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Compte rendu

Michaël Attali, Le syndicalisme des enseignants d’éducation physique (1945/1981), Paris, L’Harmattan, coll. « Espaces et temps du sport », 2004, 344 p.

Pages 131c à 136c

Citer cet article


(2007). Michaël Attali, Le syndicalisme des enseignants d’éducation physique (1945/1981), Paris, L’Harmattan, coll. « Espaces et temps du sport », 2004, 344 p. Staps, no75(1), 131c-136c. https://doi.org/10.3917/sta.075.0131c.

« Michaël Attali, Le syndicalisme des enseignants d’éducation physique (1945/1981), Paris, L’Harmattan, coll. “Espaces et temps du sport”, 2004, 344 p. ». Staps, 2007/1 no75, 2007. p.131c-136c. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-staps-2007-1-page-131c?lang=fr.

2007. Michaël Attali, Le syndicalisme des enseignants d’éducation physique (1945/1981), Paris, L’Harmattan, coll. « Espaces et temps du sport », 2004, 344 p. Staps, 2007/1 no75, p.131c-136c. DOI : 10.3917/sta.075.0131c. URL : https://shs.cairn.info/revue-staps-2007-1-page-131c?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/sta.075.0131c


1 Appartenant à cette nouvelle génération des historiens de l’éducation physique et sportive, Michaël Attali aborde ici une autre facette de cette discipline singulière, en s’intéressant à l’histoire syndicale de ses enseignants. La périodisation retenue (1945-1981), qui s’étend de la « secondarisation » de l’EPS à la réintégration administrative de ses personnels au sein de la « maison Éducation nationale » permet d’observer la manière dont les instances syndicales et ses acteurs auront contribué, non seulement à faciliter (voire accélérer parfois) le processus de scolarisation de l’EPS, à en façonner l’identité disciplinaire, mais également à constituer une corporation véritable, encore trop souvent désignée sous les expressions de « profs de gym », voire de « profs de sport ». Mais au-delà de cette analyse somme toute attendue, l’auteur montre comment l’un de ces syndicats, en l’occurrence le SNEP (Syndicat national de l’éducation physique) réussit à s’imposer, au milieu des années 1960, comme un interlocuteur incontournable après des pouvoirs publics, en devenant un vecteur de transmission d’une conception de l’éducation physique et sportive, par-delà les luttes syndicales classiques, liées notamment à la défense statutaire des personnels.

2 Découpé en trois périodes, l’ouvrage évoque tout d’abord le moment où se constitue un syndicalisme spécifique, qui tient compte de l’hétérogénéité d’une corporation alors émergente : le Syndicat national des professeurs d’éducation physique de l’enseignement public (SNPEP, 1945) puis le Syndicat national des maîtres d’EPS (SNMEPS, 1946), n’ont de cesse que d’obtenir pour leurs affidés un statut comparable à celui des enseignants des autres disciplines, tout en cultivant leurs spécificités respectives. Il s’agit également, avant 1957, de faire la preuve de l’utilité scolaire d’une EPS devenue sous la Quatrième République, une sorte d’adjuvant au service du redressement physiologique et moral de la Nation. Lorsque sonne enfin « l’âge de la majorité » (1957-1969), le positionnement syndical évolue quelque peu. Confrontée à la démocratisation du système éducatif et aux nouvelles orientations du politique en matière de jeunesse et d’un sport « éducatif », tant pour l’élite que pour la masse, le SNEP ajoute à l’arc des actions classiques une corde pédagogique tout à fait inédite : la légitimité scolaire devant nécessairement s’accompagner d’une légitimité sociale que l’accélération de la sportivisation de la discipline laisse entrevoir : une certaine conception « éducative et utilitariste » du sport à l’école est alors relayée et théorisée via les publications syndicales et autres relais (FSGT, SIEPEPS, etc.). Pour autant, cette conjonction extrêmement favorable à la discipline EPS ne doit pas masquer l’âpreté des luttes internes, qui aboutissent, lors du congrès de Nice en 1969, à un changement de majorité, la tendance « Unité, Indépendance, Démocratie » étant mise en minorité par la tendance « Unité et Action », proche du parti communiste. Cette dernière période, qui prend fin en 1981, pouvant être considérée comme des « années noires » pour la discipline et ceux en charge de la défendre : les mauvais coups successivement portés par les ministres de tutelle, en particulier Jean-Pierre Soisson, amènent le SNEP et le SNEEPS à radicaliser leurs positions : soutien affiché au Programme commun, lobbying étroit efficace auprès des parlementaires, médiatisation des actions (en particulier la grève du 21 septembre 1978)… avant que l’élection de François Mitterrand ne laisse augurer pour l’EPS des jours meilleurs.

3 Fondée sur la consultation de sources inédites et privilégiant les témoignages des principaux acteurs, cette contribution précieuse apporte un nouvel éclairage à l’histoire d’une discipline, encore trop souvent observée sous l’angle de son processus de scolarisation ou de ses finalités et conceptions. En montrant le passage d’un « syndicalisme des enseignants d’EPS » à un « syndicalisme de l’EPS », Michaël Attali met une fois encore l’accent sur quelques singularités : diversité d’un paysage syndical aux revendications qui dépassent largement le cadre du catégoriel, mais contribution commune en faveur d’une meilleure lisibilité de la discipline dans le champ scolaire et développement chez les enseignants d’EPS d’un « esprit de corps » encore perceptible de nos jours. C’est bien l’émergence d’une « idéologie syndicale » qui est ici finement disséquée, et dont on observe comment elle participe à l’élaboration de cette « culture commune » si particulière, caractéristique d’une discipline et d’une profession.

4 Olivier Chovaux, Atelier SHERPAS, Université d’Artois


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Date de mise en ligne : 01/03/2007

https://doi.org/10.3917/sta.075.0131c