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IV. D’une croisade à l’autre et à la mort (1254-1270)

Pages 244 à 346

Citer ce chapitre


  • Le Goff, J.
(2014). IV. D’une croisade à l’autre et à la mort (1254-1270) Saint Louis (p. 244-346). Gallimard. https://shs.cairn.info/saint-louis--9782070418305-page-244?lang=fr.

  • Le Goff, Jacques.
« IV. D’une croisade à l’autre et à la mort (1254-1270) ». Saint Louis, Gallimard, 2014. p.244-346. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/saint-louis--9782070418305-page-244?lang=fr.

  • LE GOFF, Jacques,
2014. IV. D’une croisade à l’autre et à la mort (1254-1270) In : Saint Louis. Paris : Gallimard. Folio Histoire, p.244-346. URL : https://shs.cairn.info/saint-louis--9782070418305-page-244?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Joinville, Histoire de Saint Louis, pp. 351-353. Voir une autre aventure infra, pp. 567.
  • [2]
    Ibid., p. 359.
  • [3]
    A. Sisto, Figure del primo Francescanesimo in Provenza : Ugo e Douceline di Digne, Florence, 1971 ; P. Peano, dans Archivum Franciscanum Historicum, 79, 1986, pp. 14-19.
  • [4]
    Traduction française de la vie écrite en provençal vers 1300 : R. Gout, La Vie de sainte Douceline, Paris, 1927 ; Claude Carozzi, « Une béguine joachimite, Douceline sœur d’Hugues de Digne », Cahiers de Fanjeaux, 10, 1975, pp. 169-201, et « Douceline et les autres », ibid., 11, 1976, pp. 251-267.
  • [5]
    Salimbene de Adam, Cronica, in Monumenta Germaniae Historica, Scriptores, t. XXXII (éd. O. Holder-Egger, Hanovre, 1905-1913), notamment, pp. 226-254 ; nouvelle édition par Giuseppe Scalia, Bari, 1966 ; traduction française partielle dans Marie-Thérèse Laureilhe, Sur les routes d’Europe au xiiie siècle, Paris, 1954.
  • [6]
    Joinville, Histoire de Saint Louis, p. 361.
  • [7]
    Ibid., p. 363.
  • [8]
    Michel-Marie Dufeil, Guillaume de Saint-Amour et la polémique universitaire parisienne, 1250-1259, Paris, 1972.
  • [9]
    Matthieu Paris, Chronica majora, t. V, pp. 465-466. La traduction est mienne. On trouvera infra (pp. 996-997) celle de D. O’Connell pour la partie du texte que j’utilise à nouveau dans une autre perspective.
  • [10]
    Joinville, Histoire de Saint Louis, pp. 367-369.
  • [11]
    Geoffroy de Beaulieu, Vita, dans Recueil des historiens des Gaules et de la France, t. XX, pp. 18-19.
  • [12]
    La Normandie, depuis sa reconquête par Philippe Auguste sur les Anglais, avait des privilèges spéciaux. Voir Joseph R. Strayer, The Administration of Normandy under Saint Louis, Cambridge, Mass., 1932, et Lucien Musset, « Saint Louis et la Normandie », Annales de Basse-Normandie, 1972, pp. 8-18.
  • [13]
    Louis Carolus-Barré, « La grande ordonnance de 1254 sur la réforme de l’administration et la police du royaume », dans Septième centenaire de la mort de Saint Louis, op. cit., pp. 85-96.
  • [14]
    Charles Petit-Dutaillis, « L’essor des États d’Occident », dans Histoire générale (fondée par Gustave Glotz), t. IV, Histoire du Moyen Âge, Paris, 1937, p. 273.
  • [15]
    Edgar Boutaric, Saint Louis et Alphonse de Poitiers. Étude sur la réunion des provinces du Midi et de l’Ouest à la couronne et sur les origines de la centralisation administrative, Paris, 1870, p. 150.
  • [16]
    L. Carolus-Barré, « La grande ordonnance… », art. cité supra, p. 96.
  • [17]
    Là où le texte original du xiiie siècle parle de « bordels » (bordeaux), le résumé de l’édition par E. de Laurière en 1723 des ordonnances royales dit pudiquement « mauvais lieux ». Le Moyen Âge, y compris celui de l’administration, n’avait pas peur des mots.
  • [18]
    Le texte original dit « folles femmes et ribaudes communes », le sommaire du xviiie siècle édulcore aussi en parlant de « femmes publiques ».
  • [19]
    La Troisième République interdira les débits de boisson à proximité des écoles. La nature des vices publics et des lieux sacrés évolue avec l’histoire.
