I. De la naissance au mariage (1214-1234)
- Par Jacques Le Goff
Pages 37 à 149
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- LE GOFF, Jacques,
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Notes
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[1]
La numérotation des grands personnages homonymes ne commence qu’au xiiie siècle, le siècle de Saint Louis. Le premier à numéroter les rois de France est Vincent de Beauvais, très lié à Saint Louis. Et, à Saint-Denis, c’est Primat qui écrit une chronique des rois de France à la demande de Saint Louis. Cette tâche délicate, qui nécessitait une très bonne documentation et exigeait des choix politiques (tel personnage méritait-il de figurer dans une liste d’empereurs, de papes, de rois ?), ne fut à peu près au point qu’à la fin du xve siècle (voir Bernard Guenée, Histoire et culture historique dans l’Occident médiéval, Paris, 1980, pp. 162-163).
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[2]
L’exclusion des femmes et de leurs descendants de la succession au trône de France ne devint officielle qu’avec l’ordonnance de Charles V d’août 1374. C’est seulement sous ce roi qu’on invoqua aussi la loi salique. L’histoire institutionnelle est lente, le droit n’officialisant souvent le fait qu’après une longue pratique et les autorités appelées à le fonder n’étant souvent trouvées qu’a posteriori. Voir Tableaux généalogiques, pp. 1215-1219.
-
[3]
Sur Bouvines il faut lire le grand livre de Georges Duby, Le Dimanche de Bouvines, Paris, 1973.
-
[4]
Joinville, Histoire de Saint Louis, pp. 40-41.
-
[5]
Le Nain de Tillemont, t. I, pp. 419-420.
-
[6]
Rex illiteratus quasi asinus coronatus.
-
[7]
Alain Erlande-Brandenburg, Le roi est mort. Étude sur les funérailles, les sépultures et les tombeaux des rois de France jusqu’à la fin du xiiie siècle, Genève, 1975, pp. 18-19.
-
[8]
Philippe Auguste veuf s’était remarié avec la princesse danoise Ingeburg qu’il prit en aversion dès la nuit de noces et envers qui il ne put accomplir le devoir conjugal. Il la répudia et lui assigna une résidence forcée dans divers monastères ; il se remaria avec Agnès de Méran. La papauté ne reconnut pas ce mariage et considéra Philippe Auguste comme bigame.
-
[9]
Innocent III retrouvait ainsi la conception primitive des saints dans le christianisme : les saints sont des morts exceptionnels.
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[10]
Voir André Vauchez, La Sainteté en Occident aux derniers siècles du Moyen Âge, Rome, 1981. Sur la tentative de « canonisation » de Philippe Auguste, voir J. Le Goff, « Le dossier de sainteté de Philippe Auguste », L’Histoire, no 100, mai 1987, pp. 22-29. Dans une anecdote — un exemplum destiné aux prédicateurs — on voit saint Denis arracher Philippe Auguste au Purgatoire — nouveau lieu de l’au-delà au début du xiiie siècle — parce qu’il avait honoré les saints, respecté leurs fêtes, défendu les églises, les lieux saints et les religieux : voir J. Le Goff, « Philippe Auguste dans les exempla », dans Robert-Henri Bautier (éd.), La France de Philippe Auguste. Le temps des mutations, Paris, 1982, pp. 150-151, et J. Le Goff, La Naissance du Purgatoire, Paris, 1981. Voir le chapitre IX de la IIIe partie.
-
[11]
Guillaume de Saint-Pathus, Vie de Saint Louis, p. 117.
-
[12]
Joinville, Histoire de Saint Louis, pp. 363-365.
-
[13]
David O’Connell, The Teachings of Saint Louis, Chapel Hill, 1972, p. 57.
-
[14]
F. Aubin, article « Mongolie (Histoire) », dans Encyclopaedia Universalis, vol. 11, Paris, 1971, p. 241.
-
[15]
David Bigalli, I Tartari e l’Apocalisse. Ricerche sull’escatologia in Adamo Marsh e Ruggero Bacone, Florence, 1971.
-
[16]
Raoul Manselli, « I popoli immaginari : Gog e Magog », dans Popoli e paesi nella cultura alto medievale (Settimane di Studio del Centro Italiano di Studi sull’Alto Medioevo, Spolète, 1981), Spolète, 1983, t. II, pp. 487 sq.
-
[17]
D. Bigalli, I Tartari e l’Apocalisse, op. cit., p. 163.
-
[18]
Cité par F. Alessio, Introduzione a Ruggero Bacone, Rome et Bari, 1985, p. 112.
-
[19]
Matthieu Paris, Chronica majora, t. IV, p. 76.
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[20]
Infernales.
-
[21]
Matthieu Paris, Chronica majora, t. IV, pp. 111-112.
-
[22]
Ibid., p. 112. Partout où ils passèrent, les Mongols, en effet, terrifièrent par leur cruauté, laissant derrière eux les cadavres des villes et des populations qui avaient résisté. Mais cette cruauté avait un but : la soumission des peuples et des États. Celle-ci acquise, les Mongols s’urbanisèrent, habitant les villes, sans oublier les tentes, créèrent une administration, développèrent l’économie et les échanges, favorisèrent la littérature et les sciences. Grâce à eux, les tronçons commerciaux antérieurs furent réunis en une seule voie, de la Chine à la mer Noire. Ce fut la fameuse route de la soie. Elle fonctionna grâce à la pax mongolica, la paix mongole, qui régna en Asie comme la pax romana, la paix romaine, avait régné en Occident un peu plus d’un millénaire auparavant.
