S'en sortir
Autour de quelques films de Miklós Jancsó
- Par Cyril Béghin
Pages 55 à 60
Citer cet article
- BÉGHIN, Cyril,
- Béghin, Cyril.
- Béghin, C.
https://doi.org/10.3917/ver.032.0055
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- Béghin, C.
- Béghin, Cyril.
- BÉGHIN, Cyril,
https://doi.org/10.3917/ver.032.0055
Notes
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[1]
« Bellocchio et la réconciliation des couples psychanalysés », in Glauber Rocha, Le Siècle du cinéma, 1983, Magic cinéma / Yellow Now, 2006, p. 243. Nous avons par ailleurs essayé d’esquisser une description de cette tentation épique d’Antonioni in « La charge fantastique », Cahiers du cinéma numéro hors-série Bergman-Antonioni, septembre 2007, p. 57-58.
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[2]
Jancsó dans un entretien pour Filmkultura numéro 6, 1967, cite par Robert Ban in « Le chemin jusqu’à Mon chemin », Etudes cinématographiques numéro 104-108, 1975, p. 54.
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[3]
Jancsó cité par Michel Estève in « L’espace, le mouvement, le cercle », Études cinématographiques, op. cit., p. 81.
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[4]
Barthélémy Amengual, « Jancsó naguère et aujourd’hui », in Études cinématographiques, op. cit., p. 133.
-
[5]
Ibid.
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[6]
Glauber Rocha, op. cit.
-
[7]
L’influence du psychologisme antonionien est un cliché critique ancien et puissant ; on reconnaît en général son influence sur l’ensemble des cinémas de l’Est, et sur la « Uj hullam », la « Nouvelle Vague » hongroise, en particulier. Cf. par exemple Giusy Pisano Basile, « 1954-1967. Le clivage générationnel au miroir de la Nouvelle Vague », in Théorème numéro 7, « Cinéma hongrois, le temps et l’histoire », pp. 75-76.
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[8]
Pierre Clémenti était le partenaire de Monica Vitti dans La Pacifista et venait de jouer dans Cabezas cortadas de Glauber Rocha (1970). On trouve la traduction de cette table ronde in Nicole Brenez, Edouard Arnoldy (dir.), Cinéma/Politique — série I. Trois tables rondes, éd. Labor, Bruxelles, 2005, pp. 37-60.
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[9]
Son « idéal et modèle, Bartok, dont l’exemple est la variante la plus profonde, car la plus antinomique, de la vision de la destinée hongroise… » Yvette Biro in « Esquisse pour un portrait », Etudes cinématographiques, op. cit., p. 7. La grande critique hongroise Yvette Biro, fondatrice de la revue Filmkultura, a collaboré à plusieurs films de Jancsó, et est l’auteur de la seule monographie traduite en français sur le cinéaste (éd. L’albatros, 1977).
-
[10]
Cf. Giusy Pisano Basile, op. cit., p. 79.
-
[11]
Cette trilogie, jamais distribuée en France, comprend Nekem lampast adott kezembe az Ur, Pesten (1998 - titre anglais : Lord’s Lantern in Budapest) ; Utolso vacsora az Arabs Szürkénél (2001 - Last Supper at the Arabian Gray Horse) ; Kelj fel, komam, ne aludjal (2002 - Wake Up, Mate, Dont You Sleep).
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[12]
Cf. « Miklós who ? », entretien de Jancsó avec Andrew James Horton sur le site de la revue Kino Eye, février 2003 : <www.kinoeye.org/03/03/editorial03.php> Cet entretien fait partie d’un abondant et passionnant ensemble d’articles récents consacrés au cinéaste et qui reconsidère l’ensemble de l’œuvre, des années 1960 jusqu’à 2002.
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[13]
Article cité in Robert Ban, op. cit., p. 48.
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[14]
La formule de Luca est inverse : « Comment s’en sortir sans sortir », titre d’une émission-portrait réalisée par Raoul Sangla en 1989 pour Arte.
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[15]
Raymond Durgnat, « Psaume rouge », in Théorème numero 7, « Cinéma hongrois, le temps et l’histoire », p. 120.
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[16]
« Espace funèbre » est le titre de l’un des textes consacrés par Glauber Rocha à Antonioni dans Le Siècle du cinéma, op. cit.
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[17]
Cf. Dominique Maillet, « Sirocco d’hiver ou le héros en question », in Études cinématographiques, op. cit., pp. 150-168.
Pourquoi s’intéresser maintenant à Miklós Jancsó ? On dirait : à cause d’Antonioni, à cause de Bergman, à cause d’un héritage encore inconnu parce qu’une part en fut comme immédiate. Réponse biaisée qui lancerait ce drôle de constat, essentiel : au fil des années 1960 et 1970, Antonioni fut, juste derrière Pasolini, un modèle pour les cinéastes des pays en voie de développement et des pays socialistes, avec Bergman pour horizon ou repoussoir. Tous deux partaient des mêmes subjectivités névrosées, des mêmes psychologies assiégées de la bourgeoisie européenne d’après-guerre, pour arriver lentement à des tables rases voisines, désagrégations et disparitions des figures humaines - mais selon des voies très différentes, par effondrement solipsiste chez Bergman, comme le métaphorisent la prostration et la liquéfaction finales du protagoniste d’Une passion (1967), et par ouverture épique chez Antonioni, à la manière du vaisseau spatial fonçant vers un soleil dans le postlude d’Identification d’une femme (1982). Jancsó en Hongrie, Glauber Rocha au Brésil, Andreï Tarkovski en Russie soviétique reconnaissent cette différence et s’y alimentent. L’étrange fantôme d’épopée flottant dans les plans vidés d’Antonioni, ces cinéastes vont le voir et l’adopter : « Antonioni est aventurier, Bergman, bourgeois », résume lapidairement Rocha au milieu des années 1970. Et sans doute, Jancsó quant à lui déclare d’abord qu’Antonioni est son maître en style : « Le style, c’est originellement de lui que je l’ai appris…
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