  • [20]
    Sur Saint Louis et les juifs, voir infra, pp. 912 sq.
  • [21]
    Sur Joinville, voir infra, IIe partie, chap. IX.
  • [22]
    On possède le registre de ses visites pastorales qui fournit la description la plus concrète de la vie d’un diocèse au xiiie siècle : P. Andrieu-Guitrancourt, L’Archevêque Eudes Rigaud et la vie de l’Église au xiiie siècle, Paris, 1938. Sur Saint Louis et Eudes Rigaud, voir infra, p. 861.
  • [23]
    Q. Griffiths, « New men among the lay counselors of Saint Louis Parliament », Medieval Studies, t. 32-33, 1970, 1971, pp. 234-272 ; Fred Cheyette, « Custom, Case Law and medieval constitutionalism : a reexamination », Political Science Quarterly, 78, 1963, pp. 362-390.
  • [24]
    Marguerite Boulet-Sautel, « Le concept de souveraineté chez Jacques de Révigny », dans Actes du congrès sur l’ancienne université d’Orléans, Orléans, 1962, pp. 22 sqq. D’ailleurs, Jacques de Révigny est un universitaire qui se limite aux textes et garde de la distance vis-à-vis des réalités, fussent-elles juridiques, et encore plus de la politique. À propos des rapports du roi de France et de l’empereur, il écrit : « Certains disent que la France est indépendante de l’Empire : c’est impossible en droit. Mettez-vous bien dans la tête que la France est soumise à l’Empire », et il ajoute : « Que le roi de France ne le reconnaisse pas, je m’en moque » (de hoc non curo, c’est-à-dire : « ce n’est pas mon problème »).
  • [25]
    Ed. A. Marnier, Le Conseil de Pierre de Fontaines, Paris, 1846 ; Q. Griffiths, « Les origines et la carrière de Pierre de Fontaines », dans Revue historique de droit français et étranger, 1970 ; Pierre Petot, « Pierre de Fontaines et le droit romain », dans Études d’histoire du droit. Mélanges Gabriel Le Bras, t. II, Paris, 1965, pp. 955-964.
  • [26]
    Roland Fietier, « Le choix des baillis et sénéchaux aux xiiie et xive siècles (1250-1350) », Mémoires de la Société pour l’histoire du droit et des institutions des anciens pays bourguignons, comtois et romands, 29e fasc., 1968-1969, pp. 255-274.
  • [27]
    Ce texte est rédigé en latin puisque, tout en excluant l’usage de la langue d’oc, probablement mal connue de la chancellerie royale et des agents royaux, presque tous issus de la France d’oïl, le gouvernement royal n’avait pas voulu imposer la langue d’oïl aux gens du Midi.
  • [28]
    Joseph R. Strayer, « La conscience du roi : les enquêtes de 1258-1262 dans la sénéchaussée de Carcassonne-Béziers », dans Mélanges Roger Aubenas, Montpellier, 1974, pp. 725-736.
  • [29]
    Layettes du Trésor des chartes, nos 4207, 4269, 4272, 4320, 4367 ; Recueil des historiens des Gaules et de la France, t. XXIV, pp. 530-541 ; R. Michel, L’Administration royale dans la sénéchaussée de Beaucaire au temps de Saint Louis, Paris, 1910.
  • [30]
    Recueil des historiens des Gaules et de la France, t. XXIV, pp. 619-621.
  • [31]
    Il prend ainsi une position « libérale », de justice individuelle, dans un grand débat du xiiie siècle, qui s’est surtout posé à propos des femmes d’usuriers dont on se demandait si elles devaient être ou non solidaires des restitutions imposées à leurs maris, pendant leur vie ou après leur mort.
  • [32]
    Voir infra, pp. 899-900.
  • [33]
    Sur le mouvement d’ensemble, Jacques Le Goff, « La monarchie et les villes », dans Histoire de la France urbaine (sous la direction de Georges Duby), t. II, La Ville médiévale, Paris, 1980, pp. 303-310. Sur l’évolution sous Louis IX : Jean Schneider, « Les villes du royaume de France au temps de Saint Louis », Comptes rendus de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, 1981 ; W. Ch. Jordan, « Communal administration in France, 1257-1270 : problems discovered and solutions imposed », Revue belge de philologie et d’histoire, 59, 1971, pp. 292-313.
  • [34]
    Bernard Chevalier, Les Bonnes Villes de France du xive au xvie siècle, Paris, 1982 ; G. Mauduech, « La “bonne” ville : origine et sens de l’expression », Annales. E.S.C., 1972, pp. 1441-1448 ; M. François, « Les bonnes villes », Comptes rendus de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, 1975 ; Albert Rigaudière, « Qu’est-ce qu’une bonne ville dans la France du Moyen Âge ? », dans La Charte de Beaumont et les franchises municipales entre Loire et Rhin (colloque), Nancy, 1988, pp. 59-105.
