Conclusion
Pages 301 à 319
Citer ce chapitre
- BOULLIER, Dominique,
- Boullier, Dominique.
- Boullier, D.
https://doi.org/10.3917/arco.boull.2016.01.0301
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- Boullier, D.
- Boullier, Dominique.
- BOULLIER, Dominique,
https://doi.org/10.3917/arco.boull.2016.01.0301
Notes
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[1]
Le test de Turing doit être distingué de sa machine universelle qui a fondé toute l’algorithmique contemporaine. Le test de Turing consistait à demander à un sujet de différencier une machine d’un humain à partir des messages reçus dans un dialogue (masqué). La conclusion de Turing était radicale pour redéfinir l’intelligence : « est intelligent ce qui est interprété comme intelligent par un humain », en dehors de toute essence des entités en présence, ni complexité ni intériorité.
La sociologie du numérique doit veiller à conserver son propre agenda qui doit traiter scientifiquement des défis posés par les innovations successives qui réinventent sans cesse l’écosystème numérique lui-même, comme c’est le cas pour le Big Data dans ces années 2010. Pourtant sa vocation est aussi, depuis la fondation de la discipline, de fournir une réflexivité à toute une société et en particulier à ses décideurs. Si certains chercheurs se défendent de vouloir jouer les conseillers du prince, alors même que Durkheim assumait son projet politique, la place est vite prise par tous ceux qui font de la sociologie comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, c’est-à-dire comme tous les membres de ces sociétés. La presse, l’édition et les publications en tous genres, numériques ou non, pullulent d’essais et visions du futur qui sont en concurrence pour tenter de nous orienter dans un moment où le changement technique permanent rend l’avenir difficilement lisible. Notre introduction pointait les parentés entre les changements intervenus au moment de l’invention de l’imprimerie et ceux portés par le numérique. Nous avions signalé à quel point l’amplification portait sur toutes les tendances et sur tous les possibles déjà présents, ce qui est le propre d’une technologie pervasive.
Mais il nous faut maintenant nous tourner vers l’avenir et tenter de voir plus clair dans tous les possibles concurrents qui sont vantés dans toute la littérature produite sur le numérique. Ces travaux n’ont pas tous prétention scientifique ni même philosophique mais la sociologie ne peut ignorer à quel point tous ces « discours d’accompagnement » (Moeglin) formatent des visions collectives du futur sans pour autant fournir les leviers pour bâtir un avenir…
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