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Article de revue

Le sermon VIII Puer Jesus de Thomas d’Aquin au prisme de la relation maître-disciple

Pages 145 à 168

Citer cet article


  • Millais, M.
(2026). Le sermon VIII Puer Jesus de Thomas d’Aquin au prisme de la relation maître-disciple. Transversalités, 177(2), 145-168. https://doi.org/10.3917/trans.177.0146.

  • Millais, Marc.
« Le sermon VIII Puer Jesus de Thomas d’Aquin au prisme de la relation maître-disciple ». Transversalités, 2026/2 n° 177, 2026. p.145-168. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-transversalites-2026-2-page-145?lang=fr.

  • MILLAIS, Marc,
2026. Le sermon VIII Puer Jesus de Thomas d’Aquin au prisme de la relation maître-disciple. Transversalités, 2026/2 n° 177, p.145-168. DOI : 10.3917/trans.177.0146. URL : https://shs.cairn.info/revue-transversalites-2026-2-page-145?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/trans.177.0146


Notes

  • [1]
    La bibliographie sur Thomas d’Aquin et son œuvre ne cesse de s’accroître. Nous renvoyons le lecteur à : Jean-Pierre Torrell, Initiation à saint Thomas d’Aquin. Sa personne et son œuvre, Nouvelle édition, Paris, Cerf, 2015, avec, par Gilles Emery et Jean-Pierre Torrell, un utile « Catalogue des œuvres de saint Thomas » p. 429-486 ; Ruedi Imbach et Adriano Oliva, La Philosophie de Thomas d’Aquin. Repères, Paris, Vrin, coll. « Repères philosophiques », 2009 ; Marie-Dominique Chenu, Introduction à l’étude de saint Thomas d’Aquin, Montréal, Institut d’études médiévales ; Paris, Vrin (Université de Montréal, Publications de l’Institut d’études médiévales XI), 1993 ; id., Saint Thomas d’Aquin et la théologie, Paris, Seuil, coll. « Maîtres spirituels », n° 17, 1960 ; René-Antoine Gauthier, Saint Thomas d’Aquin. Somme contre les Gentils. Introduction, [s. l.], Éditions universitaires, coll. « Philosophie européenne », 1993 ; Adriano Oliva, « La Somme de théologie de Thomas d’Aquin. Introduction historique et littéraire », Chôra, n° 7-8, 2009-2010, p. 217-253.
  • [2]
    La numérotation de ce sermon vient de l’édition critique des sermons de Thomas d’Aquin, fruit des travaux de Louis Jacques Bataillon († 2009) et publiée dans Thomas d’Aquin, Sermones, éd. par Louis Jacques Bataillon, Rome, Commissio leonina ; Paris, Cerf (Opera omnia jussu Leonis p. m. XIII […], t. XLIV, 1, 2014), p. 101-112. L’édition dite léonine des œuvres de Thomas est citée ensuite Leon. avec le tome, la page et la ligne. La traduction utilisée est la suivante : Thomas d’Aquin, Sermons, trad. Jean-Pierre Torrell, Paris, Cerf, 2014 [cité ensuite Sermons], p. 121-135.
  • [3]
    Parmi les études qui mettent en valeur la qualité et l’originalité doctrinales du sermon VIII, citons Vivian Boland, « St Thomas’s Sermon Puer Jesus : A Neglected Source for His Understanding of Teaching and Learning », New Blackfriars, vol. 88, 2007, p. 457-470 ; Adriano Oliva, « Philosophie et théologie en prédication chez Thomas d’Aquin », Revue des sciences philosophiques et théologiques, vol. 97, 2013, p. 397-444.
  • [4]
    Ce recours à des traductions de textes des Pères grecs vaut pour la Glossa continua sur les évangiles de Marc, Luc et Jean, composée à Rome en 1265-1268. La glose sur Matthieu dédiée au pape Urbain IV († 2 octobre 1264) est compilée à Orvieto (1261- 1265) et n’a recours qu’à des auteurs latins. La dédicace de la Glossa continua sur Marc au cardinal Arnibald degli Annibaldi della Molara († fin 1272-début 1273) démontre cette composition successive et différenciée : « Ministerium expositionis adhibui, sacrorum Doctorum sententias compilando ; ad quod me induxit primitus felicis recordationis Urbani papae quarti mandatum. Verum quia, eo summo pontifice ex hac vita subtracto, tria evangelia Marci, Lucae et Ioannis exponenda restabant […] Et ut magis integra et continua praedicta sanctorum expositio rederetur, quasdam expositiones Doctorum graecorum in latinum feci transferri […] » ; voir Thomas d’Aquin, « Epistola dedicatoria », Catena super Marci evangelio, Catena aurea in quatuor evangelia, vol. I : Expositio in Matthaeum et Marcum, éd. par Angelici Guarienti, Turin – Rome, Marietti, 1953, p. 429.
  • [5]
    Il enseigne d’abord comme bachelier (étudiant avancé) la Bible, puis les Livres des Sentences de Pierre Lombard. Il reçoit la maîtrise en 1256 et devient maître-régent (maître en exercice) et remplit cette charge pour un mandat de trois ans. Il quitte Paris pour rejoindre Naples après le chapitre général de Valenciennes de juin 1259. Pour la chronologie de la vie de Thomas d’Aquin, voir Jean-Pierre Torrell, Initiation, op. cit., « Chronologie sommaire », p. 421-424 ; Adriano Oliva, « La vie de Thomas d’Aquin », dans Ruedi Imbach et Adriano Oliva, La Philosophie, op.cit., p. 15-30 ; id., « La Somme de théologie », art.cité, p. 218-230 ; sur la chronologie du premier enseignement parisien : id., Les Débuts de l’enseignement de Thomas d’Aquin et sa conception de la sacra doctrina avec l’édition du prologue de son Commentaire des Sentences, Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque thomiste », n° 58, 2006, p. 187-253.
  • [6]