-
[23]
Les nestoriens étaient des chrétiens disciples du patriarche de Constantinople Nestorius, condamné en 431 par le concile d’Éphèse. Ils professaient qu’il y avait dans le Christ non seulement deux natures, mais deux personnes. L’Église nestorienne, dont le chef, catholikos, résidait depuis la conquête arabe à Bagdad, se répandit dans toute l’Asie jusqu’à la Chine. Elle déclina après la conversion du Khan mongol de Perse à l’islam à la fin du xiiie siècle et s’éteignit après la fin de l’Empire mongol (1368). Voir Jean Richard, La Papauté et les missions d’Orient au Moyen Âge (xiiie-xve siècle), Rome, 1977.
-
[24]
Guillaume de Rubrouck, envoyé de Saint Louis, Voyage dans l’Empire mongol, traduction et commentaire de Claude et René Kappler, qui ont réédité cette traduction et leur commentaire dans un superbe livre illustré, Paris, 1993 (1re éd., Paris, 1985) ; Jean Richard, « Sur les pas de Plancarpin et de Rubrouck. La lettre de Saint Louis à Sartaq », Journal des savants, 1977.
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[25]
P. Meyvaert, « An unknown letter of Hulagu il Khan of Persia, to King Louis IX of France », Viator, 11, 1980, pp. 245-249 ; Jean Richard, « Une ambassade mongole à Paris en 1262 », Journal des savants, 1979.
-
[26]
Pour une vue d’ensemble, je me permets de renvoyer à Jacques Le Goff, L’Apogée de la Chrétienté (v. 1180-v. 1330), Paris, 1982 (repris d’un texte en allemand de 1965). Voir aussi, entre autres, le livre de Léopold Génicot cité ci-dessous et John H. Mundy, Europe in the High Middle Ages (1150-1309), Londres, 1973.
-
[27]
Joinville, Histoire de Saint Louis, pp. 369. Le terme a peut-être ici le sens restreint de « juridiction ecclésiastique ». B. Landry (L’Idée de chrétienté chez les scolastiques du xiiie siècle, Paris, 1929) ne pose aucun problème de vocabulaire. L. Génicot, dans son excellente synthèse, Le xiiie Siècle européen (Paris, 1968, pp. 386-387), souligne les ambiguïtés de l’expression au xiiie siècle.
-
[28]
Insolentia Saracenorum, schisma Graecorum, sevitia Tartarorum, dans Brevis nota (Monumenta Germaniae Historica, Legum sectio IV, Constitutiones et acta publica, III, no 401), cité par L. Génicot, Le xiiie Siècle européen, op. cit., p. 288.
-
[29]
Oscar Halecki, « Diplomatie pontificale et activité missionnaire en Asie aux xiiie-xive siècles », XIIe Congrès international des sciences historiques, Vienne, 1965, Rapports II : Histoire des continents, pp. 5-32.
-
[30]
Stadtluft macht frei (« L’air de la ville rend libre »).
-
[31]
Jacques Verger, Les Universités du Moyen Âge, Paris, 1973, et « Des écoles à l’Université. La mutation institutionnelle », dans La France de Philippe Auguste, Paris, 1982.
-
[32]
Jacques Le Goff, Les Intellectuels au Moyen Âge, Paris, 1957, 2e éd., 1984 (avec bibliographie), et « Quelle conscience l’Université médiévale a-t-elle eue d’elle-même ? », dans Pour un autre Moyen Âge, Paris, 1977, nouv. éd., 1994, pp. 181-197.
-
[33]
Jean Gaudemet, « Les ordalies au Moyen Âge : doctrine, législation et pratique canoniques », Recueils de la société Jean Bodin, vol. 17/2, La Preuve, 1965 ; Dominique Barthélemy, « Moyen Âge : le jugement de Dieu », L’Histoire, no 99, avril 1987, pp. 30-36 ; John Baldwin, « The intellectual preparation for the canon of 1215 against ordeals », Speculum, 36, 1961, pp. 613-636.
-
[34]
Thibaud V, comte de Champagne, roi de Navarre (sous le nom de Thibaud II), était gendre de Saint Louis et lui était très attaché.
-
[35]
Joinville, Histoire de Saint Louis, pp. 399-401.
-
[36]
Ibid., p. 69.
-
[37]
Ibid., p. 407.
-
[38]
Sur le mouvement religieux des xie-xiiie siècles, voir Jacques Le Goff et René Rémond (éd.), Histoire de la France religieuse, t. I, Paris, 1988.
-
[39]
Cf. Olga Dobriache-Rojdesventsky, La Poésie des Goliards, Paris, 1981.
-
[40]
Sur les hérésies, voir Jacques Le Goff (éd.), Hérésies et sociétés dans l’Europe pré-industrielle, xie-xviiie siècles, Paris et La Haye, 1968 ; Malcolm Lambert, Medieval Heresy, Oxford, 2e éd., 1992 ; Robert I. Moore, The Formation of a Persecuting Society, Oxford, 1987 ; trad. fr., La Persécution. Sa formation en Europe (xe-xiiie siècles), Paris, 1991.
-
[41]
Voir infra, pp. 210-213.
