[4] la guerre hors la guerre
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Citer cet article
https://doi.org/10.3917/vaca.030.0063
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1Jusque-là : pas de métaphores, pas de confusions des violences, des pratiques et des discours. Pourtant, il est difficile de ne pas prendre en compte les métaphores de la guerre tant elles structurent nos vies au point de nous obliger à nous interroger sur ce qui est réellement de l’ordre de la métaphore et sur ce qui ne l’est pas. Nous parlons encore tellement de guerre dans nos Etats pacifiés qu’il est tentant de penser que les guerres déclarées ne seraient que les métaphores, au sens littéral de détournement de sens, d’une autre guerre, plus profonde et plus universelle. Tentation qui a toujours été celle d’une certaine extrême-droite pour laquelle ce serait la vie elle-même qui serait une inexpiable guerre pour la domination. Et tentation plus encore d’une certaine extrême-gauche ne voyant dans les guerres classiques que des tentatives soit pour contrecarrer (les guerres inter-étatiques – d’où son « défaitisme révolutionnaire ») soit pour exprimer indirectement (les guerres de libération nationale) le mouvement nécessaire d’une guerre elle aussi plus profonde : la guerre sociale, la lutte des classes, cette « lutte ininterrompue, tantôt secrète, tantôt ouverte » entre oppresseurs et opprimés suivant les mots de Marx au début du Manifeste. Toutefois, jusqu’à quel point ne s’agit-il là que de « tentations » auxquelles il serait essentiel de résister pour ne pas dire n’importe quoi ?