  • [35]
    La version originale a été retrouvée et restituée par D. O’Connell, The Teachings of Saint Louis, op. cit., trad. fr. citée, Les Propos de Saint Louis, pp. 183-191. Les deux extraits cités ici et par A. Rigaudière sont tirés de la version remaniée par Geoffroy de Beaulieu que Joinville a insérée dans son Histoire de Saint Louis : Joinville et les Enseignements de Saint Louis à son fils, Natalis de Wailly (éd.), Paris, 1872, p. 52.
  • [36]
    Voir supra pp. 118-119.
  • [37]
    Voir infra, p. 302.
  • [38]
    Les documents ont été publiés dans les Layettes du Trésor des chartes, volumes II, III et IV.
  • [39]
    Ces ordonnances ont été publiées par Eusèbe de Laurière, Ordonnances des rois de France, t. I, 1723, pp. 82-83 ; Augustin Thierry, Recueil des monuments inédits de l’histoire du tiers état, t. I, 1850, p. 219 ; Arthur Giry (éd.), Documents sur les relations de la royauté avec les villes en France, Paris, 1885, pp. 85 et 88, et en appendice de son article cité p. 179, n. 1, par W. Ch. Jordan, pp. 312-313, en traduction anglaise.
  • [40]
    J. Le Goff, « La monarchie et les villes », dans Histoire de la France urbaine, op. cit., t. II, p. 308. Le texte de Philippe de Beaumanoir se trouve au tome II, paragraphes 1516 et 1520, de l’édition d’A. Salmon des Coutumes du Beauvaisis, 1970 (rééd.).
  • [41]
    Jean Richard, « Une consultation donnée par la commune de Soissons à celle de Beaune (1264) », Annales de Bourgogne, XXI, 1949.
  • [42]
    Albert Rigaudière, « Réglementation urbaine et « législation d’État » dans les villes du Midi français aux xiiie et xive siècles », dans La Ville, la bourgeoisie et la genèse de l’État moderne (xiie-xviiie siècles), Paris, 1988, pp. 35-70 ; André Gouron, La Science du droit dans le Midi de la France au Moyen Âge, Londres, 1984.
  • [43]
    Sur Paris, « capitale inachevée » jusqu’à la Révolution, voir Jacques Le Goff, « La genèse de l’État français au Moyen Âge », art. cité, pp. 26-28 ; Raymond Cazelles, « Paris, de la fin du règne de Philippe Auguste à la mort de Charles V », dans Nouvelle Histoire de Paris, Paris, t. III, 1972 ; Robert-Henri Bautier, « Quand et comment Paris devint capitale », Bulletin de la Société historique de Paris et de l’Île-de-France, 105, 1978, pp. 17-46 ; Anne Lombard-Jourdan, Paris, genèse de la ville. La rive droite de la Seine des origines à 1223, Paris, 1976 ; « Montjoie et Saint-Denis ! » Le centre de la Gaule aux origines de Paris et de Saint-Denis, Paris, 1989.
  • [44]
    Arié Serper, « L’administration royale de Paris au temps de Louis IX », Francia, 7, 1979, p. 124.
  • [45]
    Ce chiffre est exceptionnel pour la Chrétienté. Les plus grandes villes après Paris, Milan ou Florence, ne dépassent pas 100 000 habitants. Une ville est « grosse » (grande) à partir de 20 000 habitants environ.
  • [46]
    Recueil des historiens des Gaules et de la France, op. cit., t. XXI, 1855, pp. 117-118.
  • [47]
    Joinville, Histoire de Saint Louis, pp. 389-391.
  • [48]
    Pour le reste, la légende dorée de la « réforme parisienne » de Saint Louis rapportée par Guillaume de Nangis et Joinville a été vigoureusement critiquée par l’érudit Borelli de Serres à la fin du xixe siècle dans un important ouvrage. Je n’entrerai pas dans le détail un peu oiseux de cette polémique qui, au surplus, nous éloigne de la personne de Saint Louis : Borelli de Serres, Recherches sur divers services publics du xiiie au xviie siècle, vol. I, Paris, 1895. Voir IIIe partie, chap. IV.
  • [49]
    Pour commercer à Paris, un marchand étranger doit obligatoirement prendre un marchand parisien pour associé.
  • [50]
    Paris a un maire depuis 1977.
  • [51]
    Sur Saint Louis et le blasphème, voir infra, p. 740 et Index, s.v. « Blasphème ».
