Article de revue

Regarder les années 1980

Vintage, mise en abyme et romans d'apprentissage

Pages 77 à 82

Citer cet article


  • Morreale, E.
(2012). Regarder les années 1980 Vintage, mise en abyme et romans d'apprentissage. Vertigo, 44(3), 77-82. https://doi.org/10.3917/ver.044.0077.

  • Morreale, Emiliano.
« Regarder les années 1980 : Vintage, mise en abyme et romans d'apprentissage ». Vertigo, 2012/3 n° 44, 2012. p.77-82. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-vertigo-2012-3-page-77?lang=fr.

  • MORREALE, Emiliano,
2012. Regarder les années 1980 Vintage, mise en abyme et romans d'apprentissage. Vertigo, 2012/3 n° 44, p.77-82. DOI : 10.3917/ver.044.0077. URL : https://shs.cairn.info/revue-vertigo-2012-3-page-77?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ver.044.0077


Notes

  • [1]
    Dans cette première partie, je reprends certains points de mon livre L’Invenzione della nostalgia, Donzelli, Roma, 2009 (non traduit en français).
  • [2]
    Entre autres exemples, citons Le Champion, Franco Zeffirelli (1979) ; Dracula, John Badham (1979) ; La Féline, Paul Schrader (1982) ; The Thing, John Carpenter (1982) ; To Be or Not to Be, Alan Johnson (1983) ; La Quatrième Dimension, John Landis, Steven Spielberg, Joe Dante et George Miller (1983) ; La Mouche, David Cronenberg (1986) ; Dragnet, Tom Mankiewicz (1987) et, de façon plus ou moins explicite, une grande partie de la filmographie de Brian De Palma.
  • [3]
    Vera Dika, Recycled Culture in Contemporary Art and Film : the Uses of Nostalgia, Cambridge University Press, 2003, p. 142.
  • [4]
    Selon l’expression de Raymond Williams dans Marxism and Literature, Oxford University Press, 1977.
  • [5]
    Le « Camp » est une notion d’esthétique anglo-saxonne plus particulièrement définie par Susan Sontag dans son article « Notes on Camp » en 1964 : « Dans la tradition bouffonne et parodique des spectacles de travestis new-yorkais : un style de l’excès, du contraste criard, du ridicule assumé, théâtralité d’un mauvais goût délibéré qui brouille les démarcations claires du beau et du laid, de la convenance et de la malséance, mais aussi de la copie et de l’original » (Susan Sontag, « Le Style Camp », in L’œuvre parle, Seuil, 1968). (N.d.T.)
  • [6]
    Contre-exemple, Drive (Nicolas Winding Refn, 2011) n’accomplit cette récupération des années 1980 par le « cool » qu’en en rapprochant l’esprit et l’esthétique de ceux des années 1970.
  • [7]
    Dick Smith est un maquilleur américain de cinéma, spécialement connu pour son travail sur le film L’Exorciste. Carlo Rambaldi est un peintre et sculpteur italien spécialisé dans la réalisation d’effets spéciaux pour le cinéma. Il a notamment travaillé sur E.T., le King Kong de 1976, Rencontres du troisième type ou Alien. (N.d.T.)

Si l’on regarde comment l’image des années 1980 opère et se reflète dans les films d’aujourd’hui, plus de vingt ou trente ans plus tard, on se trouve dans une position paradoxale. En effet, l’une des caractéristiques du cinéma et de l’imaginaire des années 1980 a justement été de se modeler sur les décennies précédentes : en achevant la trajectoire nostalgique entamée par le cinéma hollywoodien dans les années 1970 et en inaugurant un nouveau rapport avec le passé. Un rapport que l’on pourrait qualifier de posthistorique et qui est encore le nôtre aujourd’hui, après un certain nombre d’évolutions.
Le passage de la seconde moitié des années 1970 au début des années 1980 est un moment traumatique dans l’histoire de Hollywood. Le changement est frappant, et certains films en témoignent dès 1976-1977 : Rocky (John G. Avildsen), La Fièvre du samedi soir (John Badham), La Guerre des étoiles (George Lucas), Rencontres du troisième type (Steven Spielberg). En quelques années, la mutation s’est opérée. À la crise de l’Amérique contée par les films des débuts du Nouvel Hollywood se substituent des perfusions d’optimisme ; à la remise en question des genres, leur récupération par la citation ; aux fins ouvertes ou ambiguës, un retour au happy end ; à une cible explicitement « adulte », une incitation à retomber en enfance. Le remake et les citations de films deviennent, à partir de la seconde moitié des années 1970, des pratiques de plus en plus répandues. Vera Dika a montré comment les années 1980 développent, et à certains égards renversent, la poétique de la nostalgie du cinéma des années 1970. La différence est flagrante si l’on compare par exemple deux films apparemment semblables comm…


Date de mise en ligne : 01/04/2014

https://doi.org/10.3917/ver.044.0077

Cet article est en accès conditionnel

Acheter cet article

3,50 €

6 pages format électronique (HTML et PDF)
Membre d'une institution cliente ?