Le papa est la putain
- Par Hervé Aubron
Pages 65 à 69
Citer cet article
- AUBRON, Hervé,
- Aubron, Hervé.
- Aubron, H.
https://doi.org/10.3917/ver.033.0065
Citer cet article
- Aubron, H.
- Aubron, Hervé.
- AUBRON, Hervé,
https://doi.org/10.3917/ver.033.0065
Notes
-
[1]
Jean-André Fieschi, « Correspondances », Limelight, n° 43, novembre 1995.
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[2]
Cahiers du cinéma, n° 268-269, juillet-août 1976.
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[3]
Je me permets de reprendre ici une phrase d’un article précédent, où je traite par ailleurs d’autres questions : « Tous les sucs de Zucca », Cahiers du cinéma, n° 628, novembre 2007.
-
[4]
Pascal Bonitzer, « Roberte », Cahiers du cinéma n° 299, avril 1979.
-
[5]
Gilles Deleuze, Logique du sens, Éditions de Minuit, 1969, pp. 337, 338.
Pierre Zucca avait le sourire et les yeux de son père, André : même fente énigmatique des lèvres ; même regard vif et mouillé, envoyant des reflets plutôt que de se laisser sonder. Diagonale et miroir : blasons de son cinéma, mais aussi de cette mystérieuse affabilité que tous ses proches rapportent, cette furtivité industrieuse qui était la sienne lorsqu’il était photographe de plateau, clic-clac, ni vu ni connu. Regard-miroir et sourire du chat d’Alice, ainsi que l’a écrit son ami Jean-André Fieschi, toujours prêt à se volatiliser pour peu qu’on interrompe ses plaisanteries funambules et qu’on lui pose des questions sur ses états d’âme.
Mais voilà : ce sont aussi le sourire et les yeux d’André Zucca. Du lourd passif paternel, le cinéaste n’a pour le coup jamais fait mystère. Né en 1897 et vite devenu un reporter-photographe réputé, Zucca père barouda en Europe durant les années 1930 pour Paris-Match ou Paris-Soir et travailla notamment avec Joseph Kessel. Il finit, durant l’Occupation, par mettre son œil au service de Signal, un magazine de propagande nazie. À la Libération, son dossier est mystérieusement classé. L’ancien reporter se carapate en 1952 à Dreux, où il ouvre un modeste studio de photo, voué aux banquets et aux chasses à courre locales. Le jeune Pierre fait profiter ses camarades des frasques du père, qui s’avère être un démon d’affabulation, travestissant en permanence son passé, bien sûr, mais aussi sa situation présente.
André Zucca meurt à Paris en 1973. Cette année-là, son fils, encore photographe de plateau, travaille étrangement sur le tournage d…
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