  • [52]
    Matthieu, v, 11.
  • [53]
    Guillaume de Nangis, Vie de Saint Louis, p. 399.
  • [54]
    L’affaire est de 1259.
  • [55]
    L’époque de Saint Louis est celle de l’apogée du français comme langue internationale de culture, à côté du latin, « la plus délectable qui soit au monde », dit le Florentin Brunetto Latini, le maître de Dante.
  • [56]
    Gilles le Brun, seigneur de Trazegnies dans le Hainaut, n’était pas français. Louis IX l’avait fait connétable de France, probablement à son retour de croisade, à cause de sa piété et de son courage. Il n’y a pas encore de nation en France. Les grands offices peuvent aller à des étrangers qui sont liés par leur fidélité au roi. Gilles le Brun jouera un rôle important dans la conquête du royaume de Naples par le frère de Louis IX, Charles d’Anjou.
  • [57]
    1. Le texte de la version française étant corrompu dans ce passage, je l’ai restitué à l’aide de la version latine (pp. 398-400) et du récit de Le Nain de Tillemont (IV, 188-192) qui a disposé d’autres sources. Enguerran de Coucy se racheta de son vœu de croisade en 1261 pour 12 000 livres. Voir D. Barthélemy, Les Deux Âges de la seigneurie banale. Coucy (xie-xiie siècle), Paris, 1984.
  • [58]
    Guillaume de Nangis, Vie de Saint Louis, pp. 399-401.
  • [59]
    C’est ce que vont montrer dans une importante étude sur le crime de lèse-majesté Jacques Chiffoleau et Yann Thomas.
  • [60]
    Ce terme, employé par exemple par J. Richard (Saint Louis, op. cit., p. 310), souligne que nombre de principes et de pratiques juridiques nouvelles au xiiie siècle provenaient de contaminations entre droit romain renaissant et droit canonique (ecclésiastique) qui se développait rapidement après le Décret de Gratien (Bologne, 1140), premier élément du Code de droit canonique, qui se constitua jusqu’au xive siècle.
  • [61]
    Sur les ordalies, J. W. Baldwin, « The intellectual preparation for the canon of 1215 against ordeals », art. cité ; Dominique Barthélemy, « Présence de l’aveu dans le déroulement des ordalies (ixe-xiiie siècles) », dans L’Aveu, op. cit., pp. 191-214 ; Robert Bartlett, Trial by Fire and Water. The Medieval Judicial Ordeal, Oxford, 1986 ; Jean Gaudemet, « Les ordalies au Moyen Âge : doctrine, législation et pratique canonique », dans La Preuve (Recueils de la société Jean Bodin), XVII/2, Bruxelles, 1965, pp. 99-135 ; Charles Radding, « Superstition to science : nature, fortune and the passing of the medieval ordeal », American Historical Review, 84, 1979, pp. 945-969.
  • [62]
    P. Guilhiermoz, « Saint Louis, les gages de bataille et la procédure civile », Bibliothèque de l’École des chartes, 48, 1887, pp. 11-120. Le texte du chroniqueur anonyme se trouve dans Recueil des historiens des Gaules et de la France, op. cit., t. XXI, 1855, p. 84.
  • [63]
    Ordonnances des rois de France, t. I, p. 85.
  • [64]
    On fait venir le terme, en général, de la ville de Cahors, présentée comme un grand centre d’hommes d’affaires. Cahors était une seigneurie épiscopale : voir supra p. 69. Je vois mal, cependant, l’assimilation des habitants de Cahors à des étrangers, ce qui est dit, sans contestation possible, dans l’ordonnance de 1268. Voir Philippe Wolff, « Le problème des Cahorsins », Annales du Midi, 1950, pp. 229-238 ; Yves Renouard, « Les Cahorsins, hommes d’affaires français du xiiie siècle », Transactions of the Royal Historical Society, XI, 1961, pp. 43-67.
  • [65]
    Ordonnances des rois de France, t. I, p. 96.
  • [66]
    Cette attitude s’explique toutefois par la valeur juridique que l’on accorde alors à la fama, la « réputation ».
  • [67]
    Voir infra, pp. 658 sqq.
  • [68]
    On a même parlé de « la réforme monétaire du roi ». Si ces mesures forment un ensemble, elles ne constituent pas, cependant, « une » réforme cohérente, un programme monétaire systématique.
  • [69]
    L. Blanchard, « La réforme monétaire de Saint Louis », Mémoires de l’Académie des sciences, lettres et arts de Marseille, 1833 ; Jean Lafaurie, Les Monnaies des rois de France. De Hugues Capet à Louis XII, Paris et Bâle, 1951 ; E. Fournial, Histoire monétaire de l’Occident médiéval, Paris, 1970 ; Marc Bloch, Esquisse d’une histoire monétaire de l’Europe, Paris, 1954 (posthume).