    Parmi de nombreuses études : Nathalie Gorochov, « La vie religieuse des universitaires parisiens au Moyen Âge », dans Pierre Hurtubise (éd.), Université, Église, Culture. L’université catholique au Moyen Âge, Paris, Centre de coordination de la recherche de la Fédération internationale des universités catholiques, 2007, p. 379-428 ; ead., Naissance de l’université. Les écoles de Paris d’Innocent III à Thomas d’Aquin (v. 1200-v. 1245), Paris, Honoré Champion, coll. « Études d’histoire médiévale », n° 14, 2016 ; Adriano Oliva, « Philosophy in the Teaching of Theology by Thomas Aquinas », The Thomist, vol. 76, 2012, p. 397-430 ; Jacques Verger, « Thomas d’Aquin, un universitaire au Moyen Âge », dans Jacques Berlioz (éd.), Moines et religieux au Moyen Âge, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », n° 185, 1998, p. 289-303 ; id., « Le temps des universités » [voir p. 17 in fine], dans Pierre Riché et Jacques Verger, Des nains sur des épaules de géants. Maîtres et élèves au Moyen Âge, Paris, Tallandier, 2006, p. 185-287 ; id., Les Universités au Moyen Âge, Paris, PUF, coll. « Quadrige », 2020.
  • [7]
    Leon., t. 44/1, p. 102-103, 108.
  • [8]
    Pour étoffer cette rapide présentation, voir Nicole Bériou, L’Avènement des maîtres de la Parole. La prédication à Paris au xiiie siècle, Paris, Institut d’études augustiniennes, Collection des Études augustiniennes, Série « Moyen Âge et Temps modernes », n° 31-32, 1998 ; Beverly Mayne Kienzle, The Sermon, Turnhout, Brepols, coll. « Typologie des sources du Moyen Âge occidental », n° 81-83, 2000.
  • [9]
    Se développe ainsi une prédication selon l’état (« ad status ») de destinataires variés : un synode diocésain, des béguines, des pauvres, des prostituées, des croisés, etc.
  • [10]
    Jacques Verger, « Le temps des universités », art. cité, p. 263-266.
  • [11]
    Il est ainsi possible, par exemple dans le corpus de Thomas, de lire l’usage d’un même élément dans trois genres littéraires différents : voir, par exemple, l’étude de Stéphane Loiseau, « Dyonisius aliter exponit. Le rôle du Pseudo-Denys dans l’interprétation d’Is 6 par Thomas d’Aquin », Recherches augustiniennes et patristiques, vol. 40, 2024, p. 247-263.
  • [12]
    « In tribus igitur consistit exercitium sacre Scripture : in lectione, disputatione, praedicatione. […] Lectio ergo primo iacitur quasi stratorium et fundamentum sequentium […] Superponitur secundo structura uel paries disputationis.[…] Tercio erigitur tectum predicationis […] » (Pierre le Chantre, Verbum adbreviatum. Textus conflatus, éd. par Monique Boutry, Turnhout, Brepols, Corpus Christianorum Continuatio Mediaevalis, t. 196, 2004, p. 9, l. 4-12 ; notre traduction).
  • [13]
    Voir les noms donnés dans Leon., t. 44/1, p. 136*- 137*. Thomas lui-même ne pratique pas de façon habituelle ce genre de prédication mixte entre sermon moderne et homélie, comme le montrent les autres sermons édités. Cette tension entre sermon et homélie est constante sur fond de critique des systématisations scolastiques et de remise en cause de la forme du sermon moderne : Thomas Waleys, De modo componendi sermones, édité dans Thomas-Marie Charland, Artes predicandi. Contribution à l’histoire de la rhétorique au Moyen Âge, Paris, Vrin ; Ottawa, Institut d’études médiévales, 1936, p. 344 ; Siegfried Wenzel, Beyond the Sermo modernus. Sermon Form in Early Fifteenth-Century England, Toronto, Pontifical Institute of Mediaeval Studies, coll. « Studies and texts », n° 222, 2021.
  • [14]
    Il faut noter que le thema ne correspond pas exactement au verset Luc 2,52 qui ne porte que « Jesus » : « puer » se trouve dans le verset 2,40 qui est très proche quant au sens de 2,52 : « Puer autem crescebat et confortabatur plenus sapientia : et gratia Dei erat in illo. » L’expression « Puer Jesus » comme telle se trouve en 2,43 au début de la péricope du recouvrement au Temple : « Consummatisque diebus, cum redirent, remansit puer Jesus in Jerusalem et non cognoverunt parentes ejus. » Se mesurent les agglutinations de la mémoire orale et collective dont témoigne largement l’expérience liturgique. L’enquête serait à poursuivre dans les livres liturgiques contemporains de cette prédication.
  • [15]
    « Cuncta que Dominus fecit uel in carne passus est documenta et exempla sunt salutaria, unde in Iohanne [13,15] : Hoc exemplum dedi uobis ut quemadmodum ego feci ita et uos faciatis ; et quia unicuique etati, maxime annos discretionis attingenti, non deest uia salutis, ideo adolescencia Christi adolescentibus proponitur in exemplum. Proprium autem adolescentum est augmentum et profectus, ideo ad exemplum adolescentum proponitur profectus Christi » (Leon., t. 44/1, p. 103, l. 5-14 ; Sermons, p. 121).
  • [16]
    Ce paragraphe introductif, appelé prothème, destiné à attirer l’attention de l’auditoire et à demander sa prière pour le succès de la prédication ainsi que ses fruits reprend des versets bibliques qui illustrent par exemple l’embarras du prédicateur ou la grandeur de l’office de la prédication. Les prothèmes, indépendants et interchangeables donc, sont parfois regroupés en collections à l’usage des prédicateurs qui y puisent à leur guise et indépendamment de la péricope et du thème choisis : voir Leon., t. 44/1, p. 111*-121*. Il est remarquable que dans le sermon VIII, le prothème s’enracine dans la péricope du jour et n’est pas un élément rapporté : cet usage révèle la maîtrise de Thomas de l’art de la prédication.