-
[42]
Sur le catharisme, Arno Borst, Les Cathares, 1953, trad. fr., Paris, 1953 ; Raoul Manselli, L’Eresia del male, Naples, 1963 ; René Nelli, Le Phénomène cathare, Toulouse, 1976, t. II, L’Histoire des cathares, 1980. Vues originales dans Jean Biget, « Les Cathares : mise à mort d’une légende », L’Histoire, no 94, novembre 1986, pp. 10-21. La plus vivante présentation d’un groupe de cathares est celle d’Emmanuel Le Roy Ladurie, Montaillou, village occitan de 1294 à 1324 (Paris, 1975), mais ils sont un peu postérieurs à Saint Louis.
-
[43]
Monique Zerner-Chardavoine, La Croisade albigeoise, Paris, 1979.
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[44]
L’Aveu. Antiquité et Moyen Âge (Actes du colloque de Rome, 1984), Rome, 1986.
-
[45]
À vrai dire, le recours au bras séculier avait déjà fonctionné avant lui en France. En 1210, un synode ecclésiastique à Paris, présidé par Pierre de Corbeil, archevêque de Sens, avait condamné les membres d’une secte mal connue, dont les chefs spirituels étaient les universitaires Amaury de Bène (mort vers 1205) et David de Dinant, et les avait livrés au bras séculier. Une tradition figurée par une miniature qui fit régulièrement partie, à la fin du Moyen Âge, de l’iconographie des Grandes Chroniques de France — histoire officielle du royaume — montre Philippe Auguste assistant en personne à la mort des hérétiques sur le bûcher : Marie-Thérèse d’Alverny, « Un fragment du procès des Amauriciens », Archives d’histoire doctrinale et littéraire du Moyen Âge, vol. 25-26, 1950-1951 ; G. C. Capelle, Autour du décret de 1210. III. Amaury de Bène : étude sur son panthéisme formel, Paris, 1932.
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[46]
Pierre Marie Gy, « Les définitions de la confession après le quatrième concile du Latran », dans L’Aveu, op. cit., pp. 283-296 ; R. Rusconi, « Ordinate confiteri. La confessione dei peccati nelle “summae de casibus” e nei manuale per i confessori (metà xii-inizio xiv secolo) », ibid., pp. 297-313 ; Pierre Michaud-Quantin, Sommes de casuistique et manuels de confession au Moyen Âge (xiie-xvie siècles) (Analecta mediaevalia Namurcensia, 13), Louvain, Lille, Montréal, 1962 ; Nicole Bériou, « Autour de Latran IV (1215). La naissance de la confession moderne et sa diffusion », dans Pratiques de la confession : des Pères du désert à Vatican II. Quinze études d’histoire, Paris, 1983.
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[47]
Jacques Le Goff et Jean-Claude Schmitt, « Au xiiie siècle : une parole nouvelle », dans Histoire vécue du peuple chrétien, Jean Delumeau (éd.), Toulouse, 1979, t. I ; David L. d’Avray, The Preaching of the Friars. Sermons Diffused from Paris before 1300, Oxford, 1985 ; Nicole Bériou, « La prédication au béguinage de Paris pendant l’année liturgique 1272-1273 », Recherches augustiniennes, 13, 1978, pp. 105-229 ; Id., La Prédication de Ranulphe de la Houblonnière. Sermons aux clercs et aux simples gens à Paris au xiiie siècle, 2 vol., Paris, 1987 ; Jean Longère, La Prédication médiévale, Paris, 1975.
-
[48]
J. Le Goff, La Naissance du Purgatoire, op. cit.
-
[49]
On appellera aussi dans la France du xiiie siècle les Dominicains Jacobins (du nom de leur couvent de Paris) et les Franciscains Cordeliers, à cause de la grosse corde à nœuds qui leur sert de ceinture.
-
[50]
Voir Lester K. Little, « Saint Louis’ Involvement with the Friars », Church History, XXXIII, no 2, 1964, pp. 1-24 (tiré à part).
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[51]
Voir André Vauchez, Les Laïcs au Moyen Âge. Pratiques et expériences religieuses, Paris, 2e éd., 1987 ; Guy Lobrichon, La Religion des laïcs en Occident, xie-xve siècles, Paris, 1994.
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[52]
G. G. Meersseman, Ordo fraternitatis. Confraternite e pietà dei laici nel Medioevo (Italia sacra, vol. 24-26), 1977 ; Le Mouvement confraternel au Moyen Âge : France, Italie, Suisse, Rome, 1987.
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[53]
Sur les béguines de Paris à la fin du règne de Saint Louis, voir Nicole Bériou, « La prédication au béguinage de Paris pendant l’année liturgique 1272-1273 », art. cité supra p. 72 n. 47.
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[54]
Sur le millénarisme médiéval, grandes lignes et bibliographie essentielle dans Jacques Le Goff, article « Millénarisme » dans Encyclopaedia Universalis. D’une bibliographie considérable sur Joachim de Flore et le joachimisme, Henri Mottu, La Manifestation de l’Esprit selon Joachim de Fiore, Neuchâtel et Paris, 1977 ; Marjorie Reeves, The Influence of Prophecy in the Later Middle Ages. A Study in Joachimism, Oxford, 1969 ; Id., « The originality and influence of Joachim of Fiore », Traditio, 1980.
-
[55]
Il movimento dei Disciplinati nel settimo centenario del suo inizio (Perugia, 1960), Pérouse, 1962.
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[56]
Voir le grand livre d’André Vauchez cité p. 45 n. 10.
