Chapitre de Que sais-je ? / Repères

Chapitre IV. Le Socrate de Platon

Pages 35 à 90

Citer ce chapitre


  • Dorion, L.-A.
(2025). Chapitre IV. Le Socrate de Platon. Socrate (4e éd., p. 35-90). Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/socrate--9782715433700-page-35?lang=fr.

  • Dorion, Louis-André.
« Chapitre IV. Le Socrate de Platon ». Socrate, Presses Universitaires de France, 2025. p.35-90. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/socrate--9782715433700-page-35?lang=fr.

  • DORION, Louis-André,
2025. Chapitre IV. Le Socrate de Platon. In : Socrate. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Que sais-je ? p.35-90. URL : https://shs.cairn.info/socrate--9782715433700-page-35?lang=fr.

Notes

  • [1]
    E.M. Cioran, Cahiers 1957-1972, Paris, 1997, p. 387.
  • [2]
    Cf. Vlastos, 1994, chap. ii : « Socrate contre Socrate chez Platon », p. 69-116. On a coutume, depuis la fin du xixe siècle, de répartir les dialogues de Platon en trois groupes chronologiques, soit les dialogues de jeunesse (Apologie, Criton, Hippias mineur, Hippias majeur, Ion, Alcibiade, Lachès, Protagoras, Ménexène, Euthyphron, Gorgias, Charmide, Ménon, Lysis, Euthydème), les dialogues de maturité (Cratyle, Banquet, Phédon, République, Phèdre, Parménide, Théétète) et les dialogues de vieillesse (Sophiste, Politique, Philèbe, Timée, Critias, Lois).
  • [3]
    23 a-b (trad. Brisson).
  • [4]
    Cf. L.-A. Dorion, « Le récit de l’oracle de Delphes est-il un mythe ? », in Dorion, 2023, p. 263-282.
  • [5]
    Cf. Apologie 20 c, e, 21 b, d, 23 a-b, 29 b ; Euthyphrona-c, 15 c-16 a ; Charmide 165 b-c, 166 c-d ; Lachès 186 b-e, 200 e ; Hippias mineur 372 b, e ; Hippias majeur 286 c-e, 304 d-e ; Lysis 212 a, 223 b ; Gorgias 509 a ; Ménon 71 a-b, 80 d, 98 b ; Banquet 175 e, 177 d, 216 d ; République I 337 d-e, 354 c ; Phèdre 235 c ; Théétète 150 c, 210 c ; [Platon] Axiochos 366 b. Nous avons conservé un fragment d’Eschine de Sphettos (fr. 11 C Dittmar = SSR VI A 53) où Socrate proclame pareillement son ignorance.
  • [6]
    Voir supra, n. 2, p. , les références à l’Euthyphron, au Charmide, au Lachès, au Lysis et à l’Hippias majeur.
  • [7]
    Cf. Apologie 22 e-23 a ; Banquet 216 d-e ; Rép. I 337 a.
  • [8]
    Cf. Rép. I 337 e. Voir aussi Aristote, Réfutations sophistiques, 34, 183 b 7-8 : « Socrate posait des questions, mais ne répondait pas, car il reconnaissait ne pas savoir. »
  • [9]
    Cf. Apologie 22 b ; Hippias mineur 369 d-e, 372 a-c ; Alcibiade 109 d ; Lachès 181 d ; Gorgias 489 d et les trois passages discutés ci-après.
  • [10]
    Qu’est-ce que la philosophie antique ?, Paris, 1995, p. 53.
  • [11]
    Cité de Dieu VIII 3 (trad. Jerphagnon). Sur l’ironie socratique comprise comme feinte et dissimulation, voir aussi Cicéron, Brutus 293 ; Acad. prior. II 5, 15-16 ; Des devoirs I 30, 108.
  • [12]
    41 c-d (trad. Brisson).
  • [13]
    Cf. Criton 48 a ; Charmide 156 d-157 c ; Alcibiade 129 b-132 c ; Protagoras 313 a-b ; Gorgias 512 a.
  • [14]
    Apologie 29 b (trad. Brisson).
  • [15]
    Cf. G. Vlastos, « Socrates’ disavowal of knowledge », The Philosophical Quarterly, 1985 (35), p. 1-31.
  • [16]
    Cf., entre autres, Gorgias 509 a et 527 b.
  • [17]
    Cf. T.C. Brickhouse et N.D. Smith, 2000, p. 101, 105, 114.
  • [18]
    Cf. Lysis 204 c ; Banquet 177 d, 198 d ; Phèdre 257 a ; [Platon] Théagès 128 d.
  • [19]
    Sur le signe divin de Socrate, cf. infra, p. -.
  • [20]
    Cf. L.-A. Dorion, Platon : Lachès/Euthyphron, Paris, GF, 1997, p. 13-14, 62-63, 227-230 ; Platon : Charmide/Lysis, Paris, GF, 2004, p. 12-15.
  • [21]
    Cf. Alcibiade 117 a ; Gorgias 482 a, 527 e ; Hippias mineur 372 d-e, 376 c.
  • [22]
    Cf. Phèdre 275 e et Lettre VII 344 d.
  • [23]
    Cf. G. Vlastos, « The Socratic elenchus », Oxford Studies in Ancient Philosophy, 1983 (1), p. 27-58 (ici, p. 39).
  • [24]
    Ibid., p. 49.
  • [25]
    Cf. L.-A. Dorion, « Aristotle’s definition of elenchus in the light of Plato’s Sophist », in J. L. Fink (éd.), The Development of Dialectic from Plato to Aristotle, Cambridge, 2012, p. 251-269 (ici, p. 251-255).
  • [26]
    Cf. Criton 49 c-e ; Protagoras 331 c-d ; Charmide 166 d ; Gorgias 495 a, 500 b ; Ménon 83 d ; Euthydème 286 d ; Rép. I 346 a, 349 a, 350 e.
  • [27]
    L’expression est de Vlastos, « The Socratic elenchus », art. cité, p. 37.
  • [28]
