Chapitre d’ouvrage

Youri

Pages 193 à 218

Citer ce chapitre


  • Malye, F.
(2023). Youri. Smolensk : La cité du malheur russe Smolensk (p. 193-218). Perrin. https://shs.cairn.info/smolensk--9782262086060-page-193?lang=fr.

  • Malye, François.
« Youri ». Smolensk La cité du malheur russe Smolensk, Perrin, 2023. p.193-218. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/smolensk--9782262086060-page-193?lang=fr.

  • MALYE, François,
2023. Youri. In : Smolensk La cité du malheur russe Smolensk. Paris : Perrin. Synthèses Historiques, p.193-218. URL : https://shs.cairn.info/smolensk--9782262086060-page-193?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Svetlana Alexievitch est née en Ukraine, mais vit à Minsk, capitale de la Biélorussie, située à 330 kilomètres à l’ouest de Smolensk et ville martyre lors de l’invasion de l’URSS par les nazis. 80 000 Juifs y furent assassinés.
  • [2]
    Kaliningrad, ancienne Königsberg, capitale des chevaliers Teutoniques et de la Prusse-Orientale. Prise par les Soviétiques en 1945, la population allemande en a été chassée, les 500 000 habitants actuels étant à 90 % d’origine soviétique. Enclave russe mais totalement isolée du territoire de la Fédération de Russie, c’est une importante base militaire.
  • [3]
    Holodomor signifie « famine » en ukrainien.
  • [4]
    Esquire, octobre 2012.
  • [5]
    Conçu par l’ingénieur Mikhaïl Kochkine et entré en service en 1940, le T34, 26 tonnes, blindage de 4,5 cm, armé d’un canon de 76,2 mm, combine bonne puissance de feu, mobilité et résistance aux impacts. Il est considéré comme l’un des meilleurs chars de la Seconde Guerre mondiale.
  • [6]
    Vostok 1 est le premier programme de vol habité réalisé par Youri Gagarine, à bord du vaisseau Vostok K3A.
  • [7]
    Redoutable chef du NKVD à partir de 1938, arrêté et exécuté en 1953, trois mois après la mort de Staline, dont il avait été le bras droit avant de prétendre à sa succession.
  • [8]
    Marie Jégo, Le Monde, 14 juillet 2020.

Oleg m’attend à l’aéroport de Moscou où je débarque pour mon deuxième séjour à Smolensk le vendredi 22 octobre 2021. Quarante-cinq ans, grand et élancé, il tient une plaque avec le numéro 67, l’indicatif de la ville. Au-dessus du masque, deux yeux clairs et rieurs. Beaucoup de gens le portent à l’aéroport, espace à la clientèle internationale, mais de façon plutôt nonchalante alors que le Covid frappe la Russie de plein fouet. Oleg parle parfaitement français, vit à Smolensk et connaît bien la France, qu’il aime au point d’avoir appelé son école de langues « Sous les toits de Paris ». Il s’occupe aussi d’organiser les voyages de ceux qui veulent connaître sa ville, plutôt rares, ou de Russes voulant connaître la France. Il a piloté les membres de l’association Tulle/Smolensk lors de leurs séjours dans la vieille cité, et Jacques Souletie m’avait donné ses coordonnées : « Tu verras, avec lui cela se passera très bien. » En quelques rapides échanges de mails où je lui ai exposé les buts de ce deuxième séjour, Oleg a tout organisé. Il m’apparaît comme un garçon efficace et très doux. Je commets alors ma première gaffe et, malheureusement, pas la dernière. « Que lis-tu sur la Russie ? », me demande-t-il pour entamer la conversation. Je sors de mon blouson La Fin de l’homme rouge, le livre de l’écrivaine biélorusse Svetlana Alexievitch, en m’apprêtant à lui dire combien je trouve ce livre intéressant. « Une opposante », coupe-t-il aussitôt. « Trop de politique. À croire qu’en Biélorussie, il n’y a rien, pas de culture, de vie, de joie…


Date de mise en ligne : 18/04/2023

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