-
[57]
Jean Delumeau, La Peur en Occident (xive-xviiie siècles), Paris, 1978 ; Id., Le Péché et la Peur. La culpabilisation en Occident (xiiie-xviiie siècles), Paris, 1983.
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[58]
Jacques-Guy Bougerol, La Théologie de l’espérance aux xiie et xiiie siècles, 2 vol., Paris, 1985.
-
[59]
Sur Frédéric II, le chef-d’œuvre d’Ernst H. Kantorowicz, paru en 1927 dans la trouble atmosphère de la République de Weimar, a été traduit en français : L’Empereur Frédéric II, Paris, 1987. On y trouvera aux pages 514-515 un remarquable portrait de Saint Louis.
-
[60]
Le jeu d’échecs a fait l’objet, à la fin du règne de Saint Louis, vers 1270, d’un traité du dominicain Jacques de Cessoles, qui y trouve une explication symbolique du fonctionnement de la société chrétienne. C’est un jeu monarchique dominé par le roi et la reine, cette dernière étant une invention de l’Occident. Sur ce Liber de moribus hominum ac officiis nobilium super ludum scaccorum (« Livre des mœurs humaines et des offices des nobles d’après le jeu des échecs), voir Jean-Michel Mehl, « L’exemplum chez Jacques de Cessoles », dans Le Moyen Âge, 1978, pp. 227-246.
-
[61]
Excellente étude de John W. Baldwin, The Government of Philip Augustus. Foundations of French Royal Power in the Middle Ages, University of California Press, 1986 ; trad. fr., Philippe Auguste et son gouvernement. Les fondations du pouvoir royal en France au Moyen Âge, Paris, 1991.
-
[62]
Outre J.W. Baldwin, voir Thomas N. Bisson, « The Problem of Feudal Monarchy Aragon, Catalonia and France », Speculum, 1978, pp. 460-478. La Monarchie féodale en France et en Angleterre (Paris, 1933, nouv. éd. 1971) de Charles Petit-Dutaillis est toujours intéressante. La synthèse intelligente de Joseph R. Strayer, Les Origines médiévales de l’État moderne (1970, trad. fr., Paris, 1979), apporte des réflexions sur l’antagonisme entre l’édification de l’État et les structures familiales, locales et religieuses.
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[63]
J. C. Holt, Magna Carta, Cambridge, 1965 ; Magna Carta and Medieval Government, Londres, 1985.
-
[64]
En fait, le gouvernement de Frédéric II en Sicile apparaîtra aux contemporains plus comme un pouvoir tyrannique (le pire, aux yeux des théoriciens chrétiens du politique au xiiie siècle, nourris des théories antiques christianisées par un Jean de Salisbury au xiie siècle) que comme un pouvoir monarchique authentique et légitime.
-
[65]
André Vauchez, « Une campagne de pacification en Lombardie autour de 1233. L’action politique des ordres Mendiants d’après la réforme des statuts communaux et les accords de paix », Mélanges d’histoire et d’archéologie publiés par l’École française de Rome, 78, 1966, pp. 503-549.
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[66]
Il sera lui aussi canonisé, mais seulement en 1671. Ce n’est pas un saint médiéval.
-
[67]
Régis Boyer, « Introduction » (p. xxxii) à l’édition de la traduction française des Sagas islandaises, Paris, 1987.
-
[68]
Karol Gorski, L’ordine teutonico. Alle origini dello stato prussiano (traduit du polonais), Turin, 1971.
-
[69]
C’est le sujet du célèbre film d’Eisenstein, Alexandre Nevski (1938).
-
[70]
Sur la France au xiiie siècle, une bonne vue d’ensemble dans Marie-Thérèse Lorcin, La France au xiiie siècle, Paris, 1975. Sur la genèse de l’État monarchique français, on peut se reporter aux synthèses récentes de Jean Favier, Histoire de France, t. II, Le Temps des principautés, Paris, 1984 ; Georges Duby, Histoire de France, t. I, Le Moyen Âge de Hugues Capet à Jeanne d’Arc (987-1460), Paris, 1987 ; Jacques Le Goff, « La genèse de l’État français au Moyen Âge », dans Histoire de la France, dirigée par André Burguière et Jacques Revel, t. II, L’État et les pouvoirs, Paris, 1989, pp. 19-180.
-
[71]
Chiffres de R. Fossier, « Les campagnes au temps de Philippe Auguste : développement démographique et transformations sociales dans le monde rural », dans La France de Philippe Auguste. Le temps des mutations, Paris, 1982, p. 628, et L. Génicot, Le xiiie Siècle européen, op. cit., p. 52.
-
[72]
Estimation de Philippe Wolff, cité par John H. Mundy, Liberty and Political Power in Toulouse (1050-1230), New York, 1954, p. 225.
-
[73]
« En 1200 […] le nombre des habitants de Reims dépasse certainement 10 000, seuil à partir duquel il est d’usage de parler de grande ville pour le Moyen Âge » (P. Desportes, Reims et les Rémois aux xiiie et xive siècles, Paris, 1979, p. 93).
-
[74]
Henri Dubois, « Le commerce et les foires au temps de Philippe Auguste », dans La France de Philippe Auguste, op. cit., p. 701.
