Article de revue

La vie exigée

À propos des films de François Truffaut

Pages 26 à 30

Citer cet article


  • Uzal, M.
(2011). La vie exigée À propos des films de François Truffaut. Vertigo, 41(3), 26-30. https://doi.org/10.3917/ver.041.0026.

  • Uzal, Marcos.
« La vie exigée : À propos des films de François Truffaut ». Vertigo, 2011/3 n° 41, 2011. p.26-30. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-vertigo-2011-3-page-26?lang=fr.

  • UZAL, Marcos,
2011. La vie exigée À propos des films de François Truffaut. Vertigo, 2011/3 n° 41, p.26-30. DOI : 10.3917/ver.041.0026. URL : https://shs.cairn.info/revue-vertigo-2011-3-page-26?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ver.041.0026


Notes

  • [1]
    Sauf peut-être La Peau douce (1963), le moins truffaldien, par son ironie, par sa critique d’une pesanteur bourgeoise où la passion ne peut jamais prendre.

À la sortie de Baisers volés (1968), Roberto Rossellini exprima sa déception concernant le parcours de Truffaut, dont il avait aimé Les Quatre Cents Coups (1958), à travers une déclaration qui disait en substance : tout ça pour permettre à Antoine Doinel de se dépuceler... Truffaut répondit qu’il avait admiré Rossellini parce que celui-ci était un cinéaste adulte, mais que lui faisait des films pour rester un enfant. Et comme le prouve le rêve récurrent de Ferrand – remake d’une scène des Quatre Cents Coups : le vol de photos dans la vitrine d’un cinéma – dans La Nuit américaine (1972), le culte de Truffaut pour le romanesque et sa conception du cinéma comme intensification de la vie sont bien le prolongement de rêves enfantins : un monde où l’existence s’accorderait aux livres, une famille retrouvée, la survivance des morts parmi les vivants. Le cinéma se confond chez lui avec l’enfance au point que les enfants y apparaissent comme des êtres naturellement cinématographiques. Dans le générique de L’Argent de poche (1975), un groupe de gosses aux costumes de toutes les couleurs dévalant en courant les ruelles d’Hyères au rythme de la musique de Maurice Jaubert me semble être l’image même de la vitalité truffaldienne.L’Enfant sauvage (1969) est l’histoire d’une renaissance, à travers tout ce qui est cher à Truffaut : la maîtrise des gestes, la parole, la lecture, la capacité à contrôler ses sensations et de les accorder à une pensée, à une mémoire. Chez Truffaut, l’enfant est ainsi celui qui n’a pas encore cessé de naître, et, en cela, il est à la fois sans défense face aux adultes et en état de grâce face à la vie…


Date de mise en ligne : 03/06/2014

https://doi.org/10.3917/ver.041.0026

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