Article de revue

Liminaire

Pages 7 à 8

Citer cet article


  • Minard, M.
  • et Perrier, E.
(2016). Liminaire. Sud/Nord, 27(2), 7-8. https://doi.org/10.3917/sn.027.0007.

  • Minard, Michel.
  • et al.
« Liminaire ». Sud/Nord, 2016/2 n° 27, 2016. p.7-8. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-sud-nord-2016-2-page-7?lang=fr.

  • MINARD, Michel
  • et PERRIER, Edmond,
2016. Liminaire. Sud/Nord, 2016/2 n° 27, p.7-8. DOI : 10.3917/sn.027.0007. URL : https://shs.cairn.info/revue-sud-nord-2016-2-page-7?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/sn.027.0007


1 Le thème de cet ouvrage s’inscrit parfaitement dans ce qui fut à l’origine de la revue Sud/Nord au début des années 1990 : la rencontre entre quelques psychiatres algériens et français soucieux de s’interroger sur le prétendu dialogue Nord/Sud et de tenter d’analyser tout ce qu’il pouvait encore comporter de relents coloniaux, de racisme latent ou patent, de tentatives plus ou moins évidentes d’une civilisation pour en dominer une autre et d’une économie pour en subjuguer une autre, de menaces larvées, claironnées ou exécutées d’une nation arrogante vis-à-vis d’une autre momentanément fragilisée. Mais aussi pour mettre en question nos propres folies individuelles, toutes celles qui nous poussent à mépriser, tyranniser, exploiter, manipuler, supprimer les autres comme celles qui nous entraînent dans l’acceptation de l’inacceptable, dans la soumission à des règles, des coutumes, des croyances, des obligations, des mœurs, des modes de penser et de vivre imposés par d’autres plus puissants que nous, dont nous redoutons précisément la puissance à laquelle nous croyons pouvoir échapper, au moins un temps, en nous taisant lâchement et en rasant les murs. On voit bien à l’œuvre, aujourd’hui comme hier, ici et ailleurs, ces inquiétants mouvements humains si faciles à entrevoir, moins faciles à analyser et très difficiles à contrecarrer.

2 Cet ouvrage prend logiquement la suite du numéro 26 consacré au mouvement de psychothérapie institutionnelle, après la disparition d’une de ses figures, Jean Oury. Ce mouvement avait, et a toujours, pour ambition de combattre sans relâche l’aliénation sociale en même temps que l’aliénation mentale, ces deux aliénations venant inévitablement se renforcer l’une l’autre dans un assujettissement et une dépossession de soi-même toujours plus grands.

« C’est ainsi que ce qu’il y a d’inquiétant, de troublant, de coercitif dans le caractère des formations collectives, tel qu’il se révèle dans leurs manifestations suggestives, peut être expliqué avec raison par l’affinité qui existe entre la foule et la horde primitive, celle-là ayant sa source dans celle-ci. Le meneur de la foule incarne toujours le père primitif tant redouté, la foule veut toujours être dominée par une puissance illimitée, elle est au plus haut degré avide d’autorité ou, pour nous servir de l’expression de M. Le Bon [Gustave Le Bon : Psychologie des foules, 1921], elle a soif de soumission. »
Sigmund Freud, Psychologie collective et analyse du moi, 1921

Date de mise en ligne : 24/10/2017

https://doi.org/10.3917/sn.027.0007