Article de revue

Bruit des villes et bruit des champs

Pages 84 à 90

Citer cet article


  • Bouteloup, P.
(2013). Bruit des villes et bruit des champs. Spirale - La grande aventure de bébé, 68(4), 84-90. https://doi.org/10.3917/spi.068.0084.

  • Bouteloup, Philippe.
« Bruit des villes et bruit des champs ». Spirale - La grande aventure de bébé, 2013/4 N° 68, 2013. p.84-90. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-spirale-2013-4-page-84?lang=fr.

  • BOUTELOUP, Philippe,
2013. Bruit des villes et bruit des champs. Spirale - La grande aventure de bébé, 2013/4 N° 68, p.84-90. DOI : 10.3917/spi.068.0084. URL : https://shs.cairn.info/revue-spirale-2013-4-page-84?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/spi.068.0084


Notes

  • [1]
    M. Chion, Le promeneur écoutant, Paris, Éditions Plume, 1994, p. 9.
  • [2]
    L. Nono, Écrits, sous la direction de Laurent Feneyron, Genève, Contrechamps, 2007.
  • [3]
    R. Murray Schafer, The Soundscape, Our Sonic Environment and the Tuning of the World, trad. fr., Le paysage sonore, Paris, Lattès, 1979.
  • [4]
    D. Le Breton, Du silence, Paris, Métailié, 1997.
  • [5]
    D. Le Breton, « Anthropologie du silence », Théologiques, vol. 7, n° 2, 1999, p. 11.
  • [6]
    P. Mariétan, Dit chemin faisant. Conversations, fragments-sources, géophonies, Paris, Klinksieck, 2008, p. 62.
  • [7]
    « Les jouets sonores pourraient avoir un effet nocif », La Croix, 14 janvier 2013.
  • [8]
    Ibid.
  • [9]
    Ibid.
« Nous vivons tous avec les sons.
Ils nous accueillent dans la nuit utérine.
Ils nous dérangent, mais aussi nous alertent.
Nous agressent, mais parfois aussi
nous mènent au ciel.
Ils nous orientent et nous désorientent.
Et voilà ce que nous faisons avec eux :
nous les négligeons, les contournons… »
Michel Chion [1]
« Écouter ! Comment savoir écouter
les pierres rouges et blanches de Venise
au lever du Soleil
– comment savoir écouter l’arc infini
des couleurs sur la lagune vénitienne
au coucher du soleil ? »
Luigi Nono [2]

Du paysage sonore à l’écologie sonore

1L’écologie sonore est l’étude de la relation entre les organismes vivants et leur environnement sonore. Ce concept a été formulé par le Canadien Raymond Murray Schafer dans son livre Le paysage sonore [3], publié en 1977. Dans ce livre « fondateur », il s’agit à la fois pour son auteur d’étudier la relation changeante de l’homme aux sons et, parallèlement, de s’interroger sur la manière de pallier les changements dès lors qu’ils peuvent s’apparenter à une dégradation de l’harmonie (tuning) du paysage sonore.

2L’idée de paysage sonore renvoie à la fois aux voix animales, aux sons de la « météorologie » et aux sons créés par les activités humaines ordinaires comme la conversation, le travail et les bruits d’origine mécanique des technologies industrielles. Schafer définit ailleurs la nature comme « une immense composition musicale ». Une de ses formules résume bien l’un des enjeux du paysage sonore : « Nous essayons d’entendre l’environnement sonore comme si c’était une composition musicale – une composition dont nous serions en partie les auteurs. »

3La notion de paysage sonore repose sur une métaphore. Elle nous invite à transposer dans le domaine sonore un type de représentation (le paysage) qui relève traditionnellement de la perception visuelle. Cette discipline se veut à la croisée de multiples champs : musique, géographie, urbanisme, sociologie, acoustique, zoologie… Mais Schafer parle aussi de cette manière singulière d’apprendre à écouter les « paysages sonores » pour mieux percevoir et lutter contre la pollution sonore résultant des activités techniques et industrielles de l’homme moderne. Schafer, originaire de Vancouver, présente le son de la corne de brume comme le marqueur sonore de sa propre communauté.