  • [17]
    Leon., t. 44/1, p. 99.
  • [18]
    Thomas d’Aquin, Somme de théologie, IIIa pars, q. 12.
  • [19]
    Les éléments de cette description synthétique proviennent de Jacques Verger, « L’université de Paris au Moyen Âge (xiiie-xive siècles) », dans Boris Bove et Claude Gauvard (éd.), Le Paris du Moyen Âge, Paris, Belin, 2014, p. 187-192. Voir la bibliographie p. 267.
  • [20]
    « Sed constat quod omnes Iudaei erant ; quomodo ergo dicit Nam et loquela tua manifestum te facit ? Solvit Hieronymus quod in eadem lingua saepe diversa locutio fit, sicut patet in Francia, et Picardia, et Burgundia, et tamen una loquela est. Sic Galilaei aliquam differentiam habebant a Ierosolytanis. Sic et cuilibet potest dici : Nam et loquela tua manifestum te facit : quia ut dicitur Lc. VI 45 ex abundantia cordis os loquitur ; quia cum homo carnalis est, cito prorumpit in verba carnalia ; cum spiritualis, in verba spiritualia » (Thomas d’Aquin, Super evangelium S. Matthaei lectura, cap. 26, lect. 7, éd. par Raphaël Cai [5e éd. révisée], Turin – Rome, Marietti, 1951, p. 352, n° 2296).
  • [21]
    « Item crescere etate corporis non mentis est dampnosum. Qui haberet tempus ad acquirendum rem magnam et dimitteret ipsum fluere in uanum, magnum dampnum reputaret, sicut mercator tempus nundinarum quando credit multum lucrari, et scolaris quando credit audire lectionem utilem, si tempus istud amittat, reputat se multum dampnificatum. Tempus datum est tibi ut lucreris non ista uilia, sed Deum et bona celestia que nullus capere potest […] » (Leon., t. 44/1, p. 105, l. 130-139 ; Sermons, p. 124).
  • [22]
    Voir Henri Dubois, « Foire », dans Claude Gauvard, Alain de Libera et Michel Zink (éd.), Dictionnaire du Moyen Âge, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige Dicos poche », 2012, p. 539-543.
  • [23]
    « Item crescere etate corporis non mentis est laboriosum. Sed dices : “Iuuenis sum ; uolo ludere in iuuentute mea ; cum ero senex conuertam me ad Dominum.” Certe committis te magno labori : quod homo assuescit a iuuentute sua facile est ei ; quod patet quia facile est rustico in campo laborare quia consueuit, quod tibi est difficile. Si consuescis facere uoluntatem tuam et uiuere in peccatis, aut desperas de uita eterna aut conseruas te magno labori, […] » (Leon., t. 44/1, p. 105, l. 165- 174 ; Sermons, p. 125). Un des points d’appui de cette comparaison se trouve également dans le donné scripturaire, voir Siracide 38,24–39,11 qui compare les travaux du scribe et de l’artisan.
  • [24]
    Dans la Secunda secundae de la Somme de théologie, Thomas mentionne parmi les parties de la vertu de tempérance la studiositas et selon le plan de cette partie de la Somme de théologie, son vice opposé la curiositas : Thomas d’Aquin, Summa theologiae, IIa IIae, q. 166-167. Signalons l’étude de Serge-Thomas Bonino, « Étude15. Du bon usage de l’étude. Réflexions autour de la vertu de studiosité », dans Études thomasiennes, Paris – Les-Plans-sur-Bex, Parole et Silence, 2018, p. 409-422 [repris de : Marie-Thérèse Urvoy et Luc-Thomas Somme (éd.), L’Amour du Christ nous presse. Mélanges offerts à Mgr Pierre Debergé, Versailles, Éditions de Paris, 2013, p. 375-390 (voir Serge-Thomas Bonino, Études thomasiennes, op. cit., p. 19)].
  • [25]
    « Hoc igitur est primum studium ut crescamus mente sicut etate ; sed quomodo crescit homo mente ? Certe quando crescit sapiencia et gracia, et, licet in theumate prius fiat mentio de sapiencia quam de gracia, nos tamen prius dicemus de gracia, quia inicium sapiencie timor Domini » (Leon., t. 44/1, p. 106, l. 202-207 ; Sermons, p. 125).
  • [26]
    Voir les écrits de défense de la vie religieuse écrits dans cette période par Thomas d’Aquin, De perfectione spiritualis vitae (1269-1270) et Contra doctrinam retrahentium a religione (décembre 1270-février 1271), dans Leon., t. 41, B et C. Ce tome édite également le Contra impugnantes Dei cultum et religionem (mai-septembre 1256). Ces trois textes se trouvent en traduction dans Thomas d’Aquin, « La perfection, c’est la charité ». Vie chrétienne et vie religieuse dans l’Église du Christ. Contre les ennemis du culte de Dieu et de l’état religieux. La perfection de la vie spirituelle. Contre l’enseignement de ceux qui détournent de l’état religieux, trad. Jean-Pierre Torrell, Paris, Cerf, 2010.
  • [27]
    « Inter omnia vero hominum studia sapientiae studium est perfectius, sublimius, utilius et iucundius. Perfectius quidem, quia inquantum homo sapientiae studium dat, intantum verae beatitudinis iam aliquam partem habet […] Sublimius autem autem est quia per ipsum homo praecipue ad divinam similitudinem accedit […] unde quia similitudo causa est dilectionis, sapientiae studium praecipue Deo per amicitiam coniungit […] Utilius autem est quia per ipsam sapientiam ad immortalitatis regnum pervenitur […] Iucundius autem est […] » (Leon., t. 13, p. 6, l. 1a-18a ; Thomas d’Aquin, Contra Gentiles, lib. I, cap. 2, Somme contre les Gentils. Livre sur la vérité de la foi catholique contre les erreurs des infidèles, trad. Vincent Aubin, Cyrille Michon et Denis Moreau, Livre I [trad. Cyrille Michon], Paris, Flammarion, coll. « GF/ Philosophie », n° 1045, 1999, p. 141-142, § 1)
