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Article de revue

VUE DES SUDS

Hébergement et insertion des ménages « décasés » à Mayotte : du bidonville au… bidonville ?

Pages 241 à 247

Citer cet article


  • Añacata Pérez, J.
(2024). Hébergement et insertion des ménages « décasés » à Mayotte : du bidonville au… bidonville ? Suds, 290(2), 241-247. https://shs.cairn.info/revue-suds-2024-2-page-241?lang=fr.

  • Añacata Pérez, Jorge.
« Hébergement et insertion des ménages “décasés” à Mayotte : du bidonville au… bidonville ? ». Suds, 2024/2 n° 290, 2024. p.241-247. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-suds-2024-2-page-241?lang=fr.

  • AÑACATA PÉREZ, Jorge,
2024. Hébergement et insertion des ménages « décasés » à Mayotte : du bidonville au… bidonville ? Suds, 2024/2 n° 290, p.241-247. URL : https://shs.cairn.info/revue-suds-2024-2-page-241?lang=fr.

Notes

  • [1]
     « Quatre logements sur dix sont en tôle en 2017 : évolution des conditions de logement à Mayotte », INSEE, 2019, https://www.insee.fr/fr/statistiques/4202864 (consulté le 15 novembre 2024).
  • [2]
     La notion de logement durable renvoie ici à la durée prolongée du séjour, caractérisée par sa stabilité. Quant à la décence des solutions de logement, le code de la construction et de l’habitation (CCH) précise les critères définissant un habitat décent, notamment en termes de surface minimale, d’équipements essentiels, de performance énergétique, et de sécurité des occupants : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043819221/ (consulté le 15 novembre 2024).
  • [3]
     Hachimi Alaoui, Lemercier et Palomares ont proposé une analyse approfondie des opérations de démolition conduites par des habitants dans l’article suivant : Myriam Hachimi-Alaoui, Élise Lemercier et Élise Palomares, « Les “décasages”, une vindicte populaire tolérée », Plein droit 120(1), 20-23. Plus récemment, Clémentine Lehuger s’est concentrée sur l’action spécifique d’un collectif engagé dans la mise en œuvre de ces initiatives dans son article : Clémentine Lehuger, « “Faire le boulot de l’État.” Pratiques de décasage et vigilance citoyenne à Mayotte », Politique africaine  70(2), 141-168.
  • [4]
     Loi portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique, promulguée le 23 novembre 2018, dont l’ambition est de construire plus de logements, simplifier les normes, protéger les plus fragiles et mettre les transitions énergétique et numérique au service des habitants.
  • [5]
     Loi no 2011-725 du 23 juin 2011 portant dispositions particulières relatives aux quartiers d’habitat informel et à la lutte contre l’habitat indigne dans les départements et régions d’outre-mer. https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000024249135.
  • [6]
     « Guide des dispositifs d’hébergement et de logement adapté », direction générale de l’action sociale / direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature, 2008.
  • [7]
     Site officiel de la préfecture de Mayotte : https://www.mayotte.gouv.fr/Actions-de-l-Etat/Lutte-contre-l-habitat-illegal.
  • [8]
     Ces travaux ont été entamés par l’auteur en 2021 au sein de l’Établissement public foncier et d’aménagement de Mayotte (EPFAM) avec un contrat Cifre (Convention industrielle de formation par la recherche) sous la direction de Catherine Paquette Vassalli (directrice de thèse) et Marianne Morange (co-encadrante).
  • [9]
     Le terme « village relais » est employé par l’EPFAM pour souligner la fonction de « marchepied vers un logement décent et d’intégration sociale pour les publics précarisés » attribuée à la structure. https://www.epfam.fr/projet/le-village-relais-etape-fulera/ (consulté le 15 novembre 2024).
  • [10]
     Fulera signifie « fleur » en shimaoré, symbolisant ainsi la renaissance.
  • [11]
  • [12]
     Coallia est une association agréée dans plusieurs régions de France, spécialisée dans la gestion de dispositifs d’accompagnement social, notamment les centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS). Elle est également habilitée à gérer les centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA), financés et supervisés par le ministère de l’Intérieur. https://coallia.org/.
  • [13]
  • [14]
     Le prénom a été remplacé par un pseudonyme afin de préserver l’anonymat.
  • [15]
     Mégane Aussedat, « Mayotte : pour une déconstruction de l’association bidonville - illégalité - délinquance » Métropolitiques, 2024, https://doi.org/10.56698/metropolitiques.2029.

En décembre 2024, le cyclone Chido a causé à Mayotte des dégâts considérables sur les infrastructures, les réseaux et, surtout, l’habitat. Le territoire, confronté à une expansion des bidonvilles, comptait 40 % de logements en tôle en 2019. Lors du passage du cyclone, ces structures précaires ont été complètement détruites, laissant des milliers de personnes sans abri. Aujourd’hui, les besoins urgents en logements, qui existaient depuis des années, se sont donc encore aggravés, dans un contexte de crise généralisée. Cette situation amène à questionner la capacité des acteurs publics à proposer des solutions « durables et décentes », en particulier pour les habitants en détresse issus des bidonvilles détruits.
Dans ce cadre, il est pertinent de se pencher sur les mesures d’hébergement et relogement mises en œuvre ces dernières années en faveur des populations les plus démunies. Depuis 2018, la préfecture menait à Mayotte des opérations de démolition, appelées localement « décasages ». Si le terme s’utilise aujourd’hui pour désigner l’action de l’État en matière de démolition de bidonvilles, il se référait au départ à des actions réalisées par les habitants de Mayotte eux-mêmes. Dans le cadre de décasages opérés par la préfecture, conformément à l’article 197 de la loi ELAN, des propositions de relogement et d’hébergement sont faites aux ménages concernés, de manière systématique. Selon la loi Letchimy du 23 juin 2011, le relogement se réfère à la possibilité d’accession sociale à la propriété, offrant une solution durable…


Date de mise en ligne : 17/06/2025

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