L’harmonie du monde

4Comme toute théorie du paysage, celle du paysage sonore entretient un rapport complexe avec la notion de nature. Les sons naturels, thème classique, semblent mis en péril par la société postindustrielle et ses sonorités propres. Les sons des éléments (l’eau, le vent), des paysages naturels (forêts), du monde animal (oiseaux, insectes, mammifères marins), des écosystèmes encore préservés de l’urbanisation, sont menacés non seulement de disparition au sens propre, mais également de ne plus être entendus, ce qui, finalement, revient au même.

5Le paysage sonore n’est pas quelque chose que l’on reçoit passivement. C’est pourquoi l’écologie acoustique apparaît d’abord comme un travail sur la perception des sons, et sur notre rapport quotidien, trop souvent désengagé, aux sonorités, quelles qu’elles soient.

Philippe Bouteloup

Description de l'image par IA : Portrait en noir et blanc d'un homme aux cheveux courts, regardant directement la caméra avec une expression sérieuse.

Philippe Bouteloup

6En cela, l’écologie sonore est un concept qui vise à identifier les sons beaux et utiles d’un côté, de l’autre, les sons néfastes à l’équilibre du monde et qu’il s’agira de réduire ou de supprimer.

Chants, cris et territoire

7Alors que les différents cris ou appels d’animaux ont de multiples fonctions et peuvent exprimer toutes sortes de choses (avertissements variés, inquiétude, alertes, menace, demande de nourriture, contact entre partenaires, etc.), on appelle « chant » (chez les oiseaux, amphibiens, insectes, mammifères tels que les baleines ou les loups…) une émission sonore ayant essentiellement pour rôle l’affirmation d’un territoire et souvent la conquête d’un partenaire sexuel.

8Chez les humains, souvenons-nous, dans les années 1970 et 1980, du ghettoblaster, cet imposant radio-cassette porté sur l’épaule. Ses émissions créent alors bel et bien des agressions territoriales pour les personnes qui y sont exposées, jusqu’à engendrer parfois un « conflit d’urbanité » local.

9Chez les oiseaux, les insectes (criquets, grillons, cigales…) ou les amphibiens (grenouilles et crapauds), la plupart du temps, le chant est l’apanage du mâle. Ce chant n’est pas forcément plus mélodieux ou plus riche que certains cris : ce n’est pas là une histoire d’esthétique, mais de fonction. Pensons par exemple au râle des genêts, cet oiseau de prairie dont le nom scientifique Crex crex vient directement d’un chant que peu d’êtres humains qualifieraient de musical… Le chant est chez les oiseaux parfois inné, parfois acquis durant les premiers mois de vie au contact d’autres individus. Parfois encore, il s’acquiert et se modifie tout au long de la vie. Dans ce dernier cas, que l’on rencontre aussi chez certaines baleines, le chant est un objet de permutations, d’emprunts (à des congénères voire à d’autres espèces), d’improvisations. Et l’on voit apparaître des accents régionaux communs à une même espèce dans un même ensemble géographique, comme chez le pinson des arbres ; voire des « tubes » à la mode faisant le tour du monde en quelques mois avant d’être abandonnés, comme chez la baleine à bosse.

10L’esthétique des chants – pour le chanteur comme pour ses auditeurs – reste une grande inconnue. On sait que chez certains oiseaux passériformes, il est plus efficace pour séduire une femelle de disposer d’un chant complexe et varié. Quant à décider si les chants des animaux sont une forme d’art, la question reste entière.

Silence

11Le silence est l’absence de son. Mais le silence n’existe qu’en l’absence de toute vie et de tout mouvement, ou en l’absence d’un milieu de propagation acoustique. Que ce soit dans le milieu aquatique ou dans une chambre sourde, le silence n’existe pas. Il n’y a que dans l’espace interplanétaire que l’on ne vous entendra pas chanter.