-
[75]
L’enluminure des manuscrits a également connu sous Philippe Auguste une remarquable phase d’essor. Paradoxalement, c’est pour l’épouse répudiée et enfermée du roi, la reine danoise Ingeburg, qu’a été exécuté le premier chef-d’œuvre d’un type d’ouvrages dont le succès dénote les progrès de la piété des laïcs, le psautier. Le Psautier d’Ingeburg, qui date probablement des premières années du xiiie siècle, ouvre la voie à d’autres psautiers royaux, dont celui de Blanche de Castille, qui appartiendra après sa mort à Saint Louis, et celui de Saint Louis lui-même. Un important changement est entre-temps intervenu. Les ateliers producteurs de psautiers étaient à la fin du xiie siècle et au début du xiiie exécutés dans des ateliers monastiques en Angleterre ou dans le nord-est de la France. À partir de 1220-1230, l’essentiel de cette production se fait dans des ateliers parisiens. Louis Grodecki, « Le psautier de la reine Ingeburg et ses problèmes », dans Id., Le Moyen Âge retrouvé, Paris, 1986, et Robert Branner, Manuscript Painting in Paris during the Reign of Saint Louis. A Study of Styles, University of California Press, 1977.
-
[76]
Robert-Henri Bautier, « Le règne de Philippe Auguste dans l’histoire de France », dans La France de Philippe Auguste, op. cit., p. 17.
-
[77]
J. W. Baldwin, Philippe Auguste, op. cit., p. 42, n. 59.
-
[78]
R.-H. Bautier, « Le règne de Philippe Auguste », art. cité, pp. 22-23.
-
[79]
A. G. Poulain, Les Séjours du roi Saint Louis en Normandie et particulièrement à Vernon-sur-Seine, Rouen, 1957.
-
[80]
Cette expression est peut-être exagérée : si le roi, la famille royale et la royauté sont auréolés d’un prestige religieux, on ne peut parler de « religion royale » proprement dite. Voir le chapitre IX de la IIIe partie : « Saint Louis, roi sacré thaumaturge et saint ».
-
[81]
« Li rois ne tient de nului, fors de Dieu et de lui » (Établissements de Saint Louis…), t. II, p. 135.
-
[82]
Ibid., p. 262.
-
[83]
Charles Petit-Dutaillis, Étude sur la vie et le règne de Louis VIII (1187-1226), Paris, 1894.
-
[84]
Je suis ici le beau livre d’Andrew W. Lewis, Le Sang royal. La famille capétienne et l’État, France, xe-xive siècle (1981, trad. fr., Paris, 1986, pp. 209 sqq.). Le texte du testament se trouve dans les Layettes du Trésor des chartes, t. II, no 1710. Il faisait donc partie des archives royales, qui avaient à la fois un caractère « privé » (familial) et « public » (proprement royal, presque « étatique »).
-
[85]
Les bijoux royaux étaient liés à l’existence de chaque roi et sortaient du Trésor royal avec lui ; en particulier, les nombreuses couronnes dont il disposait.
-
[86]
Rappelons que l’essentiel du Trésor non familial mais proprement royal était gardé dans la tour du Temple. Philippe le Bel le transféra au Louvre dès 1295 avant la suppression de l’ordre des Templiers. C’est dans cette tour du Louvre qu’était emprisonné, depuis Bouvines (1214), le comte de Flandre, Ferrand, qui sera libéré peu après l’avènement de Saint Louis.
-
[87]
Charles T. Wood, The French Apanages and the Capetian Monarchy, 1224-1328, Cambridge, Mass., 1966 ; A. W. Lewis, Le Sang royal, op. cit. : voir « apanages » à l’Index ; J. Le Goff, article « Apanage », dans Encyclopaedia Universalis, t. II, Paris, 1970, pp. 1322-1324.
-
[88]
On aimerait qu’une étude sur la légende de Charlemagne dans la France médiévale soit réalisée à l’exemple du beau livre de Robert Folz, Le Souvenir et la légende de Charlemagne dans l’Empire germanique médiéval, Paris, 1950.
-
[89]
Bernard Guenée, « Les généalogies entre l’histoire et la politique : la fierté d’être Capétien, en France, au Moyen Âge », Annales. E.S.C., 1978, pp. 450-477, repris dans Politique et Histoire au Moyen Âge, Paris, 1981, pp. 341-368. Voir aussi Karl Ferdinand Werner, « Die Legitimität der Kapetinger und die Entstehung des “Reditus regni Francorum ad Stirpem Karoli” », dans Die Welt als Geschichte, 1952, pp. 203-225 ; Gabrielle M. Spiegel, « The Reditus Regni ad Stirpem Karoli Magni : A New Look », French Historical Studies, 1972, pp. 145-174.
-
[90]
Ferdinand Lot, « Quelques mots sur l’origine des pairs de France », Revue historique, t. 54, 1894, pp. 34-37.
-
[91]
Elizabeth A. R. Brown, « La notion de la légitimité et la prophétie à la cour de Philippe Auguste », dans La France de Philippe Auguste, op. cit., pp. 77-111.
-
[92]
En fait, toutes les épouses des rois capétiens, à l’exception de la princesse russe Anne de Kiev, épouse d’Henri Ier, étaient d’ascendance carolingienne.
-
[93]
Karl Ferdinand Werner, « Andrew von Marchiennes und die Geschichtsschreibung von Audouin und Marchiennes am Ende des 12. Jahrhunderts », Deutsches Archiv, 1952, pp. 402-463.
-
[94]
Voir infra, p. 320.
-
[95]
On aura noté que cette descendance carolingienne passe par les femmes. Tant qu’on n’invoquera pas la loi salique pour exclure les femmes et leur descendance de la succession au trône de France (à la fin du xive siècle), cette généalogie contraire à la pratique successorale capétienne ne semble pas avoir soulevé de problème. Ensuite, un silence prudent entourera cette contradiction.
