« De ma plainte jaillissent aussi les brins du rire. »
- Par Robert Schindel
Pages 311 à 322
Citer ce chapitre
- SCHINDEL, Robert,
- LAUTERWEIN, Andréa
- et STRAUSS-HIVA, Colette,
- Schindel, Robert.
- Schindel, R.
- A. Lauterwein
- et C. Strauss-Hiva
https://doi.org/10.3917/ecla.laute.2009.01.0311
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- Schindel, R.
- A. Lauterwein
- et C. Strauss-Hiva
- Schindel, Robert.
- SCHINDEL, Robert,
- LAUTERWEIN, Andréa
- et STRAUSS-HIVA, Colette,
https://doi.org/10.3917/ecla.laute.2009.01.0311
Notes
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[1]
Allusion au film de Dani Levy où Hitler est présenté comme une victime de la « pédagogie noire » que décrit Alice Miller. Voir entretien avec Dani Levy en p. 337-348, en particulier p. 339 note 4.
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[2]
Allusion au roman de Jurek Becker, adapté au cinéma par Frank Beyer en RDA (1974) et par Peter Kassovitz aux USA (1999), voir ici, p. 210, note 3.
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[3]
Gebürtig, réalisation de Lukas Stepanik et de Robert Schindel d’après le roman de Robert Schindel, scénario de Georg Stefan Troller, Robert Schindel, Lukas Stepanik (2001). Voir les précisions apportées par Béatrice Gonzalés-Vangell sur cette scène en p. 302-303.
-
[4]
Le producteur Artur Brauner, né en 1918 à Lodz, caché en Union soviétique pendant la guerre, fonda les studios Cinema Central Compagnie en 1946 à Berlin. Après avoir produit de nombreux films grand public (entre autres sur Karl May et les Nibelungen) dans les années 1950 et 1960, il consacra presque l’ensemble de ses productions à la mémoire de la Shoah, dont les plus connues sont Hanussen (1987) d’István Szabó (avec Klaus Maria Brandauer), Hitlerjunge Salomon (1990) d’Agnieszka Holland (avec Marco Hofschneider et Julie Delpy) et Babij Jar – Das vergessene Verbrechen (2002) (avec Michael Degen).
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[5]
Allusion à deux grands ouvrages qui présentent la Guerre de Trente ans comme le début du Sonderweg allemand (1618-1648) : Deutschland : Die verspätete Nation [Allemagne, une nation en retard] de Helmuth Plessner (1892-1985) (écrit en 1935, publié en 1959) et Studien über die Deutschen (1989) [Etudes sur les Allemands] de Norbert Elias (1897-1990).
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[6]
Aman, vizir d’Assuérus, avait planifié l’extermination des Juifs (Livre d’Esther) ; la délivrance des Juifs est commémorée par la fête de Pourim.
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[7]
Né à Tel Aviv en 1939, Joshua Sobol est un dramaturge israélien dont les pièces sont à la fois appréciées et controversées (surtout, en 1988, Le syndrome de Jérusalem, en Israël). The soul of a Jew [La dernière nuit d’Otto Weininger] (1982) marque le véritable début de sa renommée internationale. Depuis sa création à Haïfa en 1984, Ghetto a été montée sur une quinzaine de scènes internationales (en particulier à Berlin, mise en scène par Peter Zadek sous forme de comédie musicale dans laquelle se sont illustrés en particulier la chanteuse israélienne Esther Ofarim, le clarinettiste Giora Feidman et le célèbre acteur allemand Ulrich Tukur). Parallèlement à la mise en scène du destin des Juifs du ghetto de Vilnius sous l’occupation allemande, la confrontation entre Hermann Kruk, intellectuel juif bundiste, et Jacob Gens, commandant du camp et proche de Jabotinsky (leader de l’aile droite du mouvement sioniste) peut se lire comme une parabole de la scène politique israélienne des années 80. La pièce a donné matière à un film, en 2006. En tant que metteur en scène, Joshua Sobol a monté notamment Le Marchand de Venise (Shakespeare) et Les Variations Goldberg (George Tabori).
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[8]
Allusion à l’ouvrage de référence de Doron Rabinovici, Instanzen der Ohnmacht. Wien 1938-1945. Der Weg zum Judenrat, Francfort/Main, Jüdischer Verlag, 2001.
