XV. Au pinacle, et si vite aux gémonies
Octobre 1871
- Par Claude Jeancolas
Pages 327 à 342
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- JEANCOLAS, Claude,
- Jeancolas, Claude.
- Jeancolas, C.
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Un après-midi de ce même octobre 1871, on se rendit sur le versant sud de la butte Montmartre, au 10 de la rue Notre-Dame-de-Lorette, juste derrière l’église. Deux ans plus tôt, Étienne Carjat avait établi là son nouvel atelier photographique. C’était tout autre chose que les photographes de province, un véritable atelier avec ses verrières et ses grands rideaux noirs qui permettaient de modifier les lumières et puis un bric-à-brac au laisser-aller savant. Au centre le pied avec ses rails, ses crémaillères et ses rouages, surmonté de la boîte avec son objectif et son grand voile noir. Carjat, après la lettre de Valade, avait dû rencontrer Rimbaud et décidé de faire le portrait de ce garçon apparemment destiné à la célébrité. Il savait le modèle d’un caractère difficile, mais il vit très vite, car c’était son métier, que ces iris-là, si bleus, avec leurs cernes presque violets qui les dessinaient, auraient une présence extraordinaire dans sa photographie. Il comprit aussi que ce grand garçon poussé trop vite était bien mal à l’aise dans son nouveau corps et qu’il valait donc mieux ne pas le photographier en pieds. Pour l’apprivoiser, Carjat lui expliqua la technique, l’appareil, la lumière. Il dit probablement qu’il avait créé un hebdomadaire culturel Le Boulevard où avaient écrit Baudelaire, Daudet, Banville… et qui l’avait conduit à la ruine. Il était aussi caricaturiste à ses heures, poète, journaliste, auteur de théâtre. Il était plus âgé que les autres amis de Verlaine. Il avait quarante-trois ans et sa moustache lissée et sa barbiche en pointe à la Napoléon III lu…
Date de mise en ligne : 22/05/2026
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