Khrouchtchev (1953-1964)
- Par Andreï Kozovoï
Pages 27 à 128
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- KOZOVOÏ, Andreï,
- Kozovoï, Andreï.
- Kozovoï, A.
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Mercredi 4 mars 1953. Le Soviétique de la rue découvre la terrible nouvelle, qui s’étale en grosses lettres, tel un haïku, sur les premières pages de tous les journaux du pays :
COMMUNIQUÉ DU GOUVERNEMENT
Sur la maladie du président du Conseil des ministres
de l’Union des républiques socialistes soviétiques
et du secrétaire du Comité central du parti communiste
le camarade Joseph Vissarionovitch Staline.
L’heure est grave. L’éditorial parle de « grand malheur » et révèle même que Staline a été victime d’une hémorragie cérébrale. Une telle information aurait été impensable si le « père des peuples » avait eu une chance, même infime, de s’en sortir. Tous sont donc censés comprendre que le vainqueur du nazisme, le plus grand ami des enfants, des femmes, des peintres, des mineurs, des cinéastes, des kolkhoziens et des coureurs de fond, le démiurge de la nature, le grand stratège de la révolution, le coryphée des arts et le porteur du drapeau communiste (la liste des épithètes n’est pas exhaustive) est sur le point de passer de vie à trépas.Les plus observateurs auront remarqué que Staline n’est plus qualifié de « premier secrétaire » (titre porté par les premiers dirigeants du parti communiste entre 1952 et 1966, avant le retour de l’appellation « secrétaire général »), mais seulement de « secrétaire ». De fait, il n’est pas encore déclaré cliniquement mort que ses proches le dépouillent de son pouvoir absolu. Le jour de l’annonce, Beria et Malenkov, les principaux lieutenants, rédigent une note sur la composition de la future équipe…
Date de mise en ligne : 05/12/2019
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