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[9]
Le rabbin Benjamin Murmelstein (1905-1993), administrateur du secteur « Emigration » au sein de la Communauté juive de Vienne, fut un collaborateur direct d’Eichmann. Claude Lanzmann a réalisé une interview filmée de 11 heures avec lui (qui n’apparaît pas dans Shoah).
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[10]
Mot yiddish, de l’hébreu « shamash », « serviteur ». En Europe de l’Est, le shammes veillait à la propreté et au bon fonctionnement de la synagogue. Il réveillait les membres de la communauté dans le shtetl, les appelait à la prière, annonçait le coucher du soleil et les heures du shabbat (souvent en se servant d’une trompette).
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[12]
Le poète et essayiste Peter Rühmkorf (1929-2008) eut une très grande influence sur la littérature engagée de l’après-guerre en Allemagne, notamment par ses parodies et ses persiflages des formes poétiques convenues, dans lesquelles il combine avec virtuosité les différents registres langagiers. Aucun de ses recueils ne fut traduit en français. Wolf Biermann est né à Hambourg en 1936. Son père, un résistant juif, fut assassiné en 1943 à Auschwitz. Auteur, compositeur et interprète, Biermann s’installe en RDA à 17 ans où il travaille d’abord au Berliner Ensemble et rencontre Hanns Eisler. Interdit de représentation et de publication en RDA dès 1963, il publie et enregistre ses disques en RFA ; ses œuvres marquées par une « solidarité critique » vis-à-vis du régime Honnecker, circulent sous le manteau en RDA. Déchu de la nationalité est-allemande et expulsé en 1976, il s’installera à l’Ouest. Dernière parution en français : Seul celui qui change reste fidèle à lui-même : Huit discours sur l’Allemagne, trad. Marie-Claude Deshayes-Rodriguez, Paris, Syllepses, 2003.
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[13]
Première strophe du poème Strette [Engführung] de Paul Celan, traduite par Jean-Pierre Lefebvre (in : Paul Celan, Choix de poèmes réunis par l’auteur, Paris, Gallimard, 1998, p. 155).
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[14]
Nachthalm (Für Paul Celan). Robert Schindel, Ohneland, Francfort/Main, Suhrkamp, 1986, p. 98 : « Auch ich bin angekommen im Schweigeexil / Meine Klage aber irrt noch umher unterm Schatten / Des Nachthalms. Einer lacht, einer lacht halbe. / Auch meine Klage allerweil stülpt Lachhalme aus ».
Peut-on encore rire après la Shoah ?
Bien évidemment. On voit rire beaucoup de gens, et même des Juifs. Poser cette question revient à se demander si on peut encore vivre après la Shoah. Si on peut vivre, on peut aussi rire et inversement.Certains artistes antifascistes se sont servis de la satire pour attaquer Hitler. Est-ce encore possible aujourd’hui ?
Cela dépend comment. Quand c’est mal fait, c’est gênant. Quand c’est bien fait, c’est d’autant plus efficace. Question de forme.Qu’est-ce qui serait, par exemple, « mal fait » ?
À faire d’Hitler un psychopathe, comme dans Mon Führer, on risque de minimiser les faits. Certains disent aussi : « Si on lui avait donné plus de Lithium, il ne serait pas devenu maniaco-dépressif, et les Juifs n’auraient pas été persécutés. » C’est « mal fait » quand les actes monstrueux sont minimisées. C’est « bien fait » quand on travaille comme George Tabori, par exemple.
Il existe sans doute des exemples de minimisation involontaire bien plus évidents que Mon Führer, avec le comique Helge Schneider dans le rôle d’Hitler, mais ce film montre que cela peut mal se passer. Comme d’ailleurs avec toute œuvre d’art quand elle est presque bonne. Je veux dire : quand elle a de l’ambition, et que certaines cho-ses sonnent faux, c’est presque encore plus désagréable que quand elle n’en a pas. Voilà pourquoi les œuvres ambitieuses qui se confrontent à la Shoah ou au national-socialisme sont aussi les plus exposées.
Je ne suis pas un grand fan de Benigni, mais on ne peut pas dire que son film soit un échec…
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