« L’Irlande est à Paris et elle frappe à la porte ! »
Les revendications indépendantistes irlandaises et la Conférence de la paix (janvier-juin 1919)
Pages 17 à 29
Citer cet article
- DESTENAY, Emmanuel,
- Destenay, Emmanuel.
- Destenay, E.
https://doi.org/10.3917/vin.147.0017
Citer cet article
- Destenay, E.
- Destenay, Emmanuel.
- DESTENAY, Emmanuel,
https://doi.org/10.3917/vin.147.0017
Notes
-
[1]
National Archives of Ireland, Department of Foreign Affairs (NAI, DFA, Dublin), Fonds Gavan Duffy, lettre de George G. Duffy à Cathal Brugha, 20 avril 1919.
-
[2]
Robert Kee, The Green Flag. A History of Irish Nationalism, Londres, Weidenfeld and Nicolson, 1972, p. 624.
-
[3]
Parti politique prônant une indépendance complète de l’Irlande et hostile à toute alliance avec la Grande-Bretagne, le Sinn Féin vise une totale séparation avec la Grande-Bretagne et se montre hostile à toute négociation avec le gouvernement britannique. Pendant la Première Guerre mondiale, ses représentants refusent de soutenir l’effort de guerre ainsi que l’union sacrée avec la Grande-Bretagne.
-
[4]
Francis Stewart Leland Lyons, Ireland since the Famine, Dublin, Fontana Press, 1973, p. 400.
-
[5]
Francis Stewart Leland Lyons, Ireland since the Famine, Dublin, Fontana Press, 1973, p. 410.
-
[6]
Charles Townshend, The British Campaign in Ireland, 1919-1921, Oxford, Oxford University Press, 1975, p. 40.
-
[7]
F. S. L. Lyons, Ireland since the Famine, op. cit., p. 400.
-
[8]
R. Kee, The Green Flag, op. cit., p. 651.
-
[9]
Brian Farrell, The Founding of Dáil Éireann, Dublin, Gill and Macmillan, 1971, p. 54.
-
[10]
Gerard Keown, First of the Small Nations. The Beginning of the Irish Foreign Policy in the Inter-War Years, 1919-1921, Oxford, Oxford University Press, 2016.
-
[11]
R. Kee, The Green Flag, op. cit., p. 635.
-
[12]
Membre fondateur du Sinn Féin en 1905, Seán Tomás Ó’Ceallaigh (1882-1966) participe à l’insurrection du 24 avril 1916. Après son arrestation, il parvient à s’échapper et à éviter la peine de mort. En décembre 1918, il est élu député de l’arrondissement de College Green à Dublin. En janvier 1919, il participe à la rédaction de la Constitution de la nouvelle République irlandaise. Il est ensuite envoyé à la Conférence de la paix de Paris comme représentant du Parlement irlandais afin de gagner le soutien des vainqueurs à la cause de l’indépendance irlandaise.
-
[13]
Pierre Joannon, Histoire de l’Irlande et des Irlandais, Paris, Perrin, 2005, p. 490.
-
[14]
F. S. L. Lyons, Ireland since the Famine, op. cit., p. 407.
-
[15]
Ibid.
-
[16]
R. Kee, The Green Flag, op. cit., p. 635.
-
[17]
NAI, DFA, Dublin, Correspondance de George G. Duffy, 115/15, lettre d’Arthur Griffith à George G. Duffy, 23 janvier 1919.
-
[18]
Après l’armistice, Woodrow Wilson nomme Herbert C. Hoover à la tête de l’Administration de l’aide américaine (American Relief Administration), une association créée en février 1919 par le Congrès américain dans le but d’acheminer des vivres à des millions d’affamés en Europe centrale.
-
[19]
NAI, DFA, Dublin, Fonds ES Paris 1919, lettre de Seán T. Ó’Ceallaigh à Cathal Brugha, 7 mars 1919.
-
[20]
P. Joannon, Histoire de l’Irlande et des Irlandais, op. cit., p. 474.
-
[21]
Gaelic American, 2 mars 1918.
-
[22]
Boston Globe, 4 mars 1918.
-
[23]
Établie en 1880 lors d’un rassemblement à Chicago en faveur de l’autonomie de l’Irlande, la Convention milite lors de la Conférence de la paix de Paris pour la reconnaissance et l’indépendance totale de l’Irlande. Elle rassemble tous les nationalistes irlandais ou d’origine irlandaise vivant aux États-Unis et entretient des liens politiques et économiques avec le parti politique Sinn Féin en Irlande.
-
[24]
Gaelic American, 20 mai 1918.
-
[25]
Statistics of Military Effort of the British Empire during the Great War, Londres, HMSO, 1922, p. 363.
-
[26]
David Fitzpatrick, « Militarism in Ireland, 1900-1922 », in Thomas Bartlett et Keith Jeffery (dir.), A Military History of Ireland, Cambridge, Cambridge University Press, 1995, p. 386.