  • [70]
    Sur l’inflation, voir Thomas N. Bisson, Conservation of Coinage. Monetary Exploitation and its Restraint in France, Catalonia and Aragon (c. 1000-1225 A.D.), Oxford, 1979.
  • [71]
    Jean Favier, « Les finances de Saint Louis », Septième centenaire, op. cit., p. 135.
  • [72]
    Pierre Michaud-Quantin, « La politique monétaire royale à la Faculté de théologie de Paris en 1265 », Le Moyen Âge, 17, 1962, pp. 137-151.
  • [73]
    Ordonnances des rois de France, t. I, p. 94.
  • [74]
    Voir infra, p. 767 sqq.
  • [75]
    Voir infra, pp. 742-746.
  • [76]
    On trouvera un clair et excellent récit de l’affaire dans J. Richard, Saint Louis, op. cit., pp. 329-337.
  • [77]
    Le terme « Guyenne » désigna, à partir du xiiie siècle, l’ensemble des possessions anglaises sur le continent, y compris la Gascogne.
  • [78]
    Selon Matthieu Paris, dont un manuscrit contemporain montre le dessin de l’éléphant avec son cornac muni d’une échelle pour monter sur l’animal, ce fut le premier éléphant vu en Angleterre.
  • [79]
    M. Gavrilovitch, Étude sur le traité de Paris de 1259 entre Louis IX, roi de France, et Henri III, roi d’Angleterre, Paris, 1899.
  • [80]
    Joinville, Histoire de Saint Louis, op. cit., p. 375. Voir infra, p. 941.
  • [81]
    Ibid., pp. 377-379.
  • [82]
    Pierre Chaplais, « Le traité de Paris de 1259 », Le Moyen Âge, 1955, pp. 121-137.
  • [83]
    Charles T. Wood, « The Mise of Amiens and Saint Louis’ theory of kingship », French Historical Studies, 6, 1969/1970, pp. 300-310.
  • [84]
    Voir infra, p. 339 et pp. 639-640.
  • [85]
    Ordonnances des rois de France, t. I, p. 84.
  • [86]
    Raymond Cazelles, « La guerre privée, de Saint Louis à Charles V », Revue historique de droit français et étranger, 1960, pp. 530-548.
  • [87]
    Ferdinand Lot et Robert Fawtier, Histoire des institutions françaises au Moyen Âge, t. II, Les Institutions royales, Paris, 1958, pp. 425-426.
  • [88]
    Ordonnances des rois de France, op. cit., t. I, p. 344, et F. Lot et R. Fawtier, Histoire des institutions françaises, op. cit., p. 426.
  • [89]
    Il laissait aussi une fille, Blanche, qui épousa en 1259 Henri, fils de Thibaud V de Champagne et d’Isabelle, fille de Louis IX, ce qui resserra les liens entre la famille royale et la famille comtale de Champagne.
  • [90]
    Peter von Moos, « Die Trostschrift des Vincenz von Beauvais für Ludwig IX. Vorstudie zur Motiv und Gattungsgeschichte der consolatio », Mittellateinisches Jahrbuch, 4, 1967, pp. 173-219.
  • [91]
    Voir infra, p. 847.
  • [92]
    Voir infra, pp. 847-848.
  • [93]
    Voir infra, pp. 832-837.
  • [94]
    Joinville, Vie de Saint Louis, p. 57.
  • [95]
    E. Boutaric, Saint Louis et Alphonse de Poitiers, op. cit.
  • [96]
    Voir infra, pp. 832-835.
  • [97]
    Georges Duby, « Le lignage », dans P. Nora (éd.), Les Lieux de mémoire, t. II, La Nation, vol. 1, Paris, 1986, pp. 31-56.
  • [98]
    Voir le premier numéro de la revue Dialogus. I discorsi dei corpi, 1993, et le beau livre d’Agostino Paravicini Bagliani, Il corpo del Papa, Turin, 1994. Voir aussi S. Bertelli, Il corpo del re, Florence, 1990 ; M.-Ch. Pouchelle, Corps et chirurgie à l’apogée du Moyen Âge, Paris, 1983, et celui de Peter Brown, Le Renoncement à la chair. Virginité, célibat et continence dans le christianisme primitif, trad. fr., Paris, 1995.
  • [99]
    La Mort, les morts dans les sociétés anciennes (sous la direction de G. Gnoli et J.-P. Vernant), Cambridge et Paris, 1982.
