Article de revue

Machins du monde entier, unissez-vous !

Sadao Yamanaka et le capitalisme

Pages 30 à 34

Citer cet article


  • Fujita, J.
(2011). Machins du monde entier, unissez-vous ! Sadao Yamanaka et le capitalisme. Vertigo, 39(1), 30-34. https://doi.org/10.3917/ver.039.0030.

  • Fujita, Jun.
« Machins du monde entier, unissez-vous ! : Sadao Yamanaka et le capitalisme ». Vertigo, 2011/1 n° 39, 2011. p.30-34. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-vertigo-2011-1-page-30?lang=fr.

  • FUJITA, Jun,
2011. Machins du monde entier, unissez-vous ! Sadao Yamanaka et le capitalisme. Vertigo, 2011/1 n° 39, p.30-34. DOI : 10.3917/ver.039.0030. URL : https://shs.cairn.info/revue-vertigo-2011-1-page-30?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ver.039.0030


Notes

  • [1]
    Tange Sazen et le pot d’un million de ryos (1935), Kochiyama Soshun (1936) et Pauvres humains et ballons de papier (1937).
  • [2]
    Voir Kantoku Yamanaka Sadao [Le Cinéaste Sadao Yamanaka], Nobuo Chiba (dir.), Tokyo, Jitsugyo-no-Nihon-sha, 1998. Ce livre-recueil contient tous les écrits autour du cinéma de Yamanaka, publiés au Japon avant sa propre parution.
  • [3]
    Ro Takenaka, Kikigaki Ara-Kan Ichidaï [La Vie de Kanjuro Arashi racontée par lui-même], Tokyo, Tokuma-bunko, 1985. (Trad. J. Fujita.)
  • [4]
    Le texte de Hasumi, indispensable à toute introduction sérieuse du cinéma de Yamanaka, et repris dans Kantoku Yamanaka Sadao (voir note 2), n’est publié, malheureusement, qu’en japonais. Nous répondons de la traduction du passage cité, et soulignons.

1.
Sadao Yamanaka (1909-1938), auteur de vingt-six films réalisés entre 1932 et 1937 à Kyoto (dont seuls trois subsistent aujourd’hui), perdit la vie au front à l’âge de vingt-huit ans. Il est selon nous l’un des premiers cinéastes qui virent dans l’ordinaire la nature du cinéma et qui surent filmer toutes les choses sous leur aspect de « machins, choses ».
Quand les critiques et les historiens parlent de l’art de Yamanaka, c’est souvent pour le mettre en contraste avec celui de Daisuke Ito, cinéaste connu surtout pour avoir beaucoup contribué à fonder le genre de cape et d’épée dans les années 1920. On remarque chez Yamanaka de la légèreté, de la simplicité, des vers rimés, de la sonorité flottante, etc., à l’opposé du cinéma d’Ito dans lequel on trouve de la « lourdeur », de l’« exagération », des « proses », du « sens profond », etc. Avec l’apparition de Yamanaka au début des années 1930, le cinéma japonais connut un passage décisif : de l’extraordinaire à l’ordinaire, de l’« une-image-juste » au « juste-une-image », des choses remarquables aux « machins, choses ». Pour Yamanaka, si le cinéma concerne toujours quelque chose d’extraordinaire ou de remarquable même après un tel passage, c’est qu’il produit une plus-value extra-ordinaire à partir des choses filmées sous leur aspect ordinaire.
La question des « machins, choses » est inséparable de celle de la modestie. Chez Yamanaka, tout se passe comme si le cinéma en personne lui disait : « Je suis trop timide pour me permettre d’avoir un corps orgueilleux, resplendissant d’images extraordinaires…


Date de mise en ligne : 03/06/2014

https://doi.org/10.3917/ver.039.0030

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