    Ménon 80 a-b (trad. Canto-Sperber). Platon souligne souvent que les interlocuteurs réfutés par Socrate sont plongés dans l’embarras (aporia) et ne savent que répondre. Cf. Alcibiade 116 e, Ion 532 b-c, Euthyphron 11 b, Lachès 194 a-b, 200 e, Charmide 169 c, Gorgias 522 b, Lysis 213 c-d, Ménon 80 c, Rép. I 334 b, Philèbe 20 a et, enfin, Théétète 149 a : « On prétend que je suis le plus déroutant (atopôtatos) des hommes et que je ne fais que mettre les autres dans l’embarras (aporein) » (trad. Robin).
  • [29]
    Cf. Euthydème 279 b, 281 a ; Ménon 87 e-88 a.
  • [30]
    30 a-b (trad. Brisson ; nous soulignons). Voir aussi 36 c.
  • [31]
    Cf. Apologie 36 c-d ; Gorgias 458 a-b, 461 a, 470 c, 506 b-c ; Euthydème 295 a ; Ménon 84 a-c.
  • [32]
    Cf. Gorgias 506 b-c ; Rép. I 337 a, 341 a ; Théétète 151 c-d, 161 a, 168 a.
  • [33]
    41 b-c (trad. Brisson ; nous soulignons).
  • [34]
    Cf. L.-A. Dorion, « La critique de l’elenchos socratique dans La République (VII 537 d-539 d) », in J.-B. Gourinat et J. Lemaire (éd.), Logique et dialectique dans l’Antiquité, Paris, 2016, p. 43-66.
  • [35]
    Sur cette critique, voir aussi [Platon], Clitophon 408 d-e, 410 b-e.
  • [36]
    150 b-d (trad. Narcy).
  • [37]
    Cf. M. Burnyeat, « Socratic midwifery, Platonic inspiration » [1977], in Benson, 1992, p. 53-65.
  • [38]
    Cette interprétation, courante dans l’Antiquité (cf. Plutarque, Questions platoniciennes, 1000 e ; Proclus, Sur le Premier Alcibiade de Platon, 27.16-30.4), a été reprise par des commentateurs modernes (cf. L. Robin, Platon, Paris, 1935, p. 72-73).
  • [39]
    33 c (trad. Brisson).
  • [40]
    46 b (trad. Brisson).
  • [41]
    Platon et Xénophon ne parlent jamais du « démon » (daimôn) de Socrate, mais plutôt de la divinité (daimonion) qui s’adresse parfois à Socrate par le truchement d’un signe. C’est au iie siècle apr. J.-C., à l’époque du moyen platonisme, que Plutarque, Maxime de Tyr et Apulée assimileront le signe divin (daimonion sêmeion) de Socrate à un « démon » (daimôn), qui est une forme de divinité intermédiaire entre les hommes et les dieux.
  • [42]
    Cf. Vlastos, 1994, p. 388-389.
  • [43]
    Comme il cherche à préserver la souveraineté de la raison critique de Socrate, Vlastos (1994, p. 389-390) refuse cette interprétation de l’intervention du signe en Apol. 31 d, mais sa propre interprétation de ce passage n’est guère convaincante.
  • [44]
    Les Deux Sources de la morale et de la religion [1932], Paris, Puf, 1962, p. 60.
  • [45]
    Essais III, 13, p. 1115 (éd. Villey-Saulnier).
  • [46]
    Cf. Lachès 194 d ; Gorgias 460 b-c ; Protagoras 349 d-361 b ; Hippias mineur 375 d-e ; Rép. I 350 d.
  • [47]
    72 a (trad. Canto-Sperber).
  • [48]
    Métaphysique, M 4, 1078 b 17-19.
  • [49]
    Cf. Euthydème 279 e-280 b ; Rép. I 340 d-e.
  • [50]
    Cf. Euthyphron 13 d-14 a ; Charmide 159 a, 161 a, 165 c, d-e, 173 a, 174 d, 175 a ; Euthydème 291 d-292 b.
  • [51]
    Cf. Gorgias 460 c-461 a ; Rép. I 335 c-e.
  • [52]
    Cf. Charmide 164 a-c ; Lachès 195 c-d et l’exemple du pilote de navire dans le Gorgias (511 d-512 a).
  • [53]
    Cf. Alcibiade 134 b ; Gorgias 517 b-c, 518 e-519 b.
  • [54]
    Cf. Lachès 179 a-d, 180 b ; Ménon 93 a-94 e ; Protagoras 319 e-320 b ; Alcibiade 118 c-119 a.
  • [55]
    Cf. Protagoras 345 d-e, 358 c-d ; Apologie 25 d-26 a ; Gorgias 467 c-468 c, 509 e ; Ménon 77 b-78 b.
  • [56]
    Cf. Euripide, Médée, 1078-1079.
  • [57]
    Métamorphoses VII 20-21.
  • [58]
    Cf. Gorgias 468 a-c ; Ménon 77 c-78 b.
  • [59]
    Cf. Éthique à Nicomaque VII 2, 1145 b 25-26 ; cf. aussi Grande Morale II 6, 1200 b 25-29.
  • [60]
    Cf. Lysis 218 a, Gorgias 477 b, Euthydème 281 e, Rép. X 609 c, Philèbe 48 c, 49 a ; Diogène Laërce II 31.
  • [61]
    Cf. Mémorables I 5, 4 et infra, p. .
  • [62]
    Cf. L.-A. Dorion, « Enkrateia et partition de l’âme chez Platon », Revue de philosophie ancienne, 2018 (36), p. 153-213.
  • [63]
    Cf. Protagoras 328 e-334 c ; Gorgias 507 a-c.
  • [64]
    Sur le caractère « déroutant » (atopos) de Socrate, cf. Alcibiade 106 a ; Banquet 215 a, 221 c-d ; Phèdre 229 c, 230 c ; Théétète 149 a.
  • [65]
    Cf. Lachès 180 e-181 a ; Charmide 156 a.
  • [66]
    Banquet 222 b (trad. Brisson).
  • [67]
    Voir le dialogue du même nom.
  • [68]
    Cf. Xénophon, Mémorables IV 2.
  • [69]
    Voir le Premier Alcibiade.
  • [70]
    Cf., respectivement, Charmide 176 b, Alcibiade 135 d et Mémorables IV 2, 40.