-
[96]
Le château de Montpensier, dans l’actuel Puy-de-Dôme, fut rasé sur ordre de Richelieu au xviie siècle.
-
[97]
Des chroniques de la fin du Moyen Âge disent que « Louis laisse le gouvernement du royaume à sa femme » (Le Nain de Tillemont, t. I, p. 395). Elles n’en apportent aucune preuve sérieuse et sont démenties par la suite des événements.
-
[98]
A. Teulet, Layettes du Trésor des chartes, t. II, no 1811.
-
[99]
Chronique rimée de Philippe Mouskès, éd. F. de Reiffenberg, Bruxelles, t. II, 1838, vers 27251-27258.
-
[100]
François Olivier-Martin, Études sur les régences. I. Les régences et la majorité des rois sur les Capétiens directs et les premiers Valois (1060-1375), Paris, 1931. Excellent, même s’il donne trop d’importance au problème de la régence — qui n’intéressait que les grands — et non à celui du roi enfant, dont le retentissement symbolique était plus large.
-
[101]
Nous savons qu’il était né en 1052, mais nous ne connaissons ni le mois ni le jour de sa naissance. Henri Ier mourut le 4 août 1060.
-
[102]
Jean-François Lemarignier, Le Gouvernement royal aux premiers temps capétiens (987-1108), Paris, 1965, p. 152.
-
[103]
« … ad etatem legitimam » : texte dans A. Teulet, Layettes du Trésor des chartes, t. II, no 1828.
-
[104]
« … voluit et disposuit. »
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[105]
« … in bona deliberatione. »
-
[106]
Et sana mente. Cette « attestation » des trois prélats donne à la volonté que le roi mourant leur aurait exprimée une forme très proche de celle d’un testament ; la mention d’une délibération, l’affirmation de la santé d’esprit et la présence de trois témoins, une décrétale du pape Alexandre III (1159-1181) ayant décidé qu’en droit canonique un testament était valide s’il avait été fait en présence de deux ou trois témoins.
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[107]
Ménestrel de Reims, p. 176 ; pour Hugues de la Ferté, voir Fr. Olivier-Martin, Études sur les régences, op. cit., p. 60.
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[108]
L’expression est de Gérard Sivéry, « L’équipe gouvernementale, Blanche de Castille et la succession de Louis VIII en 1226 », L’Information historique, 1979, pp. 203-211. C’est G. Sivéry qui a formulé l’hypothèse à laquelle je me rallie pour l’essentiel.
-
[109]
Yves Sassier a utilisé le verset de l’Ecclésiaste, « Malheur à la terre dont le prince est un enfant », dans son excellent Louis VII (Paris, 1991, p. 85). Mais quand Louis VII devint roi en 1137, il a dix-sept ans et gouverne aussitôt en se débarrassant de sa mère et en s’appuyant sur Suger.
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[110]
« Il n’est pas besoin de recommander beaucoup les enfants [aux parents] », écrit dans le Policraticus (1159, éd. C. Webb, pp. 289-290) Jean de Salisbury, « car personne ne déteste sa chair » (nemo carnem suam odio habuerit).
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[111]
Philippe Ariès, L’Enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime, Paris, 1960, nouv. éd. 1973, avec une importante préface ; Jacques Le Goff, « Images de l’enfant léguées par le Moyen Âge », Les Cahiers franco-polonais, 1979, pp. 139-155 ; Id., « Le roi enfant dans l’idéologie monarchique de l’Occident médiéval », dans Historicité de l’enfance et de la jeunesse, Athènes, 1986, pp. 231-250. Voir aussi L’Enfant au Moyen Âge, colloque au C.U.E.R.M.A., Senefiance, no 9, Aix-en-Provence, 1980 ; Enfants et Sociétés, numéro spécial des Annales de démographie historique, 1973. B. Vadin, « L’absence de représentation de l’enfant et/ou du sentiment de l’enfance dans la littérature médiévale », dans Exclus et systèmes d’exclusion dans la littérature et la civilisation médiévales, C.U.E.R.M.A., Senefiance, no 2, 1978, pp. 363-384 ; Roger Colliot, « Perspectives sur la condition familiale de l’enfant dans la littérature médiévale », dans Morale, pratique et vie quotidienne dans la littérature française du Moyen Âge, Senefiance, no 1, 1976 ; Silvana Vecchio, « L’imagine del puer nella letteratura esegatica del Medioevo » (dans K. Arnold, éd., Kind und Gesellschaft in Mittelalter und Renaissance. Beiträge und Texte zur Geschichte der Kindheit, Paderborn et Munich, 1980), pèche par défaut d’esprit critique. Approche psychanalytique intéressante dans Hönt ihr die Kinder weinen. Eine psychogenetische Geschichte der Kindheit, éd. L. de Mause, Francfort-sur-le-Main, 1977. Au côté éclairant de la littérature médicale, S. Nagel, « Puer e pueritia nella letteratura medica del xiii secolo. Per una storia del costume educativo (Età classica e Medio Evo) », dans Quaderni della Fondazione G.G. Feltrinelli, 23, 1993, pp. 87-108. D’après l’iconographie, Danièle Alexandre-Bidon et M. Classon, L’Enfant à l’ombre des cathédrales, Lyon, 1985. Conception différente dans Pierre Riché, « L’enfant au Moyen Âge », dans L’Histoire, 1994. Cette conception qui valorise l’enfant et l’enfance au Moyen Âge a été développée par Pierre Riché et Danièle Alexandre-Bidon dans un beau livre : L’Enfance au Moyen Âge, Paris, 1994, en marge d’une exposition de la Bibliothèque nationale (Paris, octobre 1994-janvier 1995). La bibliographie sur l’enfant dans l’histoire est considérable. On trouvera d’autres études mentionnées dans les ouvrages cités ici.
