XXIII. Cris, larmes, exigences extrêmes
Mai – Juillet 1873
- Par Claude Jeancolas
Pages 463 à 481
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- JEANCOLAS, Claude,
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- Jeancolas, C.
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Notes
À le voir si fébrile et agité, Vitalie avait vite compris qu’elle devait lâcher du lest. Elle accepta qu’il retrouve Delahaye de temps en temps à Charleville, et même Verlaine à Sugny ou à Bouillon. Elle lui donnait l’argent nécessaire aux voyages et aux repas. Rimbaud s’échappait ainsi de Roche et plus encore de lui-même. Sugny, côté belge, se trouve face à Gespunsart, le village de sa première enfance et puis de ses jeux de contrebande. Il n’y avait qu’une auberge à l’orée du village, légèrement à l’écart sous les tilleuls, c’était un repère de trafiquants dénommé Le Pré Pierret. Bouillon, plus à l’est, s’est greffé sur la Semoy : sur un flanc le château fort de Godefroy, héros des croisades, sur l’autre versant, en face, quelques étroites ruelles pavées et pentues bordées de petites maisons aux toits d’ardoise, derrière, rejoignant la crête, des jardins potagers. Deux hôtels : l’Hôtel de la Poste qui avait accueilli Napoléon III en route pour la prison et l’exil, et l’Hôtel des Ardennes, plus accessible. Delahaye participait à ces agapes et raconterait de ces déjeuners à l’Hôtel de la Poste. D’Attigny il fallait rejoindre Sedan. Là, sur la place de Turenne, devant un marchand de tabac, on prenait pour 40 sous une malle brinquebalante qui vous « transportait vigoureusement jusqu’en Belgique » et à Bouillon.
Quels défoulements ces échappées ! Conversations littéraires, collégiennes, bonne chère, bon vin. L’après-midi, on visitait quelques auberges pour goûter toutes les bonnes bières du pays…
Date de mise en ligne : 22/05/2026
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