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4. Césaire, Fanon et la colonialité de la République

Pages 79 à 87

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  • Durpaire, F.
(2010). 4. Césaire, Fanon et la colonialité de la République. Dans
  • A. Mbembe,
  • F. Vergès,
  • F. Bernault,
  • A. Boubeker,
  • N. Bancel
  • et P. Blanchard
Ruptures postcoloniales : Les nouveaux visages de la société française (p. 79-87). La Découverte. https://doi.org/10.3917/dec.bance.2010.01.0079.

  • Durpaire, François.
« 4. Césaire, Fanon et la colonialité de la République ». Ruptures postcoloniales Les nouveaux visages de la société française, La Découverte, 2010. p.79-87. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/ruptures-postcoloniales--9782707156891-page-79?lang=fr.

  • DURPAIRE, François,
2010. 4. Césaire, Fanon et la colonialité de la République. In :
  • MBEMBE, Achille,
  • VERGÈS, Françoise,
  • BERNAULT, Florence,
  • BOUBEKER, Ahmed,
  • BANCEL, Nicolas
  • et BLANCHARD, Pascal,
Ruptures postcoloniales Les nouveaux visages de la société française. Paris : La Découverte. Cahiers libres, p.79-87. DOI : 10.3917/dec.bance.2010.01.0079. URL : https://shs.cairn.info/ruptures-postcoloniales--9782707156891-page-79?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/dec.bance.2010.01.0079


Notes

  • [1]
    CÉSAIRE A., Cahier d’un retour au pays natal, Présence africaine, Paris, 1971.
  • [2]
    C’est le titre de son dernier ouvrage d’entretiens, avec Françoise Vergès (Albin Michel, Paris, 2005).
  • [3]
    FANON F., Peau noire, masques blancs, op. cit., p. 179-180 (pagination de l’éd. Seuil de 1952 dans cet article).
  • [4]
    Ibid., p. 179-180.
  • [5]
    YELLES M., « Frantz Fanon et la création poétique », in « Esthétique noire ? », Portulan, 3, Vents d’ailleurs, Châteauneuf-le-Rouge, octobre 2000, p. 235-250.
  • [6]
    FANON F., Pour la Révolution africaine, Maspero, Paris, 1975 (1961), p. 47-48.
  • [7]
    FANON F., Peau noire, masques blancs, op. cit., p. 186.
  • [8]
    Ibid., p. 187.
  • [9]
    CÉSAIRE A., La Tragédie du roi Christophe, Présence africaine, Paris, 2002 (1963), p. 59.
  • [10]
    TOUMSON R., Mythologie du métissage, PUF, Paris, 1988, p. 14.
  • [11]
    CÉSAIRE A., « Culture et colonisation », in Œuvres complètes, t. III, Désormeaux, Fort-de-France, 1976, p. 450.
  • [12]
    Lettre d’Aimé Césaire à Maurice Thorez, 24 octobre 1956.
  • [13]
    Le Monde des livres, 2 novembre 2007.
  • [14]
    LEINER J., « Entretien avec Aimé Césaire », Tropiques, Paris, Jean-Michel Place, 1978, t. I, p. XXI.
  • [15]
    FANON F., Peau noire, masques blancs, op. cit.
  • [16]
    FANON F., Peau noire, masques blancs, op. cit., p. 188.
  • [17]
    CÉSAIRE A., « Discours sur la Négritude », in ID., Discours sur le colonialisme, Présence africaine, Paris, 2004 (1987), p. 85.
  • [18]
    CÉSAIRE A., Discours sur le colonialisme, op. cit., p. 92.
  • [19]
    FANON F., Les Damnés de la terre, op. cit., p. 305 (pagination de l’éd. La Découverte, 2003).
  • [20]
    CHEVÈNEMENT J.-P., « Cessons d’avoir honte », Le Nouvel Observateur, 25 octobre 2001.
  • [21]
    J’emprunte ce néologisme à la langue anglaise, pour laquelle le terme de « decolonializa~ tion » signifie, au-delà d’une simple « decolonization », un processus de déracinement des structures mentales postcoloniales.

Les œuvres d’Aimé Césaire, comme celles de Frantz Fanon, figurent dans les bibliographies des étudiants britanniques ou américains, mais elles n’ont pas encore pleinement intégré le canon universitaire français. On a parfois opposé ces deux Martiniquais. Leur parcours ne les rend pas attentifs au même objet. Le premier, professeur de lettres et poète, porte son attention sur le Verbe : ce qu’il entend soigner, c’est le langage du colonisé, qui singe depuis des décennies celui du colon. Le second, psychiatre, s’intéresse à la maladie et aux conséquences psychiques du colonialisme chez le colonisé. Leur engagement prend des formes différentes. L’engagement d’Aimé Césaire, député-maire, se fait dans le cadre de la démocratie parlementaire. Promoteur de la départementalisation, il peut sembler en tout point opposé à Frantz Fanon dont l’engagement est physique, romantique et révolutionnaire. Il n’y a pas à s’étonner que les Black Panthers aient fait de Frantz Fanon l’un de leurs principaux ancrages. Il y a également une différence de génération : douze ans séparent les deux hommes.
Pourtant, leurs routes se sont très tôt croisées. À quinze ans, Frantz Fanon découvre Cahier d’un retour au pays natal , dans une revue clandestine. Il est élève au lycée Schœlcher de Fort-de-France au moment où Aimé Césaire y est professeur. Plus tard, il choisit une phrase de Césaire pour exergue à Peau noire, masques blancs : « Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité… » Comme pour révéler ce qui fondamentalement le…


Date de mise en ligne : 25/11/2010

https://doi.org/10.3917/dec.bance.2010.01.0079

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