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[112]
Ernst Robert Curtius, La Littérature européenne et le Moyen Âge latin, trad. fr., Paris, 1956, « L’enfant et le vieillard », p. 122-125.
-
[113]
Grégoire le Grand, Dialogi, livre II : « Fuit vir vitae venerabilis […] ab ipso suae pueritiae tempore cor gerens senile » ; Geoffroy de Beaulieu, Vita, chap. IV (Recueil des historiens des Gaules et de la France, t. XX, p. 4) : « de die in diem in virum perfectum crescere ».
-
[114]
Henri-Irénée Marrou, Histoire de l’éducation dans l’Antiquité, 1948, nouv. éd., 1965, p. 325.
-
[115]
Sur Jean de Salisbury, The World of John of Salisbury, éd. M. Wilks, Oxford, 1984 ; B. Munk-Olsen, « L’humanisme de Jean de Salisbury, un cicéronien au xiie siècle », dans Entretiens sur la Renaissance du xiie siècle, éd. M. de Gandillac et E. Jeauneau, Paris et La Haye, 1968, pp. 53-83. H. Liebeschütz, Medieval Humanism in the Life and Writings of John of Salisbury, Londres, 1950. Robert W. Southern, « Humanism and the School of Chartres », dans Medieval Humanism and Other Studies, Oxford, 1970.
-
[116]
Sur la Renaissance du xiie siècle, d’une vaste bibliographie, je signale les Entretiens cités à la note précédente. Marshall Clagett, Gaines Post et R. Reynolds (éd.), Twelfth Century Europe and the Foundations of Modern Society, The University of Wisconsin Press, 1961 ; R. L. Benson et Giles Constable (éd.), Renaissance and Renewal in the Twelfth Century, Cambridge, Mass., 1992, et le grand livre de Marie-Dominique Chenu, La Théologie du xiie siècle, Paris, 1957.
-
[117]
Jean de Salisbury, Policraticus, IV, 11 et 12 (éd. Webb, 533 b, p. 269, et 537 a, b, c, p. 276).
-
[118]
« Vae, terra, cujus rex puer est. » La Bible de Jérusalem souligne, un peu inutilement : « Malheur à toi, pays, dont le roi est un gamin. » On peut penser, entre autres, à la pièce de Montherlant, La ville dont le prince est un enfant (1952).
-
[119]
Policraticus, éd. Webb, 550 a, p. 300.
-
[120]
Policraticus, livre IV, chapitre VII.
-
[121]
Voir, infra, pp. 456-457.
-
[122]
C’est l’objet de la première ordonnance de 1374. Voir Raymond Cazelles, Société politique, noblesse et couronne sous Jean le Bon et Charles V, Genève, 1982, pp. 579-580.
-
[123]
René Metz, « L’enfant dans le droit canonique médiéval », Recueils de la société Jean Bodin, t. XXXVI, 2, L’Enfant, Bruxelles, 1976, pp. 9-96.
-
[124]
Fr. Olivier-Martin, Études sur la régence, op. cit., note 30, pp. 77 sqq., dont je m’inspire. Voir aussi A. Wolf, « Königtum Minderjährigkeit und die Institution der Regentschaft », Recueils de la société Jean Bodin, cité n. 4, pp. 97-106. Pour la minorité, légèrement antérieure, d’Henri III d’Angleterre, roi en 1216, dix ans avant Louis, à sept ans, voir D. A. Carpentier, The Minority of Henri III, Londres, 1990.
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[125]
Blanche de Castille est enceinte de son dernier enfant, fils posthume de Louis VIII, qui naîtra au début de 1227 et qui sera Charles d’Anjou, le futur roi de Naples et de Sicile.
-
[126]
Cette miniature, qui se trouve au folio 97 du manuscrit Nouvelles Acquisitions latines 3145 de la Bibliothèque nationale de Paris, est reproduite à la page 216 de l’article de Marcel Thomas, « L’iconographie de Saint Louis dans les Heures de Jeanne de Navarre », dans Septième centenaire de la mort de Saint Louis… (1970), Paris, 1976. Voir ill. 9.
-
[127]
Jean Richard, « L’adoubement de Saint Louis », Journal des savants, 1988, pp. 208-217.
-
[128]
Matthieu Paris, Chronica majora, t. III, p. 118.
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[129]
En 1316, la petite Jeanne, âgée de deux ans, fille aînée de Louis X le Hutin, cumulera les deux infortunes, celle du sexe féminin et celle du soupçon de bâtardise (né de l’affaire de la tour de Nesle) pour être écartée du trône. La famille capétienne, pour se distinguer des autres grandes familles aristocratiques, semble bien avoir exclu les bâtards aussi bien que les femmes de la succession royale. Au début du xve siècle, cela jouera contre le futur Charles VII.
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[130]
Joinville, Histoire de Saint Louis, pp. 42-43.
-
[131]
Ibid., p. 43.
