Compte rendu

Bodin Michel, Les Africains dans la guerre d’Indochine 1947-1954, Paris, L’Harmattan, 2000, 240 p. (coll. « Recherches Asiatiques »), 140 F., 21,34 €

Pages 128n à 150n

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  • Rousseau, S.
(2001). Bodin Michel, Les Africains dans la guerre d’Indochine 1947-1954, Paris, L’Harmattan, 2000, 240 p. (coll. « Recherches Asiatiques »), 140 F., 21,34 € Vingtième Siècle. Revue d'histoire, no 71(3), 128n-150n. https://doi.org/10.3917/ving.071.0128n.

  • Rousseau, Sabine.
« Bodin Michel, Les Africains dans la guerre d’Indochine 1947-1954, Paris, L’Harmattan, 2000, 240 p. (coll. “Recherches Asiatiques”), 140 F., 21,34 € ». Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2001/3 no 71, 2001. p.128n-150n. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2001-3-page-128n?lang=fr.

  • ROUSSEAU, Sabine,
2001. Bodin Michel, Les Africains dans la guerre d’Indochine 1947-1954, Paris, L’Harmattan, 2000, 240 p. (coll. « Recherches Asiatiques »), 140 F., 21,34 € Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2001/3 no 71, p.128n-150n. DOI : 10.3917/ving.071.0128n. URL : https://shs.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2001-3-page-128n?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ving.071.0128n


1 C’est aux 200 000 combattants originaires du Maghreb et d’Afrique noire qui ont combattu pour la France en Indochine entre 1947 et 1954 – ils ont représenté jusqu’à 43,5 % des forces terrestres en 1954 – que Michel Bodin s’intéresse dans cet ouvrage. Il étudie leur vie quotidienne, depuis la préparation militaire jusqu’au contact avec le pays et la guerre, et montre combien les conditions matérielles influent sur l’état d’esprit (« ensemble des réactions qui découlent de la vie quotidienne », p. 89) et le moral des hommes (« ensemble des qualités qui donnent la volonté de bien se battre », ibid.). Confrontés à la guerre révolutionnaire et à la propagande du Vietminh, les soldats d’Afrique furent-ils sensibles au discours anti-colonialiste ? La participation de soldats africains à la guerre d’Indochine a-t-elle favorisé l’évolution des mentalités des « colonisés » ? Un des mérites de ce livre est de faire le lien entre les deux vagues de décolonisation, asiatique et africaine, en posant ces questions essentielles auxquelles l’auteur apporte des réponses nuancées et prudentes eu égard aux sources dont il a pu disposer : les rapports et les témoignages des cadres militaires français. Il conclut que les Maghrébins ont été plus sensibles que les « Sénégalais », assez indifférents, à l’éveil des sentiments nationalistes, surtout à partir de 1952-1953, et plus encore après Dien Bien Phu, ce qui fit craindre à l’État-major de voir se développer, au retour, « une mentalité de fellaghas » (p. 222). Ce qui reste à évaluer, ainsi que le colloque international sur La guerre d’Algérie au miroir des décolonisations françaises (tenu en l’honneur de C.-R. Ageron à la Sorbonne en novembre 2000) nous y invite.

2 Sabine Rousseau


Date de mise en ligne : 01/12/2005

https://doi.org/10.3917/ving.071.0128n