Vedel-Bonnéry Audrey, La Voix de la France : BBC, une radio en guerre, Paris, Éd. Vendémiaire, 2017, 156 p., 17 €
- Par Raphaële Balu
Page XIII
Citer cet article
- BALU, Raphaële,
- Balu, Raphaële.
- Balu, R.
https://doi.org/10.3917/ving.137.0205m
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Notes
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[7]
Jean-Louis Crémieux-Brilhac, « Radio et information au maquis », in Colloque sur les maquis, Paris, Institut d’histoire des conflits contemporains, 1986, p. 123-133 ; id., « Les émissions françaises à la BBC pendant la guerre », Revue d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1, novembre 1950, p. 73-94 ; id., Ici Londres : les voix de la liberté, Paris, La Documentation française, 1975, 5 vol.
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[8]
Aurélie Luneau, Radio Londres : les voix de la liberté, 1940-1944, Paris, Perrin, 2005.
1 Sujet fascinant de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, la BBC a peu retenu l’attention des historiens français jusqu’à récemment. L’historien et ancien secrétaire du comité de propagande de la France libre Jean-Louis Crémieux-Brilhac en avait pourtant montré tout l’intérêt et mis à disposition du public une partie des archives en publiant les textes des émissions françaises de la BBC [7]. Il a fallu attendre le travail d’Aurélie Luneau pour que l’historiographie française se dote d’un ouvrage consacré aux ondes interdites les plus écoutées dans l’Hexagone, démontrant leur rôle fondamental d’interface entre France occupée, France libre et Alliés [8].
2 Audrey Vedel-Bonnéry s’intéresse quant à elle à l’ordre du discours londonien, pour « découvrir les raisons à l’origine des actes et des mots qui fondent une politique étrangère et des discours à portée internationale » (p. 7), entre 1938 et la fin de 1944. « La voix de la France », c’est à la fois le discours de la BBC sur la France, le discours de la BBC destiné aux Français et les temps d’antenne progressivement accordés à la France libre. L’auteure montre que cette radio aux ambitions de diffusion nationale, impériale et internationale connut une pression politique croissante dès avant l’installation de la censure de guerre (p. 9-25).
3 Elle évoque l’orchestration d’une propagande célébrant, des deux côtés de la Manche, la France alliée d’avant la défaite, dans une tension permanente entre conquête des opinions et volonté de préserver la fiabilité de l’information (p. 27-58). Avec le renversement des alliances vient le changement de ton : c’est ensuite la France libre que la BBC met à l’honneur, au prix parfois d’affrontements diplomatiques, dans une veine antivichyste qui s’affirme au fil de la guerre (p. 59-117), jusqu’à la Libération (p. 119-128), l’usage militaire des ondes demeurant toutefois dans l’ombre.
4 Si on découvre avec plaisir de nombreuses citations d’archives (britanniques et dans une moindre mesure françaises) replacées dans le large contexte de l’Europe en guerre, on reste un peu sur sa faim à la lecture de cet ouvrage : pour en savoir plus sur la méthodologie, la nature des sources, la bibliographie et la filiation historiographique, il faudra se tourner vers la thèse de doctorat de l’auteure, dont ce livre est issu.
5 Raphaële Balu