Chapitre IV. Les passions du risque
- Par David Le Breton
Pages 104 à 117
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- LE BRETON, David,
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- Le Breton, D.
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Dans la vie quotidienne et au-delà dans les activités technologiques ou scientifiques, économiques ou politiques, le risque est associé plutôt au danger, mais s’il est librement choisi, alors, à l’inverse, il est perçu comme motif d’épanouissement, occasion de se mesurer à une situation inédite, ressource pour redéfinir son existence, éprouver ses capacités personnelles, rehausser l’estime de soi, ou obtenir une reconnaissance des autres. Le risque délibérément pris est une école de caractère. En lui se loge une intensité d’existence, une attente passionnée. Il culmine dans les activités physiques et sportives dites à risque, mais il se trouve aussi dans maintes circonstances de la vie quotidienne où l’individu remet en question ses routines personnelles ou professionnelles. Le risque est un outil pour bouleverser la fixité des choses, les positions établies, ouvrir de nouvelles pistes. Ce goût de l’aventure ou du risque a déjà été pointé par Simmel (1989), Goffman (1974), Ball (1972), Jankélévitch (1963) ou par Trasher chez les jeunes délinquants (1963). Klausner (1968), dans un ouvrage collectif : Why Man Takes Chances : Studies in Stress-Seeking, observe avec d’autres auteurs cette quête passionnée de stress dans différents domaines, mais d’un stress en quelque sorte heureux, car il est décidé par les acteurs qui recherchent le frémissement de l’action, l’intensité d’une expérience nouvelle, la confrontation à soi-même dans une sorte d’épreuve passionnée. La montée d’adrénaline évoquée ici est synonyme d’exaltation et d’épanouissement et non de tension, de peur…
Date de mise en ligne : 17/02/2023
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