  • [100]
    Jean-Pierre Vernant, « Introduction », dans La Mort, les morts, op. cit., p. 10 ; Elena Cassin, « Le mort : valeur et représentation en Mésopotamie ancienne », ibid., p. 366.
  • [101]
    J.-P. Vernant, « Introduction » citée, p. 5-15 ; Id., « La belle mort et le cadavre outragé », in La Mort, les morts, op. cit., pp. 45-76, et, surtout, Nicole Loraux, « Mourir devant Troie, tomber pour Athènes : de la gloire du héros à l’idée de la cité », ibid., pp. 2-43, et L’Invention d’Athènes. Histoire de l’oraison funèbre dans la cité classique, Paris et La Haye, 1981 ; rééd., Paris, 1994.
  • [102]
    Paul Veyne, Le Pain et le Cirque, Paris, 1976, notamment pp. 245-251.
  • [103]
    Pauline Schmitt-Pantel, « Évergétisme et mémoire du mort », dans La Mort, les morts, op. cit., pp. 177-188.
  • [104]
    E. Cassin, « Le mort : valeur et représentation en Mésopotamie ancienne », art. cité, p. 366.
  • [105]
    Erwin Panofsky (Tomb Sculpture. Its Changing Aspects from Ancient Egypt to Bernini, Londres, 1964, p. 45) rappelle qu’Artémis quitte Hippolyte mourant, qu’Apollon s’éloigne de la demeure d’Admète avant qu’Alceste meure et que, lorsqu’on dédia l’île de Délos à Apollon, toutes les tombes en furent vidées de leurs ossements qu’on transporta dans une île voisine.
  • [106]
    J.-P. Vernant, « Introduction » citée, p. 10.
  • [107]
    Peter Brown, Le Culte des saints. Son essor et sa fonction dans la chrétienté latine, trad. fr., Paris, 1984.
  • [108]
    Ibid., p. 3.
  • [109]
    « La levée de l’interdit religieux sur la sépulture intra muros, vieux d’un millénaire […] est le signe d’une véritable mutation historique » (Jean Guyon, « La vente des tombes à travers l’épigraphie de la Rome chrétienne », Mélanges d’archéologie et d’histoire : Antiquité, 86, 1974, p. 594).
  • [110]
    E. Panofsky, Tomb Sculpture, op. cit. (supra, p. 322 n. 105).
  • [111]
    Sur un autre cas de morts exceptionnels qui ont, dès le haut Moyen Âge, bénéficié de conditions particulières de lieu de sépulture et de monuments funéraires, les papes, voir Jean-Charles Picard, « Étude sur l’emplacement des tombes des papes du iiie au xe siècle », Mélanges d’archéologie et d’histoire, 81, 1969, pp. 735-782. Dans son étude « Sacred corpse, profane carrion : social ideals and death rituals in the later Middle Ages » (dans Mirrors of Mortality. Studies in the Social History of Death, Joachim Whaley éd., Londres, 1981, pp. 40-60), Ronald C. Finucane étudie les attitudes médiévales à l’égard de quatre catégories de morts : les rois, les criminels et les traîtres, les saints, les hérétiques et les enfants mort-nés.
  • [112]
    Je suis Alain Erlande-Brandenburg, Le roi est mort, op. cit., à qui le présent développement doit beaucoup.
  • [113]
    François Hartog met l’inhumation des rois scythes aux extrémités du territoire en rapport avec les traditions nomades (Le Miroir d’Hérodote, Paris, 1980 ; le chapitre iv, de la Ire partie : « Le corps du roi : espace et pouvoir », est très suggestif).
  • [114]
    Il y a trois erreurs dans la liste des Annales de Saint-Denis (dans Monumenta Germaniae Historica, Scriptores, t. XIV) : le fils de Dagobert ne s’appelle pas Louis, mais Clovis II ; Charles Martel n’a pas été roi ; Carloman, fils de Pépin le Bref et frère de Charlemagne, n’avait pas été enterré à Saint-Denis, mais à Saint-Rémi de Reims. Ces erreurs s’expliquent (à l’exception de celle concernant Charles Martel, qui est peut-être volontaire) par la difficulté de reconnaître les tombes et les corps et par les limites de la mémoire historique des moines de Saint-Denis, pourtant spécialistes de cette mémoire.
  • [115]
    B. Guenée, « Les généalogies entre l’histoire et la politique », art. cité.
  • [116]
    Cette information provient de la lettre d’un témoin, Pierre de Condé (Luc d’Achery, Spicilegium sive collectio veterum aliquot scriptorum, nouv. éd., 3 vol., Paris, 1723, t. III, p. 667).
