L’enseignement du jeu baroque
Trajectoires d’une forme artistique alternative en France
- Par Céline Candiard
Pages 42 à 45
Citer cet article
- CANDIARD, Céline,
- Candiard, Céline.
- Candiard, C.
https://doi.org/10.3917/thepu.250.0042
Citer cet article
- Candiard, C.
- Candiard, Céline.
- CANDIARD, Céline,
https://doi.org/10.3917/thepu.250.0042
Notes
-
[1]
Cet article a été nourri par une série d’entretiens menés auprès de Mickaël Bouffard, Lorenzo Charoy, Fabrice Conan, Charles Di Meglio, Eugène Green, Isabelle Grellet, Julia Gros de Gasquet, Jean-Noël Laurenti, Benjamin Lazar, Gabriel Perez et Nicole Rouillé. L’initiative en a été inspirée par Joséphine Villeroy de Galhau, qui a soutenu en 2021 sous ma direction, à l’ENS de Lyon, un mémoire de master d’études théâtrales intitulé « Le jeu baroque dans la formation de l’acteur contemporain : Benjamin Lazar, artiste et pédagogue ». Que toutes et tous en soient ici chaleureusement remerciés.
-
[2]
Ce terme, le mieux connu du public, est employé ici par commodité pour désigner des techniques s’inspirant des principes de déclamation et d’actio rhétorique en usage aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles pour les orateurs, comédiens et chanteurs, mais certains praticiens lui préfèrent d’autres appellations, parmi lesquelles celles de « déclamation restituée » ou d’« interprétation historiquement informée ».
-
[3]
Pour une synthèse des recherches menées par Eugène Green sur le sujet, voir son ouvrage La Parole baroque, Paris, Desclée de Brouwer, 2001.
-
[4]
Sur ces ateliers, voir « Théâtre baroque et pédagogie : les ateliers du lycée Montaigne », entretien avec Isabelle Grellet mené par Nathalie Fournier et Céline Candiard, in Céline Candiard et Julia Gros de Gasquet (dir.), Scènes baroques d’aujourd’hui. La mise en scène baroque dans le paysage culturel contemporain, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 2019, p. 123-135.
-
[5]
On citera, entre autres exemples, le département de musique ancienne du CNSMD de Lyon, où Benjamin Lazar et Charles Di Meglio donnent des masterclasses depuis quelques années ; le festival de Sablé-sur-Sarthe, où Benjamin Lazar a également pris en charge un stage pendant plusieurs saisons ; ou encore, à l’étranger, l’International Summer School of Early Music de Valtice, en République tchèque, où Lorenzo Charoy propose un cours d’initiation au jeu baroque.
-
[6]
Paru en 1997 à Paris, aux éditions A. Zuefluh, avec une préface de Gustav Leonhardt.
-
[7]
Nicole Rouillé est l’autrice de plusieurs ouvrages, parmi lesquels Peindre et dire les passions. La gestuelle baroque aux XVIIe et XVIIIe siècles, Ajaccio, éd. Alain Piazzola, 2007, et Le Beau Parler françois. La prononciation de la langue publique aux XVIIe et XVIIIe siècles, Sampzon, Delatour France, 2008, accompagné d’un CD.
-
[8]
L’École des femmes, de Molière, représenté pour la première fois en octobre 2015 au CRR de Paris, réunit autour de Pierre-Alain Clerc, Olivier Bettens et Bénédicte Louvat, à l’origine du projet, Jean-Noël Laurenti pour le conseil à la mise en scène et le chercheur canadien Mickaël Bouffard pour le travail sur les postures, les costumes et le décor ; l’année suivante, à l’initiative de Georges Forestier, Jean-Noël Laurenti et Mickaël Bouffard assistèrent Isabelle Grellet pour la mise en scène d’une reconstruction de la première version de Tartuffe en trois actes, représentée en 2017 à Paris.
Si les techniques du jeu baroque pour l’acteur et le chanteur, vues de l’extérieur, semblent unifiées par une codification caractéristique, tant dans la gestuelle que dans les modulations de la voix et le recours à une prononciation en décalage avec celle de l’usage courant, leur transmission s’opère cependant par le biais d’approches discordantes : sans qu’il existe, de manière formelle, de doctrines constituées, on identifie nettement plusieurs mouvements qui se distinguent les uns des autres par leurs méthodes et leurs priorités, et aboutissent à des propositions artistiques beaucoup plus dissemblables qu’on le pourrait attendre.
Ces clivages s’expliquent en premier lieu par la nature hybride de l’esthétique baroque, caractérisée par la combinaison de deux éléments fondamentaux mais divergents : la recherche toute contemporaine d’une esthétique actoriale alternative, en rupture avec l’option réaliste et psychologique dont l’hégémonie a été imposée par le cinéma ; et l’ancrage dans une tradition de jeu ancienne mais disparue, dont l’accès nécessite l’étude savante de sources historiques de surcroît indirectes, puisque les premiers traités de l’art de l’acteur paraissent au xviiie siècle seulement. Selon la manière dont les praticiens se situent entre ces deux pôles constitutifs de la démarche baroque, notamment selon la priorité qu’ils donnent à l’un sur l’autre, les méthodes et leurs résultats peuvent varier sensiblement.
Des lignes de partage nettes se dessinent ainsi en fonction des disciplines et des institutions qui prennent en charge le jeu baroque…
Cet article est en accès conditionnel
Acheter ce numéro
12,99 €
Acheter cet article
5,00 €