Préface
Pages I à VI
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- ESPITALLIER, Jean-Michel,
- JEANCOLAS, Claude,
- Espitallier, Jean-Michel.
- Espitallier, J.-M.
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- Espitallier, J.-M.
- Espitallier, Jean-Michel.
- ESPITALLIER, Jean-Michel,
- JEANCOLAS, Claude,
Silhouette longiligne, jambes effilées qui semblent actionner un pas décidé, une cadence régulière, visage porté vers l’avant, vers l’en-avant, L’homme qui marche, c’est Arthur Rimbaud. Comment ne pas voir en effet dans la célèbre sculpture d’Alberto Giacometti celui que Verlaine appelait « l’homme aux semelles de vent » – ou « devant », selon l’heureux détournement qu’en fit Ipoustéguy ? Contrebandier en herbe jonglant sur la frontière franco-belge à la barbe des douaniers, fugueur de 16 ans en route pour Paris, quadrillant Londres avec Verlaine ou Germain Nouveau, dans son ascension du Saint-Gothard et ses traversées de l’Europe pour rejoindre… quoi au juste ?, menant ses caravanes de chameaux sur les pistes africaines, explorant les confins de l’Abyssinie, Rimbaud est cet homme qui marche. Cet homme en marche. La réinvention du mouvement perpétuel. L’arpentage du monde en allers-retours, zigzags, fuites et cavales, exils et départs. Un élan. Une cartographie qu’il corrige, chiffonne, redessine, au gré de ses désirs, de ses errances, de ses pertes. Bruxelles, Paris, Londres, Stuttgart, Gênes, Stockholm, Marseille, Chypre, Java, Aden, Le Caire, Harar, Zeilah, la mer Rouge, Rimbaud est partout. Partout partant. Toujours ailleurs. Poussé par un appétit de là-bas autant que par une peur de l’ennui auquel il tentera d’échapper sa vie durant – sans jamais y parvenir –, avec l’intuition que l’ennui est l’ennemi numéro un, le briseur d’énergie. Son feu intérieur, son ambition démesurée (qu’il plaça d’abord dan…
Date de mise en ligne : 22/05/2026
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