12Mais on parlera du silence d’une église ou bien du bruit de la cantine scolaire. Le silence est donc une donnée relative, vaste et complexe. David Le Breton [4] a montré combien était importante la dimension culturelle dans cette appréhension du silence : « Mais dans une chambre insonorisée les battements du cœur, la circulation du sang, les mouvements du transit intestinal prennent une ampleur inattendue. Le corps parle de toute sa chair, lui si calme d’ordinaire, devient un univers bruyant, effervescent, empli d’une turbulence inquiétante. Le silence finalement, au sens littéral, n’existe ni dans l’homme ni dans la nature [5]. »

La lutte contre le bruit

13L’environnement sonore en ville est aujourd’hui encombré. Il apparaît saturé, monotone, uniformisé. Face au bruit, la réglementation et la protection physique ont été les premières réponses des pouvoirs publics. Mais il est également important d’apporter des réponses plus qualitatives, afin de répondre à une demande sociale croissante de bien-être en ville. Si, auparavant, nous « vivions dans toutes sortes de bruits qui ne manquaient pas de nous dire ce qui se passait aussi loin que l’oreille portait (cloches de l’église, sirène de l’usine, grincement des roues de tramways…) […] petit à petit ces espaces se sont modifiés, perdant de leur qualité acoustique [6] ».

14La question du bruit et des nuisances sonores est souvent citée lors des sondages comme le premier problème environnemental dont souffrent les Français. Depuis les années 1980, la réponse des pouvoirs publics aux nuisances sonores, français comme européens, a essentiellement été d’ordre quantitatif et réglementaire, par la mise en place de lois et de réglementations basées sur le contrôle de l’intensité sonore et l’isolation acoustique. La loi Royal, ou loi « Bruit », de décembre 1992, premier texte global en la matière, a fixé un cadre législatif général de lutte contre le bruit. Elle a été confortée par la directive européenne de 2002 qui a mis en place un dispositif d’évaluation et de gestion du bruit dans les grandes agglomérations et à proximité des grandes infrastructures de transport.

15Ce dispositif prévoit l’élaboration de cartes de bruits représentant les zones exposées, à l’aide de courbes isophones (selon l’intensité sonore mesurée en décibels) et de PPBSE (plans de prévention du bruit dans l’environnement) qui tendent à prévenir des effets de bruit, à réduire, si nécessaire, les niveaux sonores et à protéger les zones calmes.

Prévention

16Le bruit est nocif pour l’audition à des niveaux très inférieurs au seuil de la douleur. Le seuil de danger au-delà duquel des dommages peuvent survenir est estimé à 85 dB. Avec le niveau sonore, la durée d’exposition est l’autre facteur prépondérant dans l’apparition de dommages auditifs. Un bruit impulsionnel, c’est-à-dire très fort et ponctuel, pourra être à l’origine d’un traumatisme sonore aigu. Plus insidieux, le traumatisme sonore chronique affecte progressivement l’oreille interne sans que le sujet ait vraiment conscience de la dégradation de son audition, jusqu’au stade du réel handicap social. La sensation de sifflements aigus, de bourdonnements dans les oreilles, en dehors de tout stimulus externe, est un signe fréquemment rapporté en cas de traumatisme sonore : ce sont les acouphènes. Ceux-ci, très invalidants sur le plan psychique et professionnel, ne sont pas spécifiques de l’exposition au bruit. Le signe clinique objectif confirmant un traumatisme sonore (aigu ou chronique) peut être détecté par un audiogramme. Les effets biologiques extra-auditifs sont nombreux mais difficiles à attribuer de façon indéniable et univoque au bruit. Ainsi, il a été montré que des bruits intermittents d’une intensité maximale de 45 dB peuvent augmenter la latence d’endormissement de plusieurs minutes. À long terme une perturbation ou une réduction quotidienne de la durée du sommeil entraîne une fatigue chronique excessive et de la somnolence, sources de baisses de vigilance diurnes qui peuvent avoir une incidence sur les risques d’accidents de la circulation ou du travail. Une réduction de la motivation au travail ainsi que des troubles d’apprentissage ont également été constatés.

