Article de revue

Bubbleworld

Rubber, Quentin Dupieux (2009), et La guerre est déclarée, Valérie Donzelli (2010)

Pages 73 à 78

Citer cet article


  • Bareyre, M.
(2013). Bubbleworld Rubber, Quentin Dupieux (2009), et La guerre est déclarée, Valérie Donzelli (2010) Vertigo, 45(1), 73-78. https://doi.org/10.3917/ver.045.0073.

  • Bareyre, Matthieu.
« Bubbleworld : Rubber, Quentin Dupieux (2009), et La guerre est déclarée, Valérie Donzelli (2010) ». Vertigo, 2013/1 n° 45, 2013. p.73-78. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-vertigo-2013-1-page-73?lang=fr.

  • BAREYRE, Matthieu,
2013. Bubbleworld Rubber, Quentin Dupieux (2009), et La guerre est déclarée, Valérie Donzelli (2010) Vertigo, 2013/1 n° 45, p.73-78. DOI : 10.3917/ver.045.0073. URL : https://shs.cairn.info/revue-vertigo-2013-1-page-73?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ver.045.0073


Notes

  • [1]
    La maxime de Descartes étant : « De tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune, et à changer mes désirs que lordre du monde » (Discours de la méthode, III, Vrin, 2005, p. 80).
  • [2]
    Selon Tony Anatrella, inventeur de ces notions, les adulescents continuent de séjourner, parfois fort longtemps après leur majorité, dans une économie affective construite comme un refuge dans lequel ils tiennent à demeurer, évitant ainsi d’affronter le monde extérieur et ses obligations qui n’auront jamais à leur égard la mansuétude dont leur témoignent leurs cercles rapprochés. Le monde n’existant pas en dehors de leur vie interne, ils ne parviennent pas à opérer de distinction claire entre leur vie affective et le monde extérieur, différenciation qui permet selon Anatrella l’accession à la maturité. Voir Tony Anatrella, Les Adulescents, Études, 2003/7, t. 399, p. 37-47, et Interminables adolescences. La Psychologie des 12-30 ans [1998], Cerf/Cujas, 2001.
  • [3]
    Jean-Sébastien Chauvin, « Rubber », Cahiers du cinéma no 661, novembre 2010.
  • [4]
    Stéphane Delorme, « French Touch », Cahiers du cinéma no 661, novembre 2010.
  • [5]
    Éric Libiot, « Rubber », L’Express en ligne, http://www.lexpress.fr/culture/cinema/rubber_935012.html.
  • [6]
    Guillemette Odicino, « Rubber », Télérama en ligne, http://www.telerama.fr/cinema/films/rubber,418475,critique.php.
  • [7]
    Caroline Vié, « La guerre est déclarée : un joli combat contre le cancer », 20 minutes.fr, http://www.20minutes.fr/cinema/778284-la-guerre-declaree-joli-combat-contre-cancer.
  • [8]
    Jean-Philippe Tessé, « Vive l’amour », Cahiers du cinéma, no 670, septembre 2011.
  • [9]
    Khadija Moussou, « Cinq bonnes raisons d’aller voir… », Elle en ligne, http://www.elle.fr/Loisirs/Cinema/News/-1697624.
  • [10]
    Gérard Lefort, « Désordres », Libération en ligne, http://next.liberation.fr/cinema/01012356882-desordres.
  • [11]
    Ce n’est que très récemment, lorsque la médiocrité de Main dans la main (2012) a fait tomber quelques écailles de quelques yeux, que de rares critiques ont commencé à mettre le doigt sur la « phobie de l’altérité » exprimée par le cinéma de Donzelli. Voir Jérôme Moncilovic, « Main dans la main », Chronicart, 19 décembre 2012, http://www.chronicart.com/Article/Entree/Categorie/cinema/Id/main_dans_la_main-12395.sls.
  • [12]
    Roland Barthes, « Proust et les noms », Le Degré zéro de lécriture, Paris, Seuil, 1972, p. 125.

Qui, à la vue d’une chaise, crierait d’ordinaire au tas de bois ? Dans un coin non identifiable d’un désert inconnu, une dizaine de chaises en bois, disposées à même le sable, cuisent sous un soleil sans ombre. En slalomant, une voiture les renverse une à une. Elles s’effondrent, ou plutôt se défont, comme si leurs éléments n’avaient tenu jusque-là sous la forme de chaises que par un miracle de juxtaposition, dans une absence totale de liant qui fait de leur chute une dé-faite. Dans ces premiers plans de Rubber, non pas une, deux, ou trois chaises, viennent à terre ainsi, mais treize, excès de zèle trahissant le plaisir, et le plaisir encore, que Quentin Dupieux prend à montrer au monde sa propre incohérence. Là sera la quête de Rubber, révéler d’un léger coup, comme du bout de ce pare-chocs, que ce que l’on croit consistant, tous ces objets qui nous semblent au quotidien si robustes, disparaît dans un délitement dérisoire. Du coffre de la voiture arrêtée sort alors un policier qui débite face caméra les mots suivants : « Dans l’excellent Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, pourquoi les personnages ne vont pas aux toilettes et ne se lavent pas les mains, comme dans la vraie vie ? Absolument aucune raison. Pire, dans Le Pianiste de Polanski, pourquoi le type doit-il se cacher et vivre comme un clochard, alors qu’il joue si bien du piano ? La réponse est encore : aucune raison [...]. Vous n’avez sans doute jamais remarqué, mais tous les grands films, sans exception, contiennent une part importante d…


Date de mise en ligne : 03/06/2014

https://doi.org/10.3917/ver.045.0073

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