Article de revue

Maisons à ciel ouvert

Dernier Maquis, Rabah Ameur-Zaïmeche (2008), Inland, Tariq Téguia (2008), La France, Serge Bozon (2007)

Pages 27 à 33

Citer cet article


  • Ermakoff, C.
(2010). Maisons à ciel ouvert Dernier Maquis, Rabah Ameur-Zaïmeche (2008), Inland, Tariq Téguia (2008), La France, Serge Bozon (2007) Vertigo, 37(1), 27-33. https://doi.org/10.3917/ver.037.0027.

  • Ermakoff, Catherine.
« Maisons à ciel ouvert : Dernier Maquis, Rabah Ameur-Zaïmeche (2008), Inland, Tariq Téguia (2008), La France, Serge Bozon (2007) ». Vertigo, 2010/1 n° 37, 2010. p.27-33. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-vertigo-2010-1-page-27?lang=fr.

  • ERMAKOFF, Catherine,
2010. Maisons à ciel ouvert Dernier Maquis, Rabah Ameur-Zaïmeche (2008), Inland, Tariq Téguia (2008), La France, Serge Bozon (2007) Vertigo, 2010/1 n° 37, p.27-33. DOI : 10.3917/ver.037.0027. URL : https://shs.cairn.info/revue-vertigo-2010-1-page-27?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ver.037.0027


Notes

  • [1]
    Pour reprendre la célèbre formule de Heidegger : « […] l’espace espace en tant qu’espace pour autant seulement que l’homme concède-et-aménage l’espace, accorde ce qui donne le champ libre et s’y admet, s’y aménage et y aménage les choses […] » (Remarques sur art – sculpture – espace, Martin Heidegger, Payot & Rivages, 2009, p. 28).
  • [2]
    Il confiera lui-même à son ami Lakhdar, venu le retrouver au terme de sa fuite dans le désert avec la jeune clandestine africaine : « J’étais à moitié là ».

Rien, parmi l’étendue poussiéreuse aux allures de chantier, exposée aux vacarmes des avions, les empilements de palettes rouges autour desquelles s’activent les manœuvres africains, Titi et ses copains mécanos, ne permettait d’imaginer qu’ici puisse prendre place la moindre parcelle d’intimité. Jusqu’à cet instant où, serti dans la découpe fixe et frontale d’un plan, un rectangle d’espace vacant entre les hautes parois de palettes en promette l’avènement. Les gestes déterminés de Titi s’adonnant au balayage du sol, l’eau fraîche versée sur les pieds nus, les larges carrés de cartons posés sur la terre battue, le drap blanc déplié en guise de tapis, façonnent ce qui était encore improbable l’instant d’avant : la forme d’un espace intérieur. La physionomie d’un abri se fait jour, s’échafaude à même le dehors ; tandis que les gestes des artisans du lieu, leur silence, le tempo précis de leurs déplacements, leur station devant le mur de palettes, à l’ombre duquel ils se mettent à prier à voix haute et s’agenouillent, achèvent de tramer leur intimité commune.
L’aménagement de ce refuge ne surgit pas de nulle part, mais succède à la contestation exprimée la veille par les trois ouvriers lors de l’inauguration de la mosquée que Mao, leur patron (musulman comme eux) leur a offerte. Face à la décision de ce dernier, qui s’est arrogé le pouvoir de désigner un employé servile et dévoué à sa cause pour diriger le lieu de culte, les ouvriers ont mesuré combien l’ouverture de la mosquée résultait d’une stratégie vouée à les amadouer pour mieux les dominer…


Date de mise en ligne : 04/04/2014

https://doi.org/10.3917/ver.037.0027

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