  • [28]
    Voir le propos conclusif de René-Antoine Gauthier, Saint Thomas d’Aquin. Somme contre les Gentils. Introduction, op. cit., p. 179-181.
  • [29]
    « Ad hoc autem quod homo in sapiencia proficiat, quatuor sunt necessaria, scilicet quod libenter audiat, diligenter inquirat, prudenter respondeat et attente meditetur » (Leon., t. 44/1, p. 108, l. 356-359 ; Sermons, p. 129).
  • [30]
    « Primo dico : ad hoc quod homo in sapiencia proficiat, necessarium est ei quod libenter audiat, quia sapiencia ita est profunda quod nullus homo est sufficiens per se ad contemplandum per se ipsum […] Nullus est ita sapiens quin audiendo addiscat […] » (Leon., t. 44/1, p. 108, l. 360-368 ; Sermons, p. 129-130).
  • [31]
    « Sed quomodo debes audire ? Certe perseueranter. Quidam unam lectionem uolunt audire in una sciencia transitorie ; non ponunt ibi cor […] ita et tu assidue debes audire » (Leon., t. 44/1, p. 108, l. 370-374 ; Sermons, p. 130).
  • [32]
    « Item debemus audire non solum ab uno sed a multis […] Vnus non est perfectus in omnibus. Beatus Gregorius optime sciuit moralitates, beatus Augustinus questiones soluere et beatus Ambrosius optime allegorizauit. Quod non addiscis ab uno, addiscis ab alio […] Quod non narrat unus, narrat alius » (Leon., t. 44/1, p. 108-109, l. 376-386 ; Sermons, p. 130).
  • [33]
    « Non dico quod credam utile esse quod qui incipiunt primo audire scienciam aliquam quod diuersos audiant, sed debent audire unum quousque sint fundati, et cum sint fundati, audiant diuersos ut possint carpere flores ex diuersis, id est que sunt utilia » (Leon., t. 44/1, p. 109, l. 386-391 ; Sermons, p. 130).
  • [34]
    « Quia catholicae veritatis doctor non solum provectos debet instruere, sed ad eum pertinet etiam incipientes erudire […] propositum nostrae intentionis in hoc opere est, ea quae ad Christianam religionem pertinent eo modo tradere, secundum quod congruit ad eruditionem incipientium » (Thomas d’Aquin, Somme de théologie, Prologue, Leon., t. 4, p. 5). Ce passage rédigé vers 1265 reprend des expressions de la description de la charge de lecteur conventuel par Humbert de Romans dans De officiis ordinis écrit entre 1260 et 1263. Thomas vient d’exercer cet office à Orvieto (et il l’exerce peut-être encore à Rome) au moment où il commence à écrire la Somme de théologie : voir Adriano Oliva, « La Somme de théologie », art.cité, p. 231-236 ; Humbert de Romans, Instructiones de officiis ordinis, dans Opera de vita regulari, éd. par Joachim Joseph Berthier, vol. 2, Turin, Marietti, 1956, p. 254-256.
  • [35]
    « […] auditori enim committitur officium iudicis, quia iuste debet iudicare quod audit […] Auditor debet esse iustus iudex. Sed aliqui sequuntur opinionem magistrorum quia audiunt eos ; sed nullus debet habere amicum in ueritate sed solum debet ueritati adherere, quia dicit Philosophus quia discordia in opinionibus non repugnat amicicie » (Leon., t. 44/1, p. 109, l. 393-401 ; Sermons, p. 130).
  • [36]
    Le passage renvoie par deux fois à Aristote : 1/ « nul ne doit être considéré comme un ami quand il s’agit de la vérité » (Aristote, Éthique à Nicomaque, I, 1096a 16-17) ; 2/ « selon le Philosophe la diversité des opinions ne porte pas tort à l’amitié » (ibid., IX, 1167a 24-26). La citation 1 relève plus largement d’une sagesse diffusée par l’adage latin « Amicus Plato, sed magis amica veritas » ; voir Giuseppe Fumagalli, Chi l’ha detto ? Tesoro di citazioni italiane e straniere, di origine letteraria et storica, Milan, Ulrico Hoepli, 1989 [10e éd.], p. 487-488, n° 1614 ; Sermons, p. 103, note 2 (de Jean-Pierre Torrell).
  • [37]
    « Nec turbabatur unquam quia contradiceretur oppinionibus suis, ymo dixit cuidam iuueni, scilicet fratri Remigio de Florentia, qui contradixit alicui oppinioni sue : Secure dicas id quod tibi uidetur, quia Deus dedi intellectum ita tibi sicut et mihi, et aliquid forte ostendit Dominus tibi quod non ostendit mihi » (Leon., t. 44/1, p. 100 ; Sermons p. 120). L’interlocuteur de Thomas, Rémi de Florence, es Remigio de Girolami : Emilio Panella, « Nuova cronologia remigiana », Archivum Fratrum Praedicatorum, vol. 60, 1990, p. 145-311, p. 156-157 sur ses études à Paris. Panella ne mentionne pas ce trait provenant d’un sermon de Jean de San Gimignano pour la fête de saint Thomas d’Aquin vers 1325, fragment édité par Hugues-Vincent Shooner, Listes anciennes des écrits de Thomas d’Aquin. Thèse présentée en vue de l’obtention du grade de Philosophiae Doctor (Ph. D.) en théologie, Ottawa, Collège dominicain de philosophie et de théologie, mars 1974, [thèse non publiée], p. 47, n. 1. Ce trait a très probablement pour origine Rémi de Florence lui-même, qui appartient au couvent de Florence comme Jean de San Gimignano. D’autre part, il faut ajouter, en suivant Shooner (ibid., p. 44-47), la qualité de la documentation de Jean de San Gimignano, en particulier en ce qui concerne les écrits de Thomas dont il connaît une liste parisienne parmi les plus anciennes et les plus sûres, qualité qui rend encore plus vraisemblable l’authenticité de ce trait.
