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1. Richelieu, les légendes, la fiction et l’histoire

Pages 181 à 195

Citer ce chapitre


  • D’Albis, C.
(2012). 1. Richelieu, les légendes, la fiction et l’histoire. Richelieu : L'essor d'un nouvel équilibre européen (p. 181-195). Armand Colin. https://shs.cairn.info/richelieu--9782200249090-page-181?lang=fr.

  • D’Albis, Cécile.
« 1. Richelieu, les légendes, la fiction et l’histoire ». Richelieu L'essor d'un nouvel équilibre européen, Armand Colin, 2012. p.181-195. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/richelieu--9782200249090-page-181?lang=fr.

  • D’ALBIS, Cécile,
2012. 1. Richelieu, les légendes, la fiction et l’histoire. In :
  • D' ALBIS, Cécile
  • et D’ALBIS, Cécile,
Richelieu L'essor d'un nouvel équilibre européen. Paris : Armand Colin. Nouvelles biographies historiques, p.181-195. URL : https://shs.cairn.info/richelieu--9782200249090-page-181?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Christian Jouhaud, La main de Richelieu ou le pouvoir cardinal, op. cit.
  • [2]
    L’agencement du château et du parc nous sont connus par les descriptions des voyageurs et les gravures de Pérelle, Marot et Silvestre et un guide, Le Château de Richelieu (Saumur, 1676), établi par Benjamin Vignier, le concierge du château, à l’époque où le château devenu célèbre accueillit des visiteurs prestigieux. Voir Marie‐Pierre Terrien, Philippe Dien, Le château de Richelieu, xviie‐xviiie siècle, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2004.
  • [3]
    Geneviève Bresc‐Bautier, « Le tombeau du cardinal de Richelieu », in La Sorbonne en musée, ses chefs‐ d’œuvres, Paris, RMN, 2007.
  • [4]
    Émile Duhousset, « Description de la face momifiée de Richelieu », Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, t. 1, 1866. p. 699‐700.
  • [5]
    Cit. Giuliano Ferretti, « Élites et peuples à Paris, 1642‐1650. La naissance de l’historiographie sur Richelieu », Nouvelles de la République des Lettres, 1997/1, p. 114.
  • [6]
    William F. Church, Richelieu and Reason of State, Princeton, Princeton University Press, 1972. Laurent Avezou, « La légende de Richelieu. Richelieu et la postérité », in Jean‐Claude Boyer et alii (dirs.), Richelieu patron des arts, op. cit., p. 521‐543.
  • [7]
    Pierre Dupuy, Mémoires et instructions pour servir à justifier l’innocence de Messire François Auguste de Thou, Paris, 1734. Voir Jérôme Delatour, « Les armes en main et les larmes aux yeux. Le procès de Cinq‐Mars et de Thou », in Yves‐Marie Bercé, Les procès politiques, XIVe‐xviie siècles, Rome, École française de Rome, 2003, p. 351‐393.
  • [8]
    Laurent Avezou, « Le tombeau littéraire de Richelieu. Genèse d’une héroïsation », Hypothèses, 2001/1, p. 181‐190.
  • [9]
    La difficulté polémique à faire l’histoire du règne de Louis XIII explique l’abandon de plusieurs projets comme le fait que les Mémoires de Richelieu ne seront pas publiés avant 1823. La biographie commandée par la duchesse d’Aiguillon à l’évêque Charles Vialart de Saint‐Paul, qui paraît en 1650 (Histoire du Ministère d’Armand Jean Du Plessis cardinal duc de Richelieu : sous le regne de Louis Le Juste), qui souligne trop fortement le manque de continuité entre le règne de Richelieu et celui de Mazarin, est finalement interdite par le parlement à la demande de la duchesse.
  • [10]
    Des mensonges imprimés et du testament politique du cardinal de Richelieu (1749‐1750).
  • [11]
    Montesquieu, Pensées diverses, in Œuvres complètes de Montesquieu, Paris, Garnier‐Frères, 1879, t. 7, p. 166.
  • [12]
    Gédéon Tallemant des Réaux, Historiettes, op. cit. Henri‐Auguste de Loménie de Brienne, Mémoires contenant les évènements les plus remarquables du règne de Louis XIII et de celui de Louis XIV jusqu’à la mort du cardinal Mazarin, composés pour l’instruction de ses enfants, Paris, 1838. Voir les recherches de Laurent Avezou, notamment « Le Rouge et le Noir. Richelieu personnage littéraire », Annuaire‐Bulletin de la Société de l’histoire de France, 2002, p. 55‐75.
  • [13]
    Jean‐Christophe Abramovici, « “On a sans doute reconnu Cinq‐Mars” Vigny, le corps et l’histoire », Romantisme, 1993/81, p. 21‐26. Après le théâtre, le roman est adapté à l’opéra par Gounod en 1877.
  • [14]
    Laurent Avezou, Raconter la France. Histoire d’une histoire, Paris, Armand Colin, 2008.
  • [15]
    La démocratie en Amérique (1840 et 1845). L’Ancien Régime et la révolution (1856).
  • [16]
    Leopold von Ranke, Histoire de France principalement pendant le xvie et le xviie siècle, 3 t., Paris, 1854‐1856.
  • [17]
    Jules Michelet, Histoire de France. XI. Henri IV et Richelieu, Paris, éd. des Équateurs DL, 2008.
  • [18]
    Brigitte Krulic, « Lectures républicaines de la Raison d’État : l’affaire Dreyfus », in B. Krulic (éd.), Raison(s) d’État(s) en Europe : Traditions, usages, recompositions, Berne, Peter Lang, 2010, p. 105‐125.
  • [19]
    Signe de l’importance des perceptions symboliques dans l’analyse du grand homme, l’hypertrophie cérébrale de Richelieu est évoquée pour la dernière fois dans la biographie d’Auguste Bailly (Richelieu, Paris, Librairie Arthème Fayard, 1936).
  • [20]
    Musée d’Orbigny Bernon, La Rochelle.
  • [21]
    Jean Giraudoux, Pleins pouvoirs, 1939.
  • [22]
    Texte de l’une des bulles écrites en janvier 1969 sur le portrait de Richelieu par Philippe de Champaigne appartenant au rectorat de la Sorbonne par les étudiants révoltés.
  • [23]
    Ariel Colomonos, « La froideur du regard impassible des États », Communications, 2004/75, p. 75‐90. Dans le dossier de presse de l’exposition organisée au printemps 2011 à Richelieu, le cardinal apparaît simplement comme « l’un des plus grands collectionneurs de son temps » : Richelieu à Richelieu, 11 mars‐12 juin 2011, Musées des Beaux Arts de Tours et d’Orléans et Musée municipal de Richelieu. Catalogue : Richelieu à Richelieu. Architecture et décors d’un château disparu, Silvana Editoriale, 2011.