  • [117]
    Voir Georges Duby, Le Chevalier, la Femme et le Prêtre. Le mariage dans la France féodale, Paris, 1981.
  • [118]
    Sur les ordines, manuels liturgiques pour les rois de France, rédigés à l’époque de Saint Louis, voir Richard A. Jackson, « Les manuscrits des ordines de couronnement de la bibliothèque de Charles V, roi de France », Le Moyen Âge, 1976, pp. 67-88, particulièrement p. 73, qui corrige Percy Ernst Schramm, « Ordines-Studien II : Die Krönung bei den Westfranken und den Franzosen », Archiv für Urkundenforschung, XV, 1938. D’un particulier intérêt est l’ordo de 1250 environ, contenu dans le manuscrit latin 1246 de la Bibliothèque nationale de Paris à cause de la série de miniatures qu’il renferme.
  • [119]
    L’absence de Charles le Chauve parmi les corps du programme de Saint Louis est étonnante.
  • [120]
    « Quia nec fas nec consuetudo permittit reges exhospitari » (Suger, Vie de Louis VI le Gros, H. Waquet éd., p. 285).
  • [121]
    Voir un résumé de la discussion dans A. Erlande-Brandenburg, Le roi est mort, op. cit., p. 81. Les Annales de Saint-Denis (op. cit., p. 721) signalent qu’en 1259, quatre ans donc avant le transfert des corps royaux, les corps de sept abbés de Saint-Denis furent transférés dans le bras sud du transept.
  • [122]
    Sur le gisant, voir, pour l’idéologie, Philippe Ariès, L’Homme devant la mort, Paris, 1977 ; pour l’iconographie, E. Panofsky, Tomb Sculpture, op. cit., pp. 55 sqq. ; Willibald Sauerländer, Gotische Skulptur in Frankreich, 1140-1270, Munich, 1970 (trad. fr., La Sculpture gothique en France, Paris, 1977), pp. 18-20 ; A. Erlande-Brandenburg, Le roi est mort, op. cit., pp. 109-117.
  • [123]
    De façon énigmatique, Jean, mort en bas âge, est représenté avec un sceptre dans la main gauche.
  • [124]
    C’est sans doute le contexte italien qui explique l’originalité du tombeau des « chairs » (entrailles) de la reine Isabelle d’Aragon, première femme de Philippe III, dans la cathédrale de Cosenza en Calabre. La bru de Saint Louis est morte accidentellement en janvier 1271 lors du retour de la croisade de Tunis. L’interprétation du monument qui représente Isabelle et Philippe, agenouillés de part et d’autre de la Vierge debout, et qui est sans doute l’œuvre d’un artiste français, est difficile. Cf. Émile Bertaux, « Le tombeau d’une reine de France à Cosenza en Calabre », Gazette des beaux-arts, 1898, pp. 265-276 et 369-378 ; G. Martelli, « Il monumento funerario della regina Isabella nella cattedrale di Cosenza », Calabria nobilissima, 1950, pp. 9-22 ; A. Erlande-Brandenburg, « Le tombeau de Saint Louis », Bulletin monumental, 126, 1968, pp. 16-17.
  • [125]
    E. Panofsky, Tomb Sculpture, op. cit., p. 62.
  • [126]
    Voir le livre célèbre de Marc Bloch, Les Rois thaumaturges [1924], Paris, 3e éd., 1983.
  • [127]
    A. Erlande-Brandenburg, Le roi est mort, op. cit., pp. 15 sqq. Voir le beau livre de Ralph E. Giesey, Le roi ne meurt jamais. Les obsèques royales dans la France de la Renaissance [1960], trad. fr., Paris, 1987, qui remonte au Moyen Âge. Pour tout l’arrière-plan de cette idéologie, le livre classique d’Ernst H. Kantorowicz, The King’s Two Bodies, Princeton, 1957 ; trad. fr. Les Deux Corps du roi, Paris, 1989.
  • [128]
    Jean-Claude Schmitt a souligné, à partir d’exemples iconographiques, que seule la position verticale permet l’entrée en Enfer (« Le suicide au Moyen Âge », Annales. E.S.C., 1975, p. 13).
  • [129]
    Voir J. Le Goff, La Naissance du Purgatoire, op. cit., pp. 311 sqq.
  • [130]
    Voir Elizabeth A. Brown, « Burying and unburying the kings of France », dans Richard C. Trexler (éd.), Persons in Groups. Social Behavior as Identity Formation in Medieval and Renaissance Europe, Binghampton, 1985, pp. 241-266.