  • [38]
    « Videte : qui indigent re temporali non solum sunt contenti quod ea offeratur sed diligenter eam inquirunt. Et ita nos diligenter debemus sapienciam querere, […] Transeunt aliqui montes et maria ut acquirant pecuniam ; sic et tu debes laborare pro sapiencia » (Leon., t. 44/1, p. 109, l. 412- 418 ; Sermons, p. 131).
  • [39]
    « […] ubi debes querere sapienciam et a quibus. Certe : a tribus. Primo a magistro uel a sapiencioribus, unde in Deuteronomio : Interroga patrem, id est magistrum, quia, sicut pater te genuit corporaliter, ita magister genuit te spiritualiter » (Leon., t. 44/1, p. 109, l. 421-426 ; Sermons, p. 131).
  • [40]
    « Item non solum debes esse contentus ut interroges presentes, sed debes interrogare antiquos et absentes. Si non habes copiam quantum ad personas, habes tamen quantum ad scripta. Quando uides scripta Augustini et Ambrosii, tunc interrogas ipsos » (Leon., t. 44/1, p. 109, l. 429-434 ; Sermons, p. 131).
  • [41]
    Voir, entre autres, René-Antoine Gauthier, Saint Thomas d’Aquin. Somme contre les Gentils. Introduction, op. cit., p. 59-100 : « L’Aristote de saint Thomas dans la Somme contre les Gentils » ; Martin Morard, « Une source de saint Thomas d’Aquin : le deuxième concile de Constantinople (553) », Revue des sciences philosophiques et théologiques, vol. 81, 1997, p. 21-56 ; Emil Dobler, Falsche Väterzitate bei Thomas von Aquin. Gregorius, Bischof von Nyssa oder Nemesius, Bischof von Emesa ? Untersuchungen über die Authentizität der Zitate Gregors von Nyssa in den gesamten Werken des Thomas von Aquin, Fribourg (Suisse), Universitätsverlag Freiburg/Schweiz, coll. « Dokimion – Neue Schriftenreihe/Nouveaux suppléments à la Freiburger Zeitschrift für Philosophie und Theologie », vol. 27, 2001 ; Pierre-Marie Gy, « Saint Thomas d’Aquin à la recherche de livres », Revue des sciences philosophiques et théologiques, vol. 86, 2002, p. 337-341 ; Martin Morard, « Thomas d’Aquin, lecteur des conciles », Archivum franciscanum historicum, vol. 98, 2005, p. 211-365.
  • [42]
    « Item non solum sufficit quod ipsos interroges uel etiam scripta, sed debes considerare in consideratione creaturarum […] Opera Dei sunt indicia sapiencie eius, sicut in artificiato multa possumus conicere de sapiencia artificis […] » (Leon., t. 44/1, p. 109, l. 437-444 ; Sermons, p. 131).
  • [43]
    Prend place ici l’idéal de l’ordre des Prêcheurs, choisi et vécu intensément par frère Thomas d’Aquin et qu’il rassemble sous l’axiome « contemplata aliis tradere », dans son œuvre la plus célèbre, à propos des états de vie du chrétien d’une part, et du comportement du Christ dans sa vie terrestre, d’autre part : Thomas d’Aquin, Summa theologiae, IIa IIae, q. 188, a. 6, resp. ; IIIa, q. 40, a. 2 , ad 2. Voir aussi le chapitre « Le métier du sage » de René-Antoine Gauthier, Saint Thomas d’Aquin. Somme contre les Gentils. Introduction, op. cit., p. 143-163.
  • [44]
    « Quilibet potest experiri quod nullus ita bene potest proficere in sciencia sicut in communicando aliis quod ipse sciti ; et hoc est debitum ut homo respondeat alii de eo quod nouit […] » (Leon., t. 44/1, p. 109-110, l. 447-451 ; Sermons, p. 132).
  • [45]
    Voir « Concilium Lateranense IV (1215) », cap. 10 et 27, dans Sacrorum conciliorum nova et amplissima collectio […], éd. par Giovanni Domenico Mansi, t. 22, Venise, Antonio Zatta, 1778 (repr. anast. Leipzig, F. M. Geidel ; Paris – Leipzig, H. Welter, 1903), col. 998-999, 1015.
  • [46]
    Une des manières de comprendre l’université médiévale est celle du modèle corporatiste : la corporation partage une compétence à laquelle elle forme à travers des apprentis, dont elle garantit la qualité et défend les intérêts. Le modèle de la corporation est également présent dans l’ordre auquel appartient Thomas, ordre qui met en commun une compétence, la prédication, par un groupe de frères désignés par cette activité de frères prêcheurs. L’effet de miroir entre les deux institutions à la forme de corporation explique pour une part, sans en être la seule raison, l’affinité entre l’ordre des Prêcheurs et l’université, entre Thomas défenseur du type de vie religieuse qui est le sien et son engagement dans l’université de son temps.
  • [47]
    « acquirere sapienciam eam aliis communicando » p. 109, l. 445-446 adopte un vocabulaire plus technique que l’adage « Docendo discitur », formule ramassée de Sénèque, Lettres à Lucilius, Lib. 1, Ep. 7, § 8, éd. par François Fréchac, trad. Henri Noblot, Paris, Les Belles Lettres, Collection des universités de France, 1976, p. 21 : « Homines dum docent discunt ». Voir Giuseppe Fumagalli, Chi l’ha detto ? Tesoro di citazioni italiane e straniere, di origine letteraria et storica, op. cit., p. 478, nos 1577- 1578.
  • [48]
