Chapitre d’ouvrage

Chapitre 4. L’École de Francfort et la théorie de la culture de masse

Le soleil noir de la modernité

Pages 61 à 69

Citer ce chapitre


  • Maigret, É.
(2022). Chapitre 4. L’École de Francfort et la théorie de la culture de masse Le soleil noir de la modernité. Sociologie de la communication et des médias (4e éd., p. 61-69). Armand Colin. https://doi.org/10.3917/arco.maigr.2022.01.0061.

  • Maigret, Éric.
« Chapitre 4. L’École de Francfort et la théorie de la culture de masse : Le soleil noir de la modernité ». Sociologie de la communication et des médias, Armand Colin, 2022. p.61-69. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/sociologie-de-la-communication-et-des-medias--9782200633783-page-61?lang=fr.

  • MAIGRET, Éric,
2022. Chapitre 4. L’École de Francfort et la théorie de la culture de masse Le soleil noir de la modernité. In : Sociologie de la communication et des médias. Paris : Armand Colin. Collection U, p.61-69. DOI : 10.3917/arco.maigr.2022.01.0061. URL : https://shs.cairn.info/sociologie-de-la-communication-et-des-medias--9782200633783-page-61?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/arco.maigr.2022.01.0061


Notes

  • [1]
    Le penseur américain Dwight McDonald a revendiqué la paternité de l’expression dans les années 1970, en évoquant un article publié en 1938. Mais les premiers écrits de Adorno et Horkheimer sur le sujet datent du tout début des années 1940 et leur influence sur les travaux de Mcdonald est manifeste.
  • [2]
    Th. Veblen, envers lequel Adorno souligne pourtant sa distance, constitue aussi une source de sa pensée.
  • [3]
    Il y a cependant une dualité de l’émotion chez Platon qui, dans le Phèdre, fait du désir du beau une médiation entre l’humain et le divin, et dans la République, une menace pour l’ordre social.
  • [4]
    L’échelle permettant de mesurer l’autoritarisme est toujours utilisée par certaines équipes de science politique qui veulent par exemple mesurer la xénophobie des électorats d’extrême droite. Elle a reçu de nombreuses critiques, notamment celle d’évacuer tout caractère social et historique au profit de variables purement psychologiques, de privilégier la détection de l’autoritarisme de droite (le fascisme) au détriment de celui de gauche, etc.
  • [5]
    La critique des médias peut entrer évidemment en résonance avec des événements politiques comme le coup d’État américain contre Salvador Allende au Chili qui est la toile de fond des travaux de Dorfman et Mattelart sur l’industrie américaine de divertissement, accusée de préparer et de prolonger l’hégémonie militaire des États-Unis.
  • [6]
    L’influence de McLuhan se mêle ici à celle des penseurs critiques dans un déterminisme technologique qui nie la réciprocité de l’échange entre les hommes et les machines, à la différence de celui de McLuhan.

Nous vivons tous, au moins à certains moments, avec l’idée que les médias nous trompent ou nous endorment, nous masquant la nature d’un réel qui appelle l’action et non la soumission. Il est rare que cette idée s’érige en théorie réellement assumée au-delà du soupçon d’effets hypnotiques. De ce point de vue, l’intérêt de la Théorie Critique appliquée aux médias par Adorno et Horkheimer au sein de l’École de Francfort n’est pas son exactitude mais le fait qu’elle systématise et radicalise les critiques adressées à ce qui est souvent perçu comme une culture dégradée et dégradante : elle rend explicite ce qui est au fondement du rejet des médias en fournissant un modèle très cohérent de la domination idéologique qu’imposeraient ces derniers.
Son actualité demeure donc totale car elle fournit le prototype du raisonnement par lequel chacun est amené à supposer que les autres sont dupes de ce dont il ne l’est pas lui-même. Du point de vue des sciences sociales, son intérêt est de fournir un premier échafaudage pour une théorie de la domination culturelle s’exprimant au travers des médias de masse. Si sa formulation demeure fruste, entachée de préjugés élitistes, elle permet de cerner le problème du rapport entre monde des médias et jeu des inégalités sociales, c’est-à-dire le problème de l’effet idéologique.
Formé en 1923, le Frankfurt Institut für Sozialforschung se compose de philosophes juifs allemands formés sous la République de Weimar, pour la plupart contraints à émigrer à Genève en 1933, puis à New York en 1934, en raison des persécutions et de la fermeture du centre imposées par les Nazis…


Date de mise en ligne : 31/03/2023

https://doi.org/10.3917/arco.maigr.2022.01.0061

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