Article de revue

Gensburger Sarah et Truc Gérôme (dir.), Les Mémoriaux du 13 novembre, Paris, Éditions de l’EHESS, 2020, 286 p., 19,80 €

Pages 263 à 264

Citer cet article


  • Van Eeckenrode, M.
(2022). Gensburger Sarah et Truc Gérôme (dir.), Les Mémoriaux du 13 novembre, Paris, Éditions de l’EHESS, 2020, 286 p., 19,80 € 20 & 21. Revue d'histoire, 156(4), 263-264. https://doi.org/10.3917/vin.156.0263.

  • Van Eeckenrode, Marie.
« Gensburger Sarah et Truc Gérôme (dir.), Les Mémoriaux du 13 novembre, Paris, Éditions de l’EHESS, 2020, 286 p., 19,80 € ». 20 & 21. Revue d'histoire, 2022/4 N° 156, 2022. p.263-264. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-vingt-et-vingt-et-un-revue-d-histoire-2022-4-page-263?lang=fr.

  • VAN EECKENRODE, Marie,
2022. Gensburger Sarah et Truc Gérôme (dir.), Les Mémoriaux du 13 novembre, Paris, Éditions de l’EHESS, 2020, 286 p., 19,80 € 20 & 21. Revue d'histoire, 2022/4 N° 156, p.263-264. DOI : 10.3917/vin.156.0263. URL : https://shs.cairn.info/revue-vingt-et-vingt-et-un-revue-d-histoire-2022-4-page-263?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/vin.156.0263


1 Ce beau petit volume a pour objet les mémoriaux, lieux de convergence où messages, bougies et prières sont déposés après les attentats perpétrés à Paris en novembre 2015. Le plan de l’ouvrage suit la logique de constitution, de mise en archives et de valorisation des mémoriaux : leur élaboration progressive dans les rues de Paris, leur prise en main par les chercheurs, leur collecte par les archivistes et leur restitution au grand public, par exemple via les parcours muséaux. Les deux premiers chapitres posent un cadre et offrent une définition de ce que sont les mémoriaux (M. Bazin, « L’apparition des mémoriaux de rue après les attentats de 2015 » ; S. Antichan, « Les mémoriaux post-attentats et leurs publics »). Le chapitre 3 met en lumière toute la contradiction et la difficulté du travail de pérennisation de ces mémoriaux éphémères par leur mise en archives (G. Nahon, « Collecter les petits papiers. Les Archives de la ville de Paris face à un travail inédit »). Le chapitre 4 nous invite à la lecture des messages déposés sur les mémoriaux, afin de mieux en comprendre les contenus (G. Truc, « Ce que disent les messages du 13 novembre »). Le chapitre 5 explore les registres de condoléances, autre type de sources nées des mêmes événements (H. Frouard, « Un monument de papier. Les registres de condoléances de la mairie du 11e arrondissement »). Le sixième et dernier chapitre étudie l’impact de la patrimonialisation des mémoriaux sur le temps long, en se penchant sur le rôle qu’ils peuvent jouer dans la commémoration des événements (S. Gensburger, « Rendre l’éphémère permanent. Vers un musée-mémorial »).

2 L’interdisciplinarité constitue une des grandes forces du livre qui réunit de nombreux spécialistes de la question (sociologues, spécialiste des sciences de l’information et de la communication, politologues, historienne et journaliste), mais également des archivistes qui ont pérennisé ces monuments éphémères. Les auteurs ont travaillé les uns avec les autres, comme l’atteste l’introduction, et leurs contributions « font système ». L’équipe réussit le pari de produire un ouvrage scientifique qui, par sa pédagogie et l’intelligence de sa construction, est accessible à un public de non-spécialistes ; un livre-objet également, qui constitue en lui-même un mémorial grâce à sa richesse iconographique (plus de 400 photographies) et sa mise en page. Les articles scientifiques sont ponctués de petits encadrés et de portfolios (séries de photographies) qui éclairent certains aspects plus spécifiques de la thématique (événement, type d’objet, initiative, travail archivistique, exposition, etc.). Une bibliographie sélective renvoie à la littérature internationale autour des mémoriaux éphémères tandis qu’une – très utile – liste des fonds d’archives renseigne le chercheur sur les ensembles archivistiques relatifs aux attentats de 2015, conservés aux Archives de la Ville de Paris.

3 L’ouvrage, enfin, témoigne de la constitution de réseaux professionnels autour de la gestion et de l’étude des mémoriaux éphémères nés de la vague d’attentats qu’a connue l’Europe à cette période. On ne peut qu’espérer la publication d’un volume dans la même veine, qui confronterait le cas français aux pratiques de mémorialisation (et de la mise en archives/musée de celles-ci) constatées à l’étranger.


Date de mise en ligne : 15/09/2023

https://doi.org/10.3917/vin.156.0263