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Article de revue

L'extase singulière du temps selon Glenn Gould

Pages 211 à 222

Citer cet article


  • Choulet, P.
(2009). L'extase singulière du temps selon Glenn Gould. Topique, 109(4), 211-222. https://doi.org/10.3917/top.109.0211.

  • Choulet, Philippe.
« L'extase singulière du temps selon Glenn Gould ». Topique, 2009/4 n° 109, 2009. p.211-222. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-topique-2009-4-page-211?lang=fr.

  • CHOULET, Philippe,
2009. L'extase singulière du temps selon Glenn Gould. Topique, 2009/4 n° 109, p.211-222. DOI : 10.3917/top.109.0211. URL : https://shs.cairn.info/revue-topique-2009-4-page-211?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/top.109.0211


Notes

  • [1]
    Cf. Ph. Choulet & A. Hirt, L’idiot musical, Glenn Gould, Contrepoint et existence, Kimé, 2006.
  • [2]
    Il y a, dans La dialectique de la durée de Bachelard, une critique décisive du bergsonisme.
  • [3]
    à condition qu’ils expriment justement cette différence suffisamment nettement pour que nous en ayons la preuve par les effets… Il nous faut alors nous-mêmes en faire l’expérience.
  • [4]
    On voit la raison de la polémique, quand on sait ce que Bergson, fétichiste de la vie, a pu penser de l’intelligence technique…
  • [5]
    Cette temporalité de l’imagination transcendantale montre que non seulement cette puissance de production des schèmes est le vrai secret de l’âme humaine, comme le pense Kant, mais qu’elle est aussi et celui de la création des œuvres artistiques, et celui de la re-création des œuvres par l’interprétation / exécution. L’expression de Kant, « art caché », est à prendre non métaphoriquement, mais au sens fort, ce que Nietzsche aura bien compris, et sans transcendantal, encore !
  • [6]
    Rappelons que nul ne ment autant qu’un homme indigné (Nietzsche) et que la vérité est toujours l’incroyable…
  • [7]
    L’allusion à Rousseau vise ici le Rousseau défensif et plus moralisateur que moraliste, celui du Discours sur les Sciences et les Arts, celui de la Lettre à D’Alembert sur les spectacles, qui exprime une méfiance permanente vis-à-vis de l’artefact (pensons à l’opposition à Rameau – nous autres modernes, nous savons désormais que Rameau a raison…). Ce Rousseau contraste avec celui du Contrat social, qui affronte la question de la convention…
  • [8]
    Il y a beaucoup à penser sur le destin esthétique du concept alchimique, passionnel, artistique et scientifique de « précipitation » Cf. Stendhal, Proust, Genet…
  • [9]
    Nous pourrions nous amuser à repérer, dans la jungle des enregistrements gouldiens, ce qui relève des diverses catégories du jeu en s’inspirant des travaux de Roger Caillois (Les jeux et les hommes. Le masque et le vertige, 1967) : ludus et paidia (soit la libre activité non réglée de l’enfant ou celle, réglée, de l’activité qui éduque, qui élève), agôn ou polémos (compétition), mimicry (simulacre), ilinx (vertige), alea (hasard)… Et encore, nous avons échappé, hélas, aux Diabelli, aux Tableaux d’une exposition et aux Variations sur un thème de Haendel
  • [10]
    Je me sers ici de l’avertissement spinoziste, qu’on retrouve chez Nietzsche : nul ne sait ce que peut le corps (Éthique, III, scolie prop. II).
  • [11]
    Cf. Bachelard, La dialectique de la durée, P.U.F., 1950, chap. II, p. 32 et suiv – Bachelard y discute la thèse fructueuse (mais oubliée…) de Pierre Janet.
  • [12]
    Cf. En vrac, ceux qui ont senti que la question de l’existence était parfois de penser qu’il fallait faire d’elle une œuvre d’art… Montaigne, Nietzsche, Kafka, Proust, Musil, Dostoïevski, Trakl, etc.
  • [13]
    Op. cit., chap. I, p. 6.
  • [14]
    Cf. Ph. Choulet, « Trois mythologies : le Nord, le Gris, la Solitude », in Ph. Choulet & A. Hirt, L’idiot musical, Glenn Gould, Contrepoint et existence, Kimé, 2006, p.216-219.
  • [15]
    Cf. Les méditations de St Augustin, sur l’extensio animi
Français

L’interprétation musicale est invention du temps de l’œuvre et de la temporalité du sujet. Il y a donc autant de temporalités que d’exécutions : le temps n’est pas un donné naturel, mais une genèse progressive et singulière, autant principe qu’artefact. La leçon de Gould porte également sur l’existence même : la vérité de l’existence, sa singularisation effective, a pour condition le principe de nécessité intérieure, qui seul permet l’épiphanie du sens fort de la vie, la béatitude et l’éternité, bref, son extase.

Mots-clés

  • Gould
  • Temporalité
  • Durée
  • Extase
  • Éternité
  • Invention
  • Interprétation
  • Nécessité intérieure
  • Artifice
  • Montage

Mots-clés éditeurs : Artifice, Durée, Éternité, Extase, Gould, Interprétation, Invention, Montage, Nécessité intérieure, Temporalité


English

The Singular Ecstasy of Time according to Glenn Gould


Interpreting a piece of music is the invention of time in the work and the temporality of the subject. There are as many temporalities as there are performances – time is not a natural piece of data but rather the result of a progressive, singular genesis, as much a principle as an artefact. What Gould teaches us has much to do with existence itself. The truth of existence, its effective singularisation, is entirely born from inner necessity, which in turn allows for the epiphany of life in the fullness of its meaning, of beatitude and eternity, in other words of ecstasy.

Key-words

  • Gould
  • Temporality
  • Duration
  • Ecstasy
  • Eternity
  • Invention
  • Interpretation
  • Inner Necessity
  • Artifice
  • Montage

Mots-clés éditeurs : Artifice, Duration, Ecstasy, Eternity, Gould, Inner Necessity, Interpretation, Invention, Montage, Temporality


Date de mise en ligne : 29/06/2010

https://doi.org/10.3917/top.109.0211

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