-
[27]
University College Dublin Archives (UCDA, Dublin), Fonds Éamon de Valera, P150/96, lettre de Seán T. Ó’Ceallaigh à Georges Clemenceau, 22 février 1919.
-
[28]
Ibid.
-
[29]
NAI, DFA, Dublin, Fonds ES Paris 1919, lettre de Seán T. Ó’Ceallaigh à Cathal Brugha, 7 mars 1919.
-
[30]
Ibid.
-
[31]
Membre du Sinn Féin, George Gavan Duffy (1882-1951) remporte la circonscription sud du comté de Dublin lors des élections législatives de décembre 1918. Il est ensuite envoyé à Paris pour aider Seán T Ó’Ceallaigh dans sa quête de reconnaissance auprès des membres de la Conférence de la paix.
-
[32]
NAI, DFA, Dublin, Fonds ES Paris 1919, lettre de George G. Duffy à Cathal Brugha, 20 avril 1919.
-
[33]
Ibid., lettre de Seán T Ó’Ceallaigh et George G. Duffy à Clemenceau, 17 mai 1919.
-
[34]
Nom communément donné à la célèbre insurrection du 24 avril 1916 de Dublin.
-
[35]
NAI, DFA, Dublin, Fonds ES Paris 1919, lettre d’Éamon de Valera à la délégation irlandaise de Paris, 19 mai 1919.
-
[36]
Ibid.
-
[37]
Fondateur du Sinn Féin, Arthur Griffith (1871-1922) milite pour une indépendance culturelle et économique de l’Irlande sans recourir à la force armée. Il encourage les députés irlandais à ne plus siéger à Westminster et à fonder une assemblée constituante à Dublin. En mai 1918, alors qu’il se trouve en prison accusé de complot avec l’ennemi allemand, il remporte l’élection partielle de la circonscription est du comté de Cavan. En Janvier 1919, il participe à la rédaction de la Constitution et entre au gouvernement.
-
[38]
George Noble Plunkett (1851-1949) remporte l’élection partielle de la circonscription nord du comté de Roscommon en février 1917. Après sa victoire électorale, il entreprend de réorganiser complètement le parti politique Sinn Féin et convoque une Convention en avril 1917 dans le but de rassembler toutes les factions indépendantistes et de les unir dans un combat commun pour l’indépendance de l’Irlande. Il joue un rôle majeur dans le nouveau parti politique. En décembre 1918, il est réélu dans sa circonscription. Il participe à la rédaction de la Constitution irlandaise en janvier 1919 et obtient le portefeuille du ministère des Affaires étrangères.
-
[39]
Service historique de la défense, Direction de l’armée de terre (SHD, DAT, Vincennes), Fonds Clemenceau, 6N57, lettre d’Éamon de Valera, Arthur Griffith et de George Plunkett à Georges Clemenceau, 26 mai 1919.
-
[40]
SHD, DAT, Vincennes, Fonds Clemenceau, 6N57, Mémorandum à l’appui des revendications de l’Irlande à l’effet d’être reconnue comme État souverain et indépendant, envoyé par George G. Duffy et Seán T. Ó’Ceallaigh à Georges Clemenceau, 21 juin 1919.
-
[41]
Ibid., p. 1.
-
[42]
Ibid., p. 3.
-
[43]
Ibid., p. 2.
-
[44]
Ibid., p. 7.
-
[45]
NAI, DFA, Dublin, correspondance de George G. Duffy, 1125/13, lettre de Seán T. Ó’Ceallaigh à Dublin, 24 mai 1919.
-
[46]
SHD, DAT, Vincennes, Fonds Clemenceau, 6N57, lettre d’André Tardieu à l’ambassadeur américain à Paris, non datée (mai 1919 ?).
-
[47]
Ibid.
-
[48]
NAI, DFA, Dublin, Correspondance de George G. Duffy, 1125/13, lettre de Seán T. Ó’Ceallaigh à Dublin, 24 mai 1919.
-
[49]
NAI, DFA, Dublin, Rapport de la politique étrangère de Dáil Éireann, Dublin, 19 août 1919.
-
[50]
F. S. L. Lyons, Ireland since the Famine, op. it., p. 421.
-
[51]
Archives diplomatiques (France), ministère des Affaires étrangères, (AD, la Courneuve), 166PAAP/174, papiers d’André Tardieu, mission aux États-Unis, question irlandaise, (1918-1919), télégramme du 3 mars 1919.
-
[52]
P. Joannon, Histoire de l’Irlande et des Irlandais, op. cit., p. 475.
-
[53]
Gaelic American, 8 mars 1919 ; New York Times, 10 mars 1919.
-
[54]
Library of Congress (LC, Washington), Robert Lansing Papers, vol. 43, Notes of an interview of Secretary Lansing with Frank P. Wals, 6 juin 1919.
