Roman vrai et document fictionnel
- Par Jacinto Lageira
Pages 48 à 54
Citer cet article
- LAGEIRA, Jacinto,
- Lageira, Jacinto.
- Lageira, J.
https://doi.org/10.3917/ver.038.0048
Citer cet article
- Lageira, J.
- Lageira, Jacinto.
- LAGEIRA, Jacinto,
https://doi.org/10.3917/ver.038.0048
Notes
Depuis les années 1930 au moins, les œuvres d’arts visuels revendiquant explicitement le « style documentaire » – cela à la suite de la littérature documentaire datant du xixe siècle – ont fini par se confronter aux problématiques rencontrées par les historiens, puisqu’elles traitent elles aussi du document, de l’archive, du rapport, de la consignation, de l’enregistrement, tous ces éléments testimoniaux et mémoriels qui constituent le récit et l’écriture de l’histoire. D’autant que ces pratiques, à commencer par la photographie et le cinéma, élargissent le champ de la poétique de l’histoire par leur matériau – désormais l’image et non plus le seul langage parlé ou écrit – et par leur mode de présentation, devant ainsi accomplir le même effort réflexif quant à leur pratique et leur destination. Enregistrer et fabriquer des images, les monter, découper, agencer, et, surtout, les montrer et diffuser – pour qui, dans quels buts ? –, autant de gestes relevant d’une production plastique qui, étant donné les thèmes auxquels elles s’attachent lorsqu’il s’agit d’événements historiques plus ou moins éloignés dans le temps et dans l’espace, est également la production d’une vision de l’histoire, voire une intervention dans et par l’histoire lorsque les artistes assument clairement une position politique et morale. Le simple fait de choisir des sujets comme les massacres interethniques du Rwanda, les guerres d’Irak et d’Afghanistan, les attentats des Twin Towers ou même les faucheurs d’OGM, est déjà un engagement de la part des artistes et de leurs publics…
Cet article est en accès conditionnel
Acheter cet article
3,50 €