    À propos des citations bibliques de Thomas, il serait tout à fait pertinent de mener pour les textes à propos de la sagesse et des citations bibliques de Thomas la concernant des enquêtes du type de celle qu’a menée Serge-Thomas Bonino, Saint Thomas d’Aquin lecteur du Cantique des cantiques, Paris, Cerf, 2019.
  • [49]
    Ainsi Si 24 et Pr 1,20-33 et encore Pr 8-9, Job 28, Ba 3,9–4,4.
  • [50]
    « Assumpta igitur ex divina pietate fiducia sapientis officium prosequendi, quamvis proprias vires excedat, propositum nostrum intentionis est veritatem quam fides Catholica profitetur, pro nostro modulo manifestare, errores eliminando contrarios […] Contra singulorum autem errores difficile est procedere, propter duo. Primo, quia non ita sunt nobis nota singulorum errantium dicta sacrilega ut ex his quae dicunt possimus rationes assumere ad eorum errores destruendos […] Secundo, quia quidam eorum, ut Mahumetistae et pagani, non conveniunt nobiscum in auctoritate alicuius Scripturae, per quam possint convinci […] Unde necesse est ad naturalem rationem recurrere, cui omnes assentire coguntur. Quae tamen in rebus divinis deficiens est » (Leon., p. 6, l. 22a-22b ; Thomas d’Aquin, Contra Gentiles, lib. I, cap. 2, Somme contre les Gentils. Livre sur la vérité de la foi catholique contre les erreurs des infidèles, Livre I, op. cit., p. 142, § 2-3).
  • [51]
    Ce passage du sermon VIII concernant la méditation, et en particulier celle de Marie, se trouve repris et développé dans les Collations sur le Symbole de Thomas à Naples en 1273 : Thomas d’Aquin, Collationes super symbolum, cap. IV, The Sermon-Conferences of St. Thomas Aquinas on the Apostles’ Creed, trad. intr. éd. par Nicholas Ayo, Notre Dame (Indiana), University of Notre Dame Press, 1988, p. 50 et 52 (avec trad. anglaise en regard) ; trad. française : Thomas d’Aquin, Ce que je crois. Sermons catéchétiques sur le Symbole des Apôtres, trad. Jean-Pierre Torrell, Paris, Cerf, 2021, p. 59-60.
  • [52]
    Adriano Oliva, Les Débuts de l’enseignement de Thomas d’Aquin, op. cit. Voir aussi la synthèse de Ruedi Imbach et Adriano Oliva, La Philosophie, op. cit., p. 85-92.
  • [53]
    L’ouvrage de référence sur lequel s’appuie ce passage est le suivant : Thomas d’Aquin, Le Maître. Questions disputées sur la Vérité. Question XI, intr. Ruedi Imbach, trad. Bernadette Jollès, Paris, Vrin, coll. « Translatio. Philosophies médiévales », 2016 [cité ensuite Le Maître]. Le lecteur trouvera aussi p. 35-67 dans ce volume une présentation de l’université médiévale et de la carrière de Thomas.
  • [54]
    Marie-Dominique Chenu, Introduction, op. cit., p. 78-81.
  • [55]
    Adriano Oliva, « La Somme de théologie », art. cité, p. 217-253 où le lecteur trouvera non seulement un résumé de la vie de Thomas d’Aquin, mais aussi une présentation de la Somme de théologie et de son projet et de son genre littéraire en lien avec celui des questions disputées.
  • [56]
    L’apparat des sources d’une édition critique d’un texte médiéval permet de situer le propos de l’auteur parmi les réseaux textuels auxquels il a recours.
  • [57]
    Au sujet de ce terme et sur la manière d’argumenter, voir Marie-Dominique Chenu, Introduction, op. cit., p. 106-131.
  • [58]
    « Utrum unus homo possit alium docere ». Pour le texte latin et une traduction en français, voir Le Maître, p. 229- 245 ; « De his quae pertinent ad actionem hominis » (Leon., t. 5, p. 557).
  • [59]
    Ruedi Imbach, intr. Le Maître, p. 84-85. Pour les termes concernant la philosophie de la connaissance présents dans ces textes de Thomas, voir Bernadette Jollès, « Vocabulaire », dans Le Maître, p. 247-259.
  • [60]
    Traduction reprise de La Bible traduite en français sur la Vulgate par Louis-Isaac Le Maistre de Sacy, Texte de l’éd. de 1759, Paris, Cerf, 2024, p. 1784. Texte latin : « Vos autem nolite vocari Rabbi : unus est enim magister vester, omnes autem vos fratres estis. Et patrem nolite vocare vobis super terram : unus est enim Pater vester, qui in coelis est. Nec vocemini magistri : quia magister vester unus est, Christus » (d’après Biblia sacra Vulgatae editionis Sixti V. Pont. Max. jussu recognita et Clementis VIII. auctoritate edita, Tournai [Belgique], Typis societatis sancti Joannis Evangelistae, 1881, [2e série de pagination] p. 18b).
  • [61]
    « quod Apostolus dicit, I ad Tim. II : in qui positus sum ego praedicator et Apostolus, Doctor gentium in fide et veritate » ; « De ce témoignage j’ai été établi prédicateur et apôtre, docteur pour les Gentils dans la foi et la vérité » ; voir Le Maître, p. 232-233.
  • [62]
    Le rapprochement de ces deux citations se trouve également dans Jérôme, Contre Helvidius, d’après Thomas d’Aquin, Catena in Matthaeum, cap. 23, lect. 2, Catena aurea in quatuor evangelia, vol. I, op. cit., p. 333a. Le texte cité par Thomas se trouve en réalité dans Jérôme, Commentaire de l’évangile de Matthieu, lib. IV, cap. 23, Patrologia latina, t. 26, 1884, col. 176A.
  • [63]
    Voir Bernadette Jollès, art. « Intellect agent – Intellect possible », dans Le Maître, p. 253-254.
  • [64]
