’autrice de l’article.
  • [9]
    Angela Dalle Vacche, op. cit., p. 4-5. La version française de ce passage, comme de tous ceux cités ici, est de la traductrice de l’article.
  • [10]
    John Berger, Voir le voir [1972], trad. Monique Triomphe, Paris, Alain Moreau, 1976, p. 51. Berger suggère que l’instance intérieure qui observe les femmes est masculine, et l’instance observée féminine.
  • [11]
    Olga Signorelli, Eleonora Duse, Rome, Signorelli, 1938, p. 287.
  • [12]
    Paul Fryer, « Duse Recorded », Maria Pia Pagani et Paul Fryer (dir.), Eleonora Duse and Cenere (Ashes) : Centennial Essays, Jefferson, McFarland, 2017, p. 72-89 (p. 78).
  • [13]
    Matilde serao, « Eleonora Duse e il cinematografo », L’arte muta. Rassegna di vita cinematografica, août 1916, p. 5-11. Leda Gys était le nom de scène de la diva du muet Giselda Lombardi (1892-1957).
  • [14]
    Ibid.
  • [15]
    Voir Mirella Schino, Il teatro di Eleonora Duse, Bologne, Il Mulino, 1992.
  • [16]
    Entretien avec Leone Fortis, L’Illustrazione Italiana, 11 avril 1897, réimprimé dans Cordelia, 6 juin 1897, cité dans Mirella Schino, op. cit., p. 233-35. Les opinions de Ristori furent réimprimées dans un numéro spécial consacré à Ristori dans Cronache drammatiche, 1er janvier 1899.
  • [17]
    Olga Signorelli, La Duse, Rome, A. Signorelli, 1938, p. 38.
  • [18]
    Mirella Schino, op. cit., p. 237.
  • [19]
    Ibid., p. 247.
  • [20]
    Silvio D’amico, « Colloqui con la Duse », Lo Spettatore Italiano, 1er mai et 15 mai 1924, cité dans M. Schino, op. cit., p. 247.
  • [21]
    Dans Une maison de poupée d’Ibsen (NdT).
  • [22]
    Sibilla Aleramo, Una donna, Milan, Feltrinelli, 2003, p. 136.
  • [23]
    Ibid., p. 118.
  • [24]
    Ibid.
  • [25]
    Ibid., p. 156.
  • [26]
    Sibilla Aleramo, Un amore insolito : Diario, 1940-1944,Milan, Feltrinelli, 1979, p. 15. Entrée datée du 24 novembre 1940.
  • [27]
    Lettre datée du 31 décembre 1922, de Sibilla Aleramo à Eleonora Duse, conservée à la Fondazione Giorgio Cini, Venise.
  • [28]
    Ibid.
  • [29]
    Jane Catulle-Mendès, La Presse, 11 mars 1923, p. 2.
  • [30]
    Matilde Serao, Cuore infermo [1881], Rome, Luccarini, 1988, p. 49-50.
  • [31]
    Alfredina D’Ascenzo, « Prefazione », Matilde Serao, Fantasia [1883], Bologne, Millennium, 2006, p. 61.
  • [32]
    Ibid., p. 64-66.
  • [33]
    Matilde Serao, Dopo il perdono [1905], Milan, Treves, 1920, p. ix-x.
  • [34]
    Ibid., p. 5.
  • [35]
    Jean Dornis, Le Roman italien contemporain, Paris, Ollendorf, 1907, p. 159.
  • [36]
    L’essai de Serao est présenté par un (une ?) journaliste qui signe avec le pseudonyme « X », et est prétendument traduit en français par un traducteur inconnu ayant pour initiales « L.G. ».
  • [37]
    Matilde Serao, « L’année théâtrale italienne », Le Temps, 29 août 1904, p. 1.
  • [38]
    La création italienne de la pièce eut lieu au Teatro dei Fiorentini à Naples le 5 février 1908, jouée par la Compagnia Ruggeri, avec Emma Gramatica et Ruggiero Ruggeri dans les rôles principaux.
  • [39]
    Ibid.
  • [40]
    Ibid.
  • [41]
    Ibid.
  • [42]
    Ibid.
  • [43]
    Ibid.
  • [44]
    Lucia Re, « Eleonora Duse and Women », Italian Studies, vol. 70, 2015, Issue 3 : The Diva in Modern Italian Culture, p. 350.
  • [45]
    Susan Glenn, Female Spectacle : the Theatrical Roots of Modern Feminism, Cambridge, CUP, 2000, p. 3.
  • [46]
    Laura Mulvey, dans son ouvrage Fetishism and Curiosity, Bloomington, Indiana University Press, 1996, p. 59), a été la première à appliquer l’adjectif « épistémophile » à un type de « regard ».
  • [47]
    Marie Van Vorst, « The Italian Woman’s Drive for Freedom », The Ladies’ Home Journal, janvier 1921, p. 25 et 44.
  • [48]
    Louis, « La Femme au Théâtre », Le Méphisto : Journal artistique, littéraire, satirique, 25 janvier 1882, p. 2.
  • [49]
    Robert F. Aldrich et Gary Wotherspoon (dir.), Who’s Who in Gay & Lesbian History : From Antiquity to World War II, Londres, Routledge, 2001, p. 138.

Cet essai porte sur une période qui comprend la Belle Époque – ces années entre 1871 et la Première Guerre mondiale que l’on associe avec nostalgie à l’optimisme, au progrès et à l’élégance – et les années 1920 qui la suivirent. À cette époque, Paris était le principal centre artistique et scientifique européen, avec son architecture d’avant-garde, ses expositions universelles et ses théâtres. Les artistes étrangers qui cherchaient à se faire un nom ou à expérimenter de nouveaux genres ou de nouvelles formes étaient attirés par la vie parisienne et la liberté qu’elle offrait à l’égard des contraintes sociales. Les liens historiques ainsi que la proximité religieuse, politique et sociale de l’Italie avec la France remontaient à plusieurs siècles, mais ce n’est qu’au xixe siècle, marqué par la naissance de la nation italienne, par l’occupation et la domination étrangères et surtout par la montée de l’alphabétisation, que s’éveilla l’intérêt des écrivains et artistes italiens pour la France, et plus précisément pour Paris, où ils allaient trouver l’inspiration, nouer des contacts et prendre de la hauteur.
Des travaux féministes récents de théorie de la réception cinématographique viennent contredire l’idée, développée par Laura Mulvey, d’une masculinisation de la position de spectateur pour mettre en avant un plaisir de spectatrice spécifiquement féminin. C’est dans cette perspective que je m’intéresserai ici à l’expérience de spectatrice de trois artistes de scène et écrivaines italiennes mondialement célèbres qui passèrent par Paris au cours de leur carrière…


Date de mise en ligne : 30/09/2024

https://doi.org/10.3917/cnrs.loche.2022.01.0095

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