Appendice C
Davidson et Dummett sur la force illocutionnaire
- Par François Rivenc
Pages 113 à 124
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- RIVENC, François,
- Rivenc, François.
- Rivenc, F.
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Notes
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[1]
Voir Dummett 1959, et la présentation des thèses de Dummett par Davidson dans « Communication and Convention », Davidson 1984, p. 266-270. Pour décrire jusqu’au bout l’origine de la croyance de A, il faut ajouter la convention supplémentaire de sincérité, qui veut qu’accomplir une assertion soit dire le vrai, ou ce qu’on croit tel.
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[2]
Davidson revient à ce thème dans « Communication and Convention », où l’analyse des modes est mobilisée au service de la critique de la notion de convention. Mettre en doute que le langage soit essentiellement affaire de convention fait partie, évidemment, d’une stratégie de défense de la philosophie du langage soutenue finalement par Davidson : les locuteurs « accordent leur violon » ponctuellement, dans la conversation, mais aucune convention partagée ne vient incarner le Tiers, que serait entre eux le Langage.
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[3]
Davidson 1984, p. 113 : « Ce trait fondamental du langage, qu’on peut appeler l’autonomie de la signification linguistique. »
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[4]
Ibid., p. 110 ; voisin du parler par jeu, est le cas, évoqué par Davidson p. 113, d’un discours où on laisse à dessein l’auditeur ou le lecteur dans l’incertitude concernant la présence d’une assertion. Il est possible que cette remarque aille dans le sens des arguments de Davidson ; mais cela ne va-t-il pas à l’encontre de la facilité avec laquelle, selon Davidson, on doit pouvoir reconnaître l’attitude de « tenir pour vrai » ? Imaginons une peuplade particulièrement espiègle, qui ne parle que par antiphrase, litote, etc. L’anthropologue ne risque-t-il pas d’être systématiquement berné quand il attribue des conditions de vérité sur la base d’énonciations qu’il croit « tenues pour vraies », alors qu’elles ne sont pas réellement accompagnées d’assertion sérieuses ?
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[5]
Comme Davidson le reconnaît : « S’il en est ainsi, nous sommes sans explication claire de la manière dont le mode contribue à la signification » (ibid., p. 117).
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[6]
Davidson fait ici référence à Lewis, qui dans « General Semantics » (1972) propose en effet de traiter les modes comme des formes dérivées des performatifs : « Je propose de traiter ces formes non déclaratives comme des paraphrases des performatifs correspondants, ayant la même structure de base, signification, intension et valeur de vérité. (...) Et je propose qu’il n’y ait pas de différence de genre entre le sens de ces performatifs et des non-déclaratifs, et le sens des énoncés déclaratifs déjà considérés » (Davidson 1972, p. 208). C’est sans doute l’affirmation contenue dans la dernière phrase que Davidson jugerait « réductrice », puisqu’on se retrouve avec le seul mode indicatif.
Davidson a maintes fois affirmé que la tâche de la théorie de la signification est de décrire la compétence linguistique d’un locuteur idéalisé d’une communauté linguistique (acceptons provisoirement cette idée banale de « communauté linguistique »). La théorie doit articuler ce qu’un locuteur connaît quand il possède un langage, ce qu’il connaît se manifestant non seulement dans une performance isolée, mais dans sa capacité à comprendre une infinité potentielle d’énoncés nouveaux (voir par exemple « Theories of Meaning and Learnable Languages », Davidson 1984, p. 7-8, où cette idée est présentée comme en opposition à la spéculation empiriste sur les voies et chemins de l’apprentissage linguistique par injection de signification à partir de l’expérience ; « Truth and Meaning », ibid., p. 35, où ce thème est lié à l’affirmation que les locuteurs « peuvent effectivement déterminer la signification d’une expression arbitraire ».
Les deux thèses non triviales : 1 / que le but de la sémantique du langage naturel est de décrire la compétence linguistique ; 2 / que le locuteur possède une forme de connaissance implicite que la théorie doit expliciter, thèse qui va parfois jusqu’à dire que le locuteur possède ou utilise la théorie que le linguiste doit extraire de son comportement, sont devenues des dogmes, ou des lieux communs, parmi les Davidsoniens. Dans « Meaning and Truth Theory », Foster écrit par exemple :
« Un locuteur du français entend les sons “le soleil est chaud” et sait qu’ils signifient que le soleil est chaud…
Date de mise en ligne : 04/10/2016
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