  • [131]
    J. Richard, Saint Louis, op. cit., pp. 455 sqq.
  • [132]
    Id., « Une ambassade mongole à Paris en 1262 », art. cité, et P. Meyvaert, « An unknown letter of Hulagu, il-Khan of Persia to King Louis IX of France », art. cité (supra p. 58 n. 25).
  • [133]
    Michel Mollat, « Le “passage” de Saint Louis à Tunis. Sa place dans l’histoire des croisades », Revue d’histoire économique et sociale, 50, 1972, pp. 289-303.
  • [134]
    Ordonnances des rois de France, t. I, pp. 99-102.
  • [135]
    Voir ce texte infra, pp. 807-808.
  • [136]
    Franco Cardini, « Gilberto di Tournai : un francescano predicatore della crociata », dans Studi francescani, 72, 1975, pp. 31-48.
  • [137]
    Voir supra, pp. 158 et 160-161.
  • [138]
    Joinville, Histoire de Saint Louis, pp. 397-398.
  • [139]
    Julia Bastin et Edmond Faral, Onze poèmes de Rutebeuf concernant la croisade, Paris, 1946 ; Jean Dufournet, Rutebeuf. Poèmes de l’infortune et poèmes de la croisade, Paris, 1979.
  • [140]
    Yves Dossat, « Alphonse de Poitiers et la préparation financière de la croisade de Tunis : les ventes de forêts (1268-1270) », dans Septième centenaire, op. cit., pp. 121-132.
  • [141]
    J. Richard, Saint Louis, op. cit., p. 554.
  • [142]
    Ibid., p. 553.
  • [143]
    Pendant l’escale à Cagliari, Louis dicta un codicille à son testament : il demandait à son fils aîné Philippe de se comporter « comme un père » à l’égard de ses deux plus jeunes frères, Jean Tristan et Pierre ; il augmentait la somme d’argent destinée à Pierre et demandait à Philippe de garder ses serviteurs.
  • [144]
    De Carthage, Louis IX envoya une lettre en France racontant le débarquement et la prise de Carthage. Il signalait parmi les croisés la présence de la femme de son fils et héritier, Philippe, lui aussi présent à Carthage (primogeniti nostri Philippi). Après la mort de Louis, Philippe était devenu le « premier-né », titre équivalent à celui d’héritier. Voir L. d’Achery, Spicilegium, op. cit., t. II, 4, Miscellanea, Epistularum…, p. 549.
  • [145]
    Super cuius morte pii patris viscera non modicum sunt commota (« de cette mort ses entrailles de père aimant ne furent pas peu remuées »).
  • [146]
    Il aurait aussi, selon Guillaume de Nangis, répété : « J’entrerai dans ta maison, j’irai t’adorer dans ton saint temple, et je me confesserai à toi, Seigneur. »
  • [147]
    Traduit de Geoffroy de Beaulieu, dans Recueil des historiens des Gaules et de la France, op. cit., t. XX, p. 23. On trouvera en appendice la traduction de la lettre que Philippe III envoya au clergé français sur la mort de son père.

Louis s’embarque à Acre le 24 ou le 25 avril 1254. Quelques jours plus tard, sur les côtes de Chypre, la nef du roi éperonne un banc de sable qui endommage la quille du bateau. On craint le naufrage, et c’est l’occasion d’admirer le sang-froid et le sens du devoir du roi qui refuse de quitter le navire, car tous ceux qui sont à bord ne pourraient comme lui être recueillis sur les autres bateaux.
Joinville, dans sa vie de Saint Louis qui, comme toutes les biographies de l’époque, est une suite d’images du roi construites au moyen d’anecdotes exemplaires, qui suivent en général l’ordre chronologique, nous livre deux images de Saint Louis sur le chemin du retour.
La première est celle du roi en promenade et de sa rencontre idyllique avec un représentant de la vie érémitique. La seconde anecdote illustre l’intransigeance de Louis, sévère justicier face à la conduite insouciante d’un adolescent, doublement coupable à ses yeux : pour avoir commis un péché qu’il estime capital, alors qu’il apparaît comme véniel à son entourage, et pour avoir failli mettre la flotte française en péril. C’est le roi défenseur de la morale et de l’intérêt général qui a appris à connaître la colère d’un Dieu qu’on brave par une conduite fautive et indisciplinée.
Nous vînmes à une île qu’on appelle Lampedouse, là où nous prîmes tout plein de lapins ; et nous trouvâmes un ermitage ancien dans les roches, et trouvâmes le jardin qu’y avaient fait les ermites qui y demeurèrent anciennement : il y avait des oliviers, des figuiers, des ceps de vigne et d’autres arbres…


Date de mise en ligne : 01/09/2021

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