I. Votre cœur l’a compris ces enfants sont sans père
Janvier 1854 - Juin 1860
- Par Claude Jeancolas
Pages 7 à 25
Citer ce chapitre
- JEANCOLAS, Claude,
- Jeancolas, Claude.
- Jeancolas, C.
Citer ce chapitre
- Jeancolas, C.
- Jeancolas, Claude.
- JEANCOLAS, Claude,
Alors en casernement à Lyon, le capitaine Rimbaud apprit la naissance de son premier enfant, Frédéric, le 2 novembre 1853, par une dépêche qui lui parvint quelques jours plus tard. Très fier de ce fils qui portait non seulement son nom mais aussi, selon la tradition, son prénom, il fêta certainement l’événement au mess des officiers puis, joyeux, avait préparé son paquetage pour rejoindre cette famille toute neuve à Charleville.
Charleville en hiver ; pluies glaciales sur les toits d’ardoises, brouillards qui, des jours entiers, ne quittent pas les bords de la Meuse et empêchent le soleil et le ciel bleu ; le froid surtout, pénétrant, qui n’invite pas aux longues promenades, la neige souvent. Passé les premiers jours, les joies des retrouvailles et de la découverte du nouveau-né, Frédéric Rimbaud père ne tarda pas à s’ennuyer ferme. Jamais il n’avait passé autant de temps, oisif, auprès de sa jeune femme : jamais il n’avait été aussi sédentaire dans Charleville avec cette impression obsédante d’inutilité que le désœuvrement provoque chez l’homme d’action. Il avait rendu visite à d’anciennes connaissances des casernes de Mézières et de la préfecture. Il avait traîné ses lassitudes dans tous les cafés de la ville. Il supporta de moins en moins les velléités autoritaires de sa femme, ses remarques, voire ses remontrances. Quant à pouponner, ce n’était pas son genre. Il attendait avec une impatience, allégée parfois de quelques colères libératrices, cette mi-janvier où il rejoindrait son régiment, le 4…
Date de mise en ligne : 22/05/2026
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
26,99 €