-
[132]
C’est là un topos de l’hagiographie féminine. Abbesses et moniales injustement accusées de mauvaises mœurs se déshabillent pour montrer qu’elles ne sont pas enceintes. Le Ménestrel de Reims aura malignement transposé ce lieu commun dans les attaques contre la reine mère. C’est une présomption supplémentaire de son innocence, s’il en était besoin.
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[133]
Le nouveau pape, Grégoire IX, avait octroyé à l’avance les dispenses nécessaires, car les futurs époux étaient consanguins au troisième et quatrième degré.
-
[134]
J. Verger a indiqué que les maîtres formés à l’université de Paris sous Philippe Auguste, entre 1200 et 1220 environ, ne se multiplient dans le haut clergé et les offices que sous Saint Louis : « Des écoles à l’Université », art. cité (p. 62 n. 31), p. 842.
-
[135]
Adaptation de la version en ancien français de la Vie de Saint Louis de Guillaume de Nangis, dans Recueil des historiens des Gaules et de la France, t. XX, pp. 519-521.
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[136]
Il a fait l’objet d’un intéressant article d’Odette Pontal, « Le différend entre Louis IX et les évêques de Beauvais et ses incidences sur les conciles (1232-1248) », Bibliothèque de l’École des chartes, 123, 1965, pp. 7-34.
-
[137]
Un accord entre le roi de France et l’évêque de Beauvais réglant le droit de gîte royal n’intervint pourtant qu’en juin 1248, à la veille du départ du roi pour la croisade.
-
[138]
Selon Joinville, le roi montra bientôt sa fermeté dans une assemblée d’évêques du royaume. Contrairement à ce qu’on peut penser au xxe siècle, il n’y a là pour Saint Louis aucune contradiction entre sa volonté de grand respect pour l’Église pour tout ce qui touche au spirituel et sa fermeté sur le plan temporel.
-
[139]
Traduction en français moderne de Natalis de Wailly, dans l’édition de 1874. Le texte du manuscrit dit : « dès qu’il se sut apercevoir » (pour connaître), c’est-à-dire à peu près : « dès qu’il sut ce qu’il voulait faire » (aperçu signifie « sage, prudent, instruit »), dès qu’il fut « instruit sur lui-même ». Notation intéressante pour l’historien de l’homme Saint Louis. Le manuscrit parle encore non pas d’églises et maisons religieuses, mais de « moustiers et maisons de religion », c’est-à-dire de monastères et de couvents de religieux. Parmi les gens d’Église, Saint Louis est attiré plus par ceux qui suivent une règle que par les séculiers, attachés aux choses du siècle, fussent-elles ecclésiastiques. Enfin, Joinville parle de « l’honneur et la hautesse » de l’abbaye de Royaumont. Le vocabulaire esthétique n’est pas encore dégagé d’autres valeurs et d’un vocabulaire où les notions artistiques sont mêlées aux notions éthiques.
-
[140]
Guillaume de Saint-Pathus, Vie de Saint Louis, p. 71. On porte les pierres sur une civière. La brouette, invention du xiiie siècle, n’apparaîtra qu’un peu plus tard sur les chantiers des cathédrales.
-
[141]
Il n’est pas question de Jean et de Philippe Dagobert ; ils sont probablement morts et la scène se passe sans doute entre 1232 et 1234. En 1233, Louis a dix-neuf ans, Robert dix-sept ans, Alphonse treize ans et Charles six ans.
-
[142]
Sans doute pour que le pensum fût fini plus vite.
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[143]
Ce fut cette année-là le vendredi saint.
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[144]
Guillaume de Nangis, Vie de Saint Louis, op. cit., pp. 320-326. Sur le saint clou de Saint-Denis, voir la remarquable étude d’Anne Lombard-Jourdan, « L’invention du “roi fondateur” à Paris au xiie siècle. De l’obligation morale au thème sculptural », Bibliothèque de l’École des Chartes, t. 155, 1997, pp. 495-496.
-
[145]
Voir p. 396 sq.
La naissance d’un des plus célèbres rois de France est, comme sa destinée, entourée d’incertitudes.
Louis, second fils connu de Louis, fils aîné et héritier du roi de France, Philippe II Auguste, et de la femme de Louis, Blanche de Castille, est né un 25 avril, très probablement celui de l’année 1214, à Poissy, à une trentaine de kilomètres de Paris, seigneurie que son père avait reçue de son grand-père en 1209, l’année où celui-ci fut, à vingt-deux ans, tardivement armé chevalier. À la mort de son père, en 1226, l’enfant deviendra le roi Louis IX, qui mourra en 1270, et, à partir de sa canonisation en 1297, Saint Louis, nom sous lequel par la suite et aujourd’hui encore il sera habituellement appelé. Saint Louis, devenu roi, a aimé à se désigner par le nom de Louis de Poissy, non seulement parce que c’était une habitude fréquente des grands personnages d’alors de joindre à leur prénom celui du lieu où ils étaient nés, mais surtout parce que Saint Louis, en bon chrétien, considérait que sa vraie naissance datait du jour de son baptême à Poissy.
Ainsi, la naissance de Saint Louis évoque, à elle seule, quelques traits fondamentaux des structures dans lesquelles s’insère, au début du xiiie siècle, l’histoire de la monarchie française. Le premier, c’est l’importance du hasard biologique dans le destin des familles et, plus particulièrement, dans celui de la famille royale. La fécondité des couples, le nombre et le sexe des enfants dans une dynastie où, sans règle proclamé…
Date de mise en ligne : 01/09/2021
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