Article de revue

Un entretemps

Pages 4 à 12

Citer cet article


  • Riboulet, M.
(2012). Un entretemps. Vertigo, 44(3), 4-12. https://doi.org/10.3917/ver.044.0004.

  • Riboulet, Mathieu.
« Un entretemps ». Vertigo, 2012/3 n° 44, 2012. p.4-12. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-vertigo-2012-3-page-4?lang=fr.

  • RIBOULET, Mathieu,
2012. Un entretemps. Vertigo, 2012/3 n° 44, p.4-12. DOI : 10.3917/ver.044.0004. URL : https://shs.cairn.info/revue-vertigo-2012-3-page-4?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ver.044.0004


Notes

  • [1]
    Eric J. Hobsbawm, L’Âge des extrêmes. Histoire du court xxe siècle, Complexe, 1999.
  • [2]
    Patrick Boucheron, L’Entretemps. Conversations sur l’histoire, Verdier, 2012.
  • [3]
    Ibid., p. 107.
  • [4]
    Ibid.
  • [5]
    Ibid., p. 109.
  • [6]
    Serge Daney, Libération, 26 mars 1982, in La Maison cinéma et le monde. 2. Les Années Libé, 1981­1985, P.O.L, 2002, p. 102.
  • [7]
    Mais il a fait l’objet d’une édition DVD (en coffret avec Duelle, Les Films de ma vie).
  • [8]
    Rivette remettra sur le métier près de trente ans plus tard la matière d’un de ces films abandonnés, ce sera Histoire de Marie et Julien (2003).
  • [9]
    Qui incarnera quelque temps plus tard à elle toute seule une certaine jeunesse française des années 1980 dans Les Nuits de la pleine lune, sous la houlette d’Éric Rohmer, le grand sismographe indémodable de l’air du temps…
  • [10]
    Dans son article déjà cité sur Le Pont du Nord, Daney évoque le contentement de Godard de « refaire un premier film », l’intention de Rohmer de « redescendre dans la rue pour voir si Paris avait changé », preuve que les « vieux » de la Nouvelle Vague se sentaient portés par un vent de renouveau à l’orée des années 1980, sensation que Rivette teinte d’inquiétude, on l’a dit. Sous réserve de modifications de dernière minute, seul Rohmer terminera son œuvre dans un bel élan d’optimisme et un hymne à la jeunesse d’une verdeur rassérénante, résolument à rebours du désastre enregistré un peu partout ailleurs (Les Amours d’Astrée et de Céladon, 2009).
  • [11]
    Le parcours de Guédiguian incarne typiquement ce phénomène : songeons à l’abîme qui sépare Dernier Été (1981) ou Ki lo sa ? (1985) de L’Armée du crime (2009) ou des Neiges du Kilimandjaro (2011)…
  • [12]
    Ce fut plus tard le tour de la critique de faire les frais d’une polémique visant à la désigner comme responsable de tel ou tel échec, comme si l’auteur et la critique étaient décidément les hommes à abattre pour la qualité commerciale française (voir l’offensive déclenchée en 1999 par Patrice Leconte préconisant par exemple de ne pas publier d’articles négatifs sur les films le jour de leur sortie !). Il est certain que sans auteur ni critique, nous serions plus tranquilles…

Admettons qu’il y ait eu les « années 1970 » et les « années 1980 » comme il y a eu le xixe et le xxe siècle, par commodité, mais ne perdons pas de vue que les césures ne sont pas forcément là où les comptes ronds les placent. L’historien britannique Eric Hobsbawm a ainsi en son temps défini un « court xxe siècle » allant de 1914 à 1991. Plus récemment, le médiéviste Patrick Boucheron, dans une brève et pénétrante réflexion sur l’histoire à laquelle j’emprunte le titre du présent texte, explique que c’est à un moine du vie siècle, Denys le Petit, que nous devons « l’invention de l’ère chrétienne », dont il a bordé l’ouverture à la date supposée de l’Incarnation du Christ. Eût-il choisi, poursuit Boucheron, celle de la Passion, « la chronologie s’en trouverait décalée de trente­trois ans. » Ainsi, la Restauration, Stendhal et Byron rejoindraient le xviiie siècle, et 14-18, Proust, Freud et Kafka le xixe… Nous serions quant à nous péniblement parvenus dans le dernier quart du xxe siècle qui, s’étant ouvert sur le krach de Wall Street et l’arrivée au pouvoir d’Hitler, s’accommoderait thématiquement fort bien de la crise financière actuelle et du massacre d’Utøya. L’exercice n’est pas aussi oiseux qu’il en a l’air, il s’agit de « rendre sensible, par le jeu des déplacements, l’étrangeté inhérente à ce travail humain qui consiste à égrener la durée, comme l’on brise une pâte en la faisant rouler entre ses doigts, cherchant d’instinct les accidents minuscules qui rendent le temps cassan…


Date de mise en ligne : 01/04/2014

https://doi.org/10.3917/ver.044.0004

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