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Temps mort, Mohamed Bourouissa (2008-2009)
- Par Cyril Béghin
Pages 35 à 40
Citer cet article
- BÉGHIN, Cyril,
- Béghin, Cyril.
- Béghin, C.
https://doi.org/10.3917/ver.040.0035
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- Béghin, C.
- Béghin, Cyril.
- BÉGHIN, Cyril,
https://doi.org/10.3917/ver.040.0035
Notes
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[*]
Temps mort (2008-2009, 18 minutes) été présenté à l’exposition « Dynasty » (musée d’Art moderne de la Ville de Paris, palais de Tokyo) de juin à septembre 2010, avec une autre vidéo de Mohamed Bourouissa, Légende ; puis à la galerie Kamel Mennour en septembre 2010.
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[1]
La série de photographies a aussi été prise dans les mêmes conditions techniques que la vidéo, et exposée à la galerie Mennour. « Contre des recharges [de téléphone], Mohamed Bourouissa dirige à distance des mises en scène à reconstruire dans la structure même de la prison. Il indique et précise au moyen de croquis et d’instructions le type de plans qu’il souhaite recevoir, pour ensuite les imprimer, les re-photographier avant de les développer à échelle 1 afin d’être au plus près de la faible définition des images initiales » (extrait du dossier de presse de l’exposition Temps mort, galerie Kamel Mennour, 2010).
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[2]
Fleury n’est pas un cas isolé : les minicaméras dont sont équipés les téléphones portables ont permis à des prisonniers du monde entier de porter témoignage. Sur l’histoire de la documentation audiovisuelle de la vie pénitentiaire en France, voir par exemple « Filmer en prison », in Images documentaires, no 52-53, 2005.
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[3]
Voir l’enregistrement vidéo d’une conférence de Bourouissa à l’École nationale supérieure des arts décoratifs, le 1er décembre 2010, sur le site Web de l’Observatoire des nouveaux médias : http://www.arpla.fr/odnm/?page_id=9198. L’intégralité de Temps?mort?et des extraits de Légende sont insérés dans cet enregistrement.
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[4]
Giorgio Agamben, Qu’est-ce qu’un?dispositif ?, Paris, Payot, « Rivages poche », 2007, p. 31.
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[5]
Ibid., p. 31.
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[6]
Ibid., p. 44.
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[7]
Ibid., p. 40.
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[8]
C’est très exactement une même recherche du contre-dispositif que développe Légende, l’autre vidéo de Bourouissa montrée à l’exposition « Dynasty ». Légende a aussi été réalisé avec des téléphones portables, confiés à des vendeurs de cigarettes illégaux, à la sortie de la station de métro Barbès à Paris, ces appareils étant portés à même hauteur que les mains qui orchestrent le trafic. La machine de prise de vue devient une part organique de l’action illégale, l’image passant elle-même en relais d’un vendeur à un autre.
Mohamed Bourouissa, photographe, demande à « JC », l’ami d’un ami qui purge une peine de prison, de filmer et d’envoyer avec la caméra basse définition d’un téléphone portable des images dont il lui fournit d’abord les modèles, imposant ce qu’il faut cadrer, et comment, avant de le laisser enregistrer ce qu’il désire. Un détenu n’a selon la loi pas le droit de prendre des images ou des sons à l’intérieur d’une prison, encore moins de les diffuser. L’action illégale dont Bourouissa demande à JC de prendre le risque ne sert pourtant pas à recueillir d’éventuels documents accusatoires, quelques méthodiques preuves internes des défaillances du système carcéral français. En 2008, des prisonniers de Fleury-Mérogis avaient par exemple enregistré, grâce à des portables, plus de deux heures de vues clandestines de leurs conditions de vie quotidienne : douches et toilettes insalubres, cellules glaciales, agressions permanentes. Rien de tel ici, sinon dans l’évidence mate du dénuement et de la saleté. Les actions à accomplir ou les objets à filmer sont triviaux : manger, laver un évier avec une éponge ; une plante en pot, la vue depuis la fenêtre grillagée de la cellule. Autant de « temps morts », comme l’annonce le titre, peu liés à un traitement spécial de la durée – les plans n’insistent pas dans le temps – mais à la banalité de ce qui est fait ou montré – c’est le montage qui insiste en dédoublant les actions, enchaînant souvent le modèle filmé et envoyé par Bourouissa au plan réalisé en réponse, dans la prison, par JC…
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