L’héritage de Richelieu est peut‐être l’un des plus discutés de l’histoire de France. Ministre d’une guerre longue, dont la France sort victorieuse, mais épuisée, en 1659, Richelieu est l’homme d’État de la répression et de l’urgence. Mais il est aussi l’initiateur de la gloire guerrière et de la puissance territoriale de la France, associées à un régime fort et centralisé, dont Louis XIV accomplira l’âge d’or. Progressivement, une véritable vulgate se met en place, qui raconte le personnage sous des traits antinomiques. Richelieu devient un terrifiant personnage qui, d’une main de fer, a réussi à donner à la France la première place en Europe. Il a aussi établi ses frontières modernes et permis la paix. À l’origine du développement des colonies, ordonnateur de la supériorité maritime, etc., le grand ministre devient à la fois exemple et repoussoir d’une pratique politique désolidarisée de la morale.
En dépit de la présence continue du personnage dans les réflexions politiques, la fiction ou la topographie françaises, la disparition de la plupart des traces matérielles de Richelieu semble obéir à une sorte de logique implacable. C’est pourtant l’effet des aléas de la fortune de sa famille et du fait qu’il n’ait pas eu de descendance directe. La plupart de ses biens sont légués par son testament au roi (comme le Palais‐Cardinal) et à son petit‐neveu, qui hérite de son nom et de ses titres. Sa nièce, la duchesse d’Aiguillon, son exécuteur testamentaire, semble surtout absorbée après la mort de son oncle par la nécessité de défendre sa réputation et n’a guère le loisir de se préoccuper de ses collections et de ses papiers, dont le cardinal n’a pas spécifié la destination…


Date de mise en ligne : 13/05/2022

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