Article de revue

Le son aujourd'hui : ce qui nous retient dans la rumeur ambiante

La vie est un son

Pages 20 à 22

Citer cet article


  • Breschand, J.
(2005). La vie est un son. Vertigo, 27(1), 20-22. https://doi.org/10.3917/ver.027.0020.

  • Breschand, Jean.
« La vie est un son ». Vertigo, 2005/1 n° 27, 2005. p.20-22. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-vertigo-2005-1-page-20?lang=fr.

  • BRESCHAND, Jean,
2005. La vie est un son. Vertigo, 2005/1 n° 27, p.20-22. DOI : 10.3917/ver.027.0020. URL : https://shs.cairn.info/revue-vertigo-2005-1-page-20?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ver.027.0020


Notes

  • [1]
    Rudolf Pfenninger, L’écriture sonore : une série de films sonores dessinés introduit par un entretien filmé, 1931, 13 mn. Édition DVD Filmmuseum München. Pour une histoire détaillée, voir Thomas Y. Levin, « "Tones from out of Nowhere" : Rudolph Pfenninger and the Archaeology of Synthetic Sound », in Grey Room, Vol. 12, summer 2003, The MIT Press, pp. 32-79.
  • [2]
    Exactement, le son est le croisement génétique du bruit et de la musique. Exactement, le son est le croisement génétique du bruit et de la musique.
  • [3]
    L’été 2004, un itinéraire parisien constitué d’une quinzaine de points d’écoute qui font chacun entendre Akio Suzuki, invité au musée Zadkine dans le cadre de l’exposition « Résonances », a conçu une sonorité particulière de la ville.

Le son porte-il en lui un effroi ? Il y a dans Contact (1997) de Robert Zemeckis une scène-clef : Jodie Foster, astronome, écoute les bruits intergalactiques, persuadée que des extra-terrestres finiront bien par faire signe aux terriens. Au moment où sur le bruit de fond de l’espace se détache enfin un son organisé, une pulsation ronflante, démarrent des violons stupidement lyriques qui fichent par terre tout le merveilleux de ces sons venant de nulle part. Hollywood est tellement convaincue du naturalisme du cinéma, qu’un son inventé de toutes pièces pour figurer une intelligence alien voit son énigme immédiatement ligotée. Le système redoute que lui échappe le cerveau du spectateur, il ne supporte pas que puisse exister un son libre.
Le son est le lieu politique du cinéma. En 1932, Fritz Lang construit entièrement Le Testament du docteur Mabuse autour de la maîtrise du son. Dès la première séquence, le silence est remplacé par une saturation sonore, le grondement des machines abasourdit Hofmeister aux aguets. Tout le pouvoir de Mabuse repose sur la séparation de l’émetteur et du récepteur, son ubiquité fabriquée à partir d’appareillages de sonorisation. La télévision n’est d’ailleurs pas organisée différemment : nous pouvons entrevoir les moyens techniques (le plateau), mais le dispositif n’est jamais montré : la chaîne de fabrication, la géographie technique, la hiérarchie de la programmation. Lang en fera l’objet de son dernier film, Les Mille Yeux du docteur Mabuse (1960)…


Date de mise en ligne : 17/10/2014

https://doi.org/10.3917/ver.027.0020

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