    Thomas d’Aquin, Le Maître, p. 233. « Phantasme » est « la similitude d’une chose particulière » (Somme de théologie, Ia pars, q. 84, a. 7, ad 2), « la représentation que le sens produit à partir d’un corps sensible » ; voir Bernadette Jollès, art. « Phantasme », dans Le Maître, p. 256-257.
  • [65]
    Voir Étienne Gilson, La Philosophie au Moyen Âge, p. 353, cité par Bernadette Jollès, art. « Intellect agent – Intellect possible », dans Le Maître, p. 253-254.
  • [66]
    Voir Leon., t. 43, p. 247- 314 ; une traduction et d’autres textes traduits de Thomas sur le même argument avec une introduction sur le contexte et la réflexion sur cette question dans : Thomas d’Aquin, L’Unité de l’intellect contre les averroïstes suivi des Textes contre Averroès antérieurs à 1270, Introduction, traduction, notes et index par Alain de Libera, Paris, Flammarion, coll. « GF/ Philosophie », n° 713, 1994.
  • [67]
    Ruedi Imbach, intr. Le Maître, p. 67-77.
  • [68]
    Les comparaisons avec l’art médical trouvent un appui scripturaire dans Si 38,1-15.
  • [69]
    « Sed quomodo potest homo scire quod a se non habeat doctrinam ? Patet quia sic esset in eius voluntate dare doctrinam cui vellet, sed non potest, immo solius Dei est, qui interius cor illuminat. Et est exemplum manifestum in sanitate, quia medicus sanat, quia aliqua exterius ministrat ; sed natura principaliter sanat, medicus vero quaedam adiumenta ministrat ; et sanat medicus sicut natura, reducendo scilicet ad medium. Sic est de scientia, quia principium est nobis a natura, scilicet intellectus ; unus qui docet adhibet quaedam auxilia doctrinae, sicut medicus sanitatem sed solus Deus operatur in intellectu. Unde unus est magister vester, unde non debetis vocari magistri » (Thomas d’Aquin, Super evangelium S. Matthaei lectura, cap. 23, lect. 1, op. cit., p. 286, n° 1849).
  • [70]
    Par exemple, ce sont : le principe de non-contradiction (une chose ne peut pas être vraie et fausse au même moment et sous le même rapport) ; le tout est plus grand que la partie ; deux quantités égales à une même troisième sont égales entre elles. Voir Ruedi Imbach, intr. Le Maître, p. 91-93 ; Thomas d’Aquin, Questions disputées sur la vérité, q. 11, art. 1, corpus, texte et traduction : Le Maître, p. 135.
  • [71]
    Thomas d’Aquin, Summa Theologiae, Ia pars, q. 117, a. 1, corpus, Le Maître, p. 240-241.
  • [72]
    Ibid., Ia pars, q. 117, a. 1, ad 1, Le Maître, p. 242-243.
  • [73]
    Ibid., Ia pars, q. 117, a. 1, ad 2, Le Maître, p. 242-243.
  • [74]
    Ibid.
  • [75]
    Voir à ce sujet la puissante synthèse de Paul Vignaux, Philosophie au Moyen Âge précédée d’une Introduction autobiographique et suivi de Histoire de la pensée et problèmes contemporains, édités, présentés et annotés par Ruedi Imbach, Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque d’histoire de la philosophie », 2004, p. 186-191. Cette attention de Thomas à la consistance des créatures comme causes secondes face au Créateur comme cause première est constante. Par exemple, dans une thématique plus directement théologique comme l’exercice de la vertu de religion par la prière, Thomas écrit dans la Somme de théologie, IIa IIae, q. 88, a. 2, corpus : « […] considerandum est quod ex divina providentia non solum disponitur qui effectus fiant, sed etiam ex quibus causis et quo ordine proveniant. Inter alias autem causas sunt quorundam causae actus humani. Unde oportet homines agere aliqua, non ut per actus suos impleant quosdam effectus secundum ordinem a Deo dispositum. Et idem est etiam in naturalibus causis. Et simile est etiam de oratione. Non enim propter hoc oramus ut divinam dispositionem immutemus : sed ut id impetremus quod Deus disposuit per orationes sanctorum esse implendum […] » ; « […] il faut considérer que la providence divine ne se borne pas à établir que tel ou tel effet sera produit ; elle détermine aussi en vertu de quelles causes et dans quel ordre il le sera. Or l’activité humaine est efficace et nous pouvons la mettre au rang des causes. Aussi faut-il que l’homme agisse non pour que ses actes changent le plan divin, mais pour qu’ils réalisent certains effets conformément à l’ordre établi par Dieu. C’est d’ailleurs ce qui se passe dans la causalité naturelle ; et il en est de même pour la prière. Nous ne prions pas pour changer l’ordre établi par Dieu, mais pour obtenir ce que Dieu a décidé d’accomplir par le moyen des prières des saints » (trad. dans Thomas d’Aquin, Somme théologique, t. 3, Paris, Cerf, 1985, p. 523a). Blaise Pascal (1623-1662) est lui aussi sensible à cette densité de l’agir humain face à Dieu, ainsi dans les Pensées : « Pourquoi Dieu a établi la prière ? 1. Pour communiquer à ses créatures la dignité de la causalité. Mais pour conserver la prééminence, il donne la prière à qui il lui plaît […] Dieu ne donne que suivant ses promesses. Il a promis d’accorder la justice aux prières. Jamais il n’a promis les prières qu’aux enfants de la promesse » (Blaise Pascal, Pensées, opuscules et lettres, [Pensées, éd. par Philippe Sellier ; Opuscules et lettres, éd. par Laurence Plazenet et Philippe Sellier], Paris, Classiques Garnier, coll. « Classiques jaunes – Littératures francophones », n° 595, 2018, p. 611-612, fragment 757).
Français