-
[55]
New York Public Library (NYPL, New York), Frank P. Walsh Papers, vol. 124, Diary of the American Commission on Irish Independence, 15 avril 1919.
-
[56]
Yale University Archives (YUL), New Heaven, Manuscript Collection, MS 466, Edward M. House Papers, lettre du colonel Edward M. House à Thomas Canfield, 21 avril 1919.
-
[57]
The Times, 5 mai 1919.
-
[58]
Ibid., 7 mai 1919.
-
[59]
Morning Post, 5 mai 1919.
-
[60]
YUL, MS 466, Edward M. House Papers, lettre de David Lloyd George au colonel House, 9 mai 1919.
-
[61]
New York Times, 14 mai 1919.
-
[62]
Hansard, Débats parlementaires, Chambre des communes, intervention de Ronald McNeill à la Chambre des communes, 14 mai 1919, cc. 1581.
-
[63]
Ibid., intervention de Bonar Law à la Chambre des communes, 14 mai 1919, cc. 1582.
-
[64]
Ibid., Chambre des lords, intervention de Lord Midleton à la Chambre des lords, 22 mai 1919, cc. 795-802.
-
[65]
Ibid., intervention de Lord Ashbourne à la Chambre des lords, 22 mai 1919, cc. 804.
-
[66]
Cette Commission (janvier-décembre 1919) participe aux négociations et apporte des conseils quant à la rédaction des traités de la paix. Ses membres, nommés directement par le président Wilson, comptent des historiens, des juristes et des diplomates.
-
[67]
Proposée par le sénateur républicain de l’Idaho William Borah (1865-1940), cette résolution entendait obliger les membres de la Conférence de la paix à octroyer une audition à la délégation irlandaise. L’idée était de contraindre le Conseil des Quatre, mais plus précisément le président américain, à recevoir les délégués irlandais.
-
[68]
NAI, DFA, Dublin, Fonds ES Paris 1919, lettre de Seán T. Ó’Ceallaigh à Dublin, 15 juin 1919.
-
[69]
Idem.
-
[70]
UCDA, Dublin, Fonds Éamon de Valera, P150/96, lettre d’Éamon de Valera à Arthur Griffith, 9 juillet 1919.
-
[71]
NAI, DFA, Dublin, Fonds ES Paris 1919, lettre de Seán T. Ó’Ceallaigh à Dublin, 15 juin 1919.
-
[72]
P. Joannon, Histoire de l’Irlande et des Irlandais, op. cit., p. 474.
-
[73]
Erez Manela, The Wilsonian Moment : Self-Determination and the International Origins of Anticolonial Nationalism, Oxford, Oxford University Press, 2009, p. 24.
-
[74]
Le Conseil des Quatre (Big Four) est le nom donné aux dirigeants des quatre grands pays allies à la fin de la Première Guerre mondiale, à savoir Woodrow Wilson (États-Unis), David Lloyd George (Royaume-Uni), Georges Clemenceau (France) et Vittorio Orlando (Italie).
-
[75]
NAI, DFA, Dublin, Fonds ES Paris 1919, lettre de Seán T. Ó’Ceallaigh à Dublin, 15 juin 1919.
-
[76]
P. Joannon, Histoire de l’Irlande et des Irlandais, op. cit., p. 476.
Peu de temps après leurs victoires électorales de décembre 1918, les députés irlandais du Sinn Féin mandatent plusieurs personnalités pour représenter les intérêts de l’Irlande à la Conférence de la paix à Paris. Les constituants voient dans les négociations qui se tiennent à Paris la solution diplomatique pour faire reconnaître la légitimité des élections et faire accéder l’Irlande au rang de nation. Ces derniers entendent peser dans le système international d’après-guerre et invoquent alors les principes dictés par le président américain pour contraindre les Britanniques à quitter le territoire. Les représentants du peuple irlandais cherchent une solution diplomatique et pacifique au différend qui les oppose désormais au gouvernement britannique.
- Irlande
- diplomatie
- Clemenceau
- Wilson
- Conférence de la paix
Mots-clés éditeurs : Clemenceau, Conférence de la paix, diplomatie, Irlande, Wilson
‘Ireland is in Paris and is knocking at the door !’
Ireland’s claims for self-determination and the Paris Peace Conference (January–June 1919)
Shortly after their electoral victory in the December 1918 general election, Sinn Féin mandated several delegates to represent Ireland at the Paris Peace Conference. Many constituents viewed the negotiations in Paris as a diplomatic means to obtain legitimacy and recognition for the Irish election, thus allowing Ireland to become a nation. Invoking several principles set down by the American president, Irish delegates attempted to force the British to leave the territory, with a view to Ireland becoming a player in the post-war international landscape. These delegates strove for a peaceful and diplomatic solution to the conflict that pitted them against the British government.
- Ireland
- diplomacy
- Clemenceau
- Wilson
- Paris Peace Conference
Mots-clés éditeurs : Clemenceau, diplomacy, Ireland, Paris Peace Conference, Wilson