Chapitre d’ouvrage

La cause du peuple

Pages 83 à 114

Citer ce chapitre


  • Labica, G.
(2013). La cause du peuple. Robespierre : Une politique de la philosophie (p. 83-114). La Fabrique Éditions. https://shs.cairn.info/robespierre--9782358720410-page-83?lang=fr.

  • Labica, Georges.
« La cause du peuple ». Robespierre Une politique de la philosophie, La Fabrique Éditions, 2013. p.83-114. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/robespierre--9782358720410-page-83?lang=fr.

  • LABICA, Georges,
2013. La cause du peuple. In : Robespierre Une politique de la philosophie. Paris : La Fabrique Éditions. Hors collection, p.83-114. URL : https://shs.cairn.info/robespierre--9782358720410-page-83?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Les journaux révolutionnaires se font l’écho des paroles de Robespierre, notamment ceux qu’animent Desmoulins, Loustalot et Marat.
  • [2]
    Cf., pour Marat, le n° 1 de L’Ami du peuple, 1er décembre ; pour Billaud-Varenne, Discours aux Jacobins du 5 décembre.
  • [3]
    Présentant, au livre II de Quatre-vingt-treize, « Minos Eaque et Rhadamante », Hugo reconstitue le dialogue suivant : « Danton venait de se lever ; il avait vivement reculé sa chaise. Écoutez, cria-t-il. Il n’y a qu’une urgence, la République en danger. Je ne connais qu’une chose, délivrer la France de l’ennemi. Pour cela tous les moyens sont bons. […] Robespierre répondit avec douceur : — Je veux bien. Et il ajouta : — La question est de savoir où est l’ennemi. — Il est dehors, et je l’ai chassé, dit Danton. — Il est dedans, et je le surveille, dit Robespierre. — Et je le chasserai encore, reprit Danton. — On ne chasse pas l’ennemi du dedans. — Qu’est-ce donc qu’on fait ? — On l’extermine. — J’y consens, dit à son tour Danton. Et il reprit : Je vous dis qu’il est dehors, Robespierre. — Danton, je vous dis qu’il est dedans. — Robespierre, il est à la frontière. — Danton, il est en Vendée. — Calmez-vous, dit une troisième voix, il est partout ; et vous êtes perdus. C’était Marat qui parlait. »
  • [4]
    Par exemple : « Les américains avaient-ils à combattre au-dedans le fanatisme et la trahison, au-dehors une ligue armée contre eux par leur propre gouvernement ? Et, parce que secondés par un allié puissant, guidés par Washington, secondés par les fautes de Cornwallis, ils ont triomphé non sans peine du despote qui leur faisait une guerre ouverte, s’ensuit-il qu’ils auraient triomphé, gouvernés par les ministres et conduits par le général de George III ? » (18 décembre) ; cf. également discours du 2 janvier, passim.
  • [5]
    « La Fayette fut deux ans au moins un grand homme, et le héros des deux monde » (« De l’influence de la calomnie sur la révolution », in 3e Lettre à ses commettans, 28 octobre 1792).
  • [6]
    Thèse également défendue par Cambon ; cf. J. Jaurès, t. 3, p. 558, qui le cite.
  • [7]
    E.P. Thompson et al., Paris, Ed. de la Passion, 1988.
  • [8]
    Cf. l’étude de D. Hunt, « Les paysans et la politique dans la Révolution française », in La guerre du blé…, op. cit.
  • [9]
    On trouve chez Hegel, avec « le droit de détresse », un point de vue strictement analogue à celui de Robespierre et de Dolivier : « En tant qu’ensemble des buts, la vie a un droit contre le droit abstrait. Si, par exemple, le vol d’un pain peut prolonger la vie, c’est manifestement une atteinte à la propriété d’un homme, mais il serait injuste de considérer cette action comme un vol ordinaire. Si l’on ne permettait pas à l’homme dont la vie est menacée d’agir de la sorte, on le considérerait comme privé de droits, et on nierait sa liberté en lui refusant le droit de vivre… C’est pourquoi seule la nécessité du présent peut justifier une action contraire au droit, car, si l’on s’abstenait de faire cette action contraire au droit, ce serait une injustice plus grave encore qui serait commise, la négation totale de l’existence empirique de la liberté » (additif au § 127 des Principes de la philosophie du droit).
  • [10]
    F. Gauthier, in Permanences de la Révolution, op. cit., p. 44. Sur la question des « subsistances », cf. S. Petersen, « Die Wurzein des revolutionären Dirigismus », in Französische Revolution und Politische Okonomie, Schriften aus dem Karl-Marx-Haus, Nr 41, Trier, 1989.

Le peuple, donc, « cette multitude d’hommes dont je défends la cause » (avril 1791), et ses droits : toutes les interventions de Robespierre à la Constituante n’ont eu d’autre but que de les affirmer et de proposer leur constante extension, celle-là même de la démocratie. À en juger par la modicité des succès qu’il obtint, on mesure la force des résistances auxquelles il se heurta. Le peuple, en tout cas, en eut connaissance et lui en sut gré, qui l’ovationna, ainsi que Pétion, le 30 septembre. J’en rappelle pour leur cohérence, à la fois politique et philosophique et en laissant le plus possible la parole aux textes, les principales étapes.
Dès le 20 juillet 1789, Robespierre prononce la première de ses quelque 200 interventions. Il s’oppose à la proposition de Lally-Tollendal de faire appel à la force armée pour réprimer tout mouvement populaire : « Si l’on déclare rebelles les citoyens qui se sont armés pour notre salut, qui repoussera ces tentatives contre la liberté ? » Le 21 octobre, il est l’un des rares à s’élever contre le vote de la loi martiale, à la suite de la marche sur Versailles des femmes de Paris. « On demande des soldats ! Et n’est-ce pas dire : le peuple se révolte, demande du pain, nous n’en avons pas, il faut l’immoler ? L’un demande une loi martiale, et qui l’exécutera ? Sera-ce des soldats-citoyens ? Vont-ils tremper leurs mains dans le sang de leurs frères dont ils partagent les maux ? Non ! »
Le 21 septembre, lors de la discussion sur le gouvernement (monarchique) qui suit le vote de la Déclaration des droits, se pose la question de la nature du veto royal (absolu : Mirabeau ; suspensif : Barnave)…


Date de mise en ligne : 24/08/2021

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