Article de revue

VHS

Souvenirs de formations toxiques

Pages 87 à 97

Citer cet article


  • Giranby, T.
(2012). VHS Souvenirs de formations toxiques. Vertigo, 44(3), 87-97. https://doi.org/10.3917/ver.044.0087.

  • Giranby, Toni.
« VHS : Souvenirs de formations toxiques ». Vertigo, 2012/3 n° 44, 2012. p.87-97. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-vertigo-2012-3-page-87?lang=fr.

  • GIRANBY, Toni,
2012. VHS Souvenirs de formations toxiques. Vertigo, 2012/3 n° 44, p.87-97. DOI : 10.3917/ver.044.0087. URL : https://shs.cairn.info/revue-vertigo-2012-3-page-87?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ver.044.0087


Notes

  • [1]
    Cette retransmission, régulièrement commémorée par les médias sportifs (voir France Football, juillet 2012, vendu avec édition d’un DVD du match), a la particularité d’avoir été « rejouée » dans quantité d’œuvres culturelles (livres, chorégraphies, films, chansons, bandes dessinées, art contemporain, etc.).
  • [2]
    Et obligeant les dirigeants des deux pays, François Mitterrand et Helmut Schmidt, à écrire un discours commun pour relativiser l’événement.
  • [3]
    Images où une lettre électronique « R » s’incrustait, pour prévenir qu’il s’agissait non pas tant d’un défilement plus lent, mais surtout d’une action « rediffusée à l’instant ». Information désormais désuète : tout événement sportif diffusé est de fait un spectacle hybride, mélange de direct et de replay instantané, de remake incorporé.
  • [4]
    Alan Clarke, 1982.
  • [5]
  • [6]
    De l’album Zoolook, Jean-Michel Jarre, 1984.
  • [7]
    John Badham, 1983.
  • [8]
    Sam Raimi, 1981.
  • [9]
    Jean-Yves Jouannais, Des nains, des jardins. Essai sur le kitsch pavillonnaire, Hazan, 1996, p. 69.
  • [10]
    Contrairement à ceux de la pellicule, désormais reproduits informatiquement : rayures, arrêts moteur et collures sont devenus autant d’artifices cosmétiques garantissant une histoire aux images.
  • [11]
    Histoire(s) du cinéma, Jean-Luc Godard, 1998.
  • [12]
    Revolution (2012), Falling Skies (2011) ou Terra Nova (2011) font tous l’apologie de familles militarisées.

Lorsque je m’assieds dans une salle encore vide du cinéma Gaumont-Labège, au cœur d’une ZAC de la banlieue toulousaine, j’ai en tête deux messages reçus coup sur coup : le SMS d’un ami et un e-mail de ma sœur. Chacun évoque le film que je m’apprête à voir là, film qui leur a fait penser à moi avec bienveillance. Il s’agit de Super 8, de J. J. Abrams. Je n’en sais quasiment rien, si ce n’est qu’un groupe d’enfants réalisant des films fantastiques amateurs y traversent des aventures extraordinaires. C’est la dernière semaine d’exploitation. La salle est quasi déserte. J’ai la tête vide. J’ai travaillé toute la journée, dans des locaux à proximité.
Je suis monteur de films documentaires, en province. J’ai quarante ans, je suis cinéphile. Les deux messages reçus faisaient référence à mon adolescence que j’ai longtemps crue particulière : à l’âge de quatorze ans, je me suis mis à réaliser en vidéo de nombreux courts métrages amateurs, de genre fantastique, dans une autarcie infantile sans ambition, presque comme les adolescents du film à venir. La salle s’est un peu remplie. Le film va commencer. Et Super 8 me plonge dans un état de colère froide, qu’il sera compliqué de ramener à une tristesse banale, les jours suivants. Je suis irrité par la fausse candeur du film, avec la sensation d’avoir été pris à témoin d’une représentation de maîtrise glorieuse, augmentée par une délocalisation temporelle malhonnête. Les héros, enfants de 1979, y font preuve d’une maturité et d’un sens de la repartie très contemporains…


Date de mise en ligne : 01/04/2014

https://doi.org/10.3917/ver.044.0087

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