Le sermon VIII Puer Jesus de Thomas d’Aquin consiste en une prédication aux membres de l’Université de Paris et en particulier aux étudiants à propos de la manière de mener leur vie d’étude. En ce sens, ce sermon est exemplaire de la manière dont Thomas pratique la relation d’un maître à ses disciples par la forme adoptée pour ce sermon, mais aussi par son contenu. Une comparaison avec la Somme de théologie Ia pars, q. 117, a. 1 démontre que l’enseignement donné dans ce sermon s’enracine dans la réflexion doctrinale de Thomas.

  • Thomas d’Aquin
  • prédication
  • sermon
  • maître
  • disciple
  • enseignement
  • connaissance

Mots-clés éditeurs : Thomas d’Aquin, prédication, sermon, maître, disciple, enseignement, connaissance


English

Thomas Aquinas’s sermon VIII Puer Jesus was preached to members of the University of Paris. It is particularly intended to instruct students in how to lead a life of studies. In that sense, this sermon exemplifies, both through form and content, the manner in which Thomas sees the master/disciple relationship. Comparing this with Summa Theologiae, Ia, q. 117, a. 1, shows that this sermon’s message is rooted in Thomas’s doctrinal thought.
following the work of Robert Gregg and Denis Groh. Faced with Arianism, which reduces the Son to being, like us, one chosen by grace and merit, Athanasius insists on the centrality of the Son in our divine election. This position of the Alexandrian finds an echo in Karl Barth, a modern theologian in his conception of the Son as the subject of our divine election. This article is based on a presentation given by the author at the 14th “Athanasius of Alexandria, the stubborn faithful of Nicaea” patristics conference organized by the Caritas Patrum association on March 29, 2025, at the Jean-Baptiste Souzy Center in La Rochelle.

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  • Treatises Against the Arians
  • Life of Anthony

Mots-clés éditeurs : Thomas Aquinas, preaching, sermon, master, disciple, teaching, science, Arianism, Athanasius of Alexandria, divine election, Karl Barth, Nicaea, Pelagianism, soteriology, Treatises Against the Arians, Life of Anthony


Date de mise en ligne : 30/04/2026

https://doi.org/10.3917/trans.177.0146

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