À tout seigneur tout honneur : le portrait de Socrate auquel nous nous attacherons le plus longuement est celui que nous a légué Platon, non seulement parce que les dialogues platoniciens constituent le témoignage le plus abondant sur Socrate, mais aussi, mais surtout parce que le Socrate qui a exercé la plus grande influence, aussi bien sur la philosophie grecque ultérieure que sur la tradition philosophique occidentale, est le Socrate de Platon. Il est donc tout à fait justifié que nous lui accordions un traitement privilégié.
Avant d’exposer les positions maîtresses du Socrate de Platon, nous devons au préalable résoudre un problème méthodologique. Le personnage de Socrate figure dans plus de vingt dialogues dont la composition s’échelonne sur presque cinquante ans. Or il semble que Platon n’ait pas hésité, au fil de son œuvre et au gré de l’évolution de sa pensée, à prêter à Socrate des positions philosophiques qui ne sont pas toujours compatibles entre elles, à tel point qu’on a pu identifier dix thèmes au sujet desquels les positions défendues par le Socrate des dialogues de jeunesse sont diamétralement opposées à celles du Socrate des dialogues de maturité. Il semble donc illusoire d’espérer dégager, de l’ensemble des dialogues de Platon, une doctrine socratique homogène et unitaire. Dans ces conditions, il nous faut déterminer quels dialogues nous privilégierons pour cet exposé de la philosophie de Socrate. Comme la figure de Socrate tend à s’effacer progressivement au fur et à mesure que l’on avance dans la chronologie des dialogues – le dernier dialogue de Platon, le…


Date de mise en ligne : 18/06/2025

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