Article de revue

La vie, la mort, les objets...

Vacances prolongées, Johan Van der Keuken (2000)

Pages 15 à 19

Citer cet article


  • Zéau, C.
(2011). La vie, la mort, les objets... Vacances prolongées, Johan Van der Keuken (2000) Vertigo, 39(1), 15-19. https://doi.org/10.3917/ver.039.0015.

  • Zéau, Caroline.
« La vie, la mort, les objets... : Vacances prolongées, Johan Van der Keuken (2000) ». Vertigo, 2011/1 n° 39, 2011. p.15-19. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-vertigo-2011-1-page-15?lang=fr.

  • ZÉAU, Caroline,
2011. La vie, la mort, les objets... Vacances prolongées, Johan Van der Keuken (2000) Vertigo, 2011/1 n° 39, p.15-19. DOI : 10.3917/ver.039.0015. URL : https://shs.cairn.info/revue-vertigo-2011-1-page-15?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ver.039.0015


Notes

  • [1]
    Robin Dereux, Les films de Johan Van der Keuken : un cinéma de la mémoire ?, thèse de doctorat, université Paris VIII, 2001, p. 391.
  • [2]
    Johan Van der Keuken, « Le gilet rouge », Cahiers du cinéma n° 554, février 2001, p. 20.
  • [3]
    Robert Daudelin, L’Œil au-dessus du puits : deux conversations avec Johan Van der Keuken, Montréal, Les 400 Coups, 2006, p. 76.
  • [4]
    Id., ibid., p. 74-75.
  • [5]
    Walter Benjamin, Paris capitale du xixe siècle. Le livre des passages (trad. Jean Lacoste), Paris, Les Éditions du Cerf, 1989, p. 224-225.
  • [6]
    Jean-François Lyotard, « Idée d’un film souverain », in Misère de la philosophie, Paris, Éditions Galilée, 2000, p. 215-216.
  • [7]
    Lucid Eye Films était le nom de sa maison de production.

Dans le domaine du cinéma documentaire, plusieurs états d’objets se distinguent. Celui d’être là, dans le champ de la caméra, incidemment, sans que personne ne les y ait mis ni vraiment voulus (aucun créateur, nul accessoiriste). Ils passent inaperçus, frôlent à peine l’inconscient, ressurgissent parfois sous le regard, mais leur utilité ontologique et leur insignifiance même – le fait qu’ils ne soient pas là pour signifier – sont un gage d’authenticité de ce qui du réel échappe du film. Celui des objets filmés pour leur pertinence anthropologique : outils, instruments, accessoires usuellement négligés par le regard et portés à notre attention parce qu’ils ont vocation à documenter une réalité désignée. Enfin, il y a celui d’être posé là, devant la caméra, ostensiblement, comme un arrêt dans le continuum du réel filmé, comme pour revendiquer la part de fiction qu’il faut y mettre, celle de l’auteur et celle du spectateur.
À la lisière de ces deux derniers états de l’objet, un film de commande initialement dédié à l’art africain fait date : Les statues meurent aussi, de Chris Marker et Alain Resnais (1953). Il opère simultanément une réflexion en images sur la mise en scène de ces objets d’art et du quotidien, et une virulente mise en crise du regard du spectateur qui pense pouvoir les comprendre et les apprécier indépendamment du vécu de ceux qui les ont créés. Dans le prologue du film, seule la femme noire, si lointaines que soient ses origines africaines, permet le contrechamp sur l’objet…


Date de mise en ligne : 03/06/2014

https://doi.org/10.3917/ver.039.0015

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