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Article de revue

Avant-propos

Pages 7 à 9

Citer cet article


  • Barreau, J.-J.
(2008). Avant-propos. Topique, 103(2), 7-9. https://doi.org/10.3917/top.103.0007.

  • Barreau, Jean-Jacques.
« Avant-propos ». Topique, 2008/2 n° 103, 2008. p.7-9. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-topique-2008-2-page-7?lang=fr.

  • BARREAU, Jean-Jacques,
2008. Avant-propos. Topique, 2008/2 n° 103, p.7-9. DOI : 10.3917/top.103.0007. URL : https://shs.cairn.info/revue-topique-2008-2-page-7?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/top.103.0007


Notes

  • [1]
    Freud S. (1905)»De la psychothérapie », La technique psychanalytique. Paris : P.U.F., 1977, p.15.
  • [2]
    Valabrega J.P. La formation du psychanalyste, Nouvelle édition, Paris : Payot, 1994, p. 366.
  • [3]
    Zaltzman N. (1985) « Demande de contrôle » et résistance à l’analyse, Études freudiennes, 31 mai 1989, pp. 43-65.

1« Ce n’est point chose facile, en effet, que de jouer de l’instrument psychique » exposait Freud, en 1904, lors d’une conférence faite au Collège des médecins de Vienne [1]. Pour travailler son instrument, il n’y avait alors, pour l’analyste, d’autres voies que celle de l’autoanalyse puis de l’analyse dite « didactique ». La pratique des cures dites « contrôlées » viendra ensuite, après la fondation de la policlinique psychanalytique de Berlin en 1920. Dès lors, cette pratique occupera une place toujours plus importante dans la formation des psychanalystes et dans la transmission de la psychanalyse.

2Écarter de la discussion la dimension institutionnelle et le poids de ses exigences n’est probablement pas possible lorsque l’on sait à quel point la théorie et la pratique du « contrôle » sont liées à la conception de la formation mise en œuvre dans les institutions psychanalytiques. Pourtant, il est fréquent d’entendre les psychanalystes dire leur intérêt pour cette pratique lorsqu’elle s’exerce en dehors du poids des exigences institutionnelles. C’est pourquoi, en organisant les 3 et 4 février 2007 les Journées scientifiques du Quatrième Groupe, nous avons souhaité débattre de la spécificité de cette pratique analytique, des problèmes théoriques et techniques qu’elle pose, des difficultés qu’elle rencontre, voire des impasses auxquelles elle conduit, mais surtout de la dimension spécifique de l’inconscient qu’elle permet d’explorer, de l’expérience psychanalytique originale qu’elle permet d’éprouver.

3Quels enseignements pouvons-nous tirer, aujourd’hui, de la pratique d’une expérience que Jean-Paul Valabrega a théorisé sous le nom d’analyse quatrième, en restituant au « contrôle » sa « portée véritablement analytique » dans le cadre d’une expérience inter-analytique ? [2].

4La pratique des « contrôles » nous permet-elle d’approfondir la clinique et la théorie psychanalytiques, ou ne fait-on que découvrir ce que l’on connaît déjà ? Considère-t-on le « contrôle » comme un enseignement, ou comme une expérience psychanalytique permettant que l’analyste reste exposé à l’expérience de l’inconscient ? Considère-t-on le « contrôle » comme une pédagogie appliquée au matériel du patient transmis par l’analyste « en contrôle », ou comme une écoute analytique de l’écoute de l’analyste, comme l’écoute des résistances à l’analyse de tel patient et à l’analyse en général ? Une des dimensions psychanalytique du « contrôle » n’est-elle pas la mise en question des théorisations latentes de l’analyste « en contrôle » et de l’analyste « contrôleur »?

5Nous pensons que, dans l’analyse quatrième, nous sommes bien en position d’analyste. Mais alors, qu’est-ce qui différencie cette position de celle de l’analyste dans la cure ? Nous pensons que, comme analyste, nous intervenons dans l’analyse quatrième sur le mode interprétatif et non sur le mode didactique. Mais alors, qu’elle est la spécificité de cet acte interprétatif par rapport à celui qui a lieu dans la cure ? S’il y a bien transfert dans l’analyse quatrième, quel usage en faisons-nous dans ce cadre ?

6Le 12 décembre 1976, dans son exposé introductif à la journée scientifique du Quatrième Groupe, Jean-Paul Valabrega proposait la définition suivante : « L’analyse quatrième est, à son départ, une théorie du contrôle. Rien d’autre. Rien de plus, mais rien de moins non plus. » (2) En tant que théorie, l’analyse quatrième devait modifier quelque chose à la pratique du contrôle, avoir des conséquences sur la théorie de la formation psychanalytique, et apporter sa contribution à la théorie de l’analyse elle-même. Rien de moins. Qu’en est-il aujourd’hui après plus de trente ans de pratique de l’analyse quatrième ? Avons-nous avancé dans la construction d’une « métapsychologie de l’originalité des processus spécifiques de cette expérience analytique » que Nathalie Zaltzman [3] appelait de ces vœux au cours de son intervention au colloque, La pratique des cures contrôlées ou supervision, organisé en mars 1985 à l’instigation de Conrad Stein ? Les 3 et 4 février 2007, Les journées scientifiques organisées par le Quatrième Groupe ont permis à des psychanalystes de différentes sociétés de psychanalyse (Quatrième Groupe, Société Psychanalytique de Paris, Association Psychanalytique de France, Société de Psychanalyse Freudienne, Espace Analytique) de confronter leurs conceptions de la pratique des cures « contrôlées ». On trouvera dans ce numéro de Topique l’essentiel des interventions exposées au cours de ces journées, ainsi que quelques contributions qui viennent en prolonger la réflexion.


Date de mise en ligne : 01/10/2008

https://doi.org/10.3917/top.103.0007