17En 2000 le rapport Hugel, présentant une enquête réalisée auprès des maires, montre que 90,2 % d’entre eux sont confrontés aux problèmes des bruits de voisinage. L’Observatoire du bruit à Paris relève que 80 % des plaintes et des démarches en justice concernent les bruits intérieurs autrement qualifiés de troubles anormaux du voisinage. En tête les aboiements, à égalité avec les bruits intérieurs dans les immeubles suivis des deux roues.

18Les expositions sonores les plus délétères en termes de santé publique (pourcentage de sujets exposés) et de pertes de sensibilité auditive statistiquement significatives, sont celles qui concernent l’écoute de musique amplifiée. En 1997, le Centre de recherche du service de santé des armées (CRSSA) a mené auprès de 1 208 jeunes de 18-24 ans une étude montrant que les pertes d’audition générées dans cette tranche d’âge par les baladeurs et les concerts sont essentiellement liées à l’existence d’une vulnérabilité du système auditif chez les sujets ayant eu des otites (47 %, un épisode ; 17 % épisodes répétés) et des traumatismes crâniens (7 %). Ainsi, ils perdent en moyenne 11 dB de plus que les sujets ne présentant pas ces facteurs de risque. Le risque d’acouphène et de traumatisme sonore aigu est aussi plus élevé. Une cartographie de l’état auditif de ces jeunes fait apparaître des seuils auditifs supérieurs de 15 dB. L’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) estime que le bruit est responsable de : 11 % des accidents du travail ; 15 % des journées de travail perdues ; 20 % des internements psychiatriques.

Arrêts sur écoute

19Ceux qui sont le plus intervenus sur l’espace sonore en ville sont les artistes sonores. Ces musiciens, « peintres sonores », « architectes sonores », créent généralement des œuvres pour l’espace public, se servant des bruits environnants comme matière première, leur répondant et se les appropriant comme de nouveaux instruments, renforçant l’identité sonore d’un lieu, jouant avec la perception et les repères sonores des usagers. Parmi les précurseurs, Max Neuhaus, percussionniste américain, a suivi les leçons de John Cage et commencé à faire sortir l’auditoire des salles de concert, avec des actions comme « Listen » dans les années 1970, qui consistait à emmener un groupe de personnes dans des lieux repérés au préalable pour la richesse de leurs sources sonores ou des effets acoustiques présents, en leur donnant la consigne d’écouter. Bill Fontana, dans les années 1980, a procédé souvent à l’enregistrement d’ambiances sonores urbaines ou naturelles qu’il rediffusait dans un espace public inattendu, avec un effet recherché de « superposition complémentaire », mais aussi de décalage.

20Comment faire en sorte que le promeneur, l’habitant, soient interpellés par les sons ambiants, qu’ils aillent à leur rencontre, fassent des « arrêts sur écoute », expérimentent des postures originales d’auditeurs immergés, découvrent des points d’ouïe remarquables… ?

Bruits de crèches

21Si l’univers sonore des lieux de vie de l’enfant participe à son éveil, à son développement, ils peuvent être source de nuisances sonores pour lui comme pour l’adulte. Il est donc essentiel de s’interroger sur la qualité de l’environnement dans les crèches et autres lieux de vie pour accompagner et garantir un univers riche et diversifié.

22Quelle approche adopter pour sensibiliser à l’environnement sonore ? Dans un lieu de vie, quel est le seuil de densité maximum au-delà duquel la qualité acoustique sera détestable, quoi qu’on fasse ? Combien coûte la correction acoustique d’un local ? N’y a-t-il pas des mesures peu onéreuses, d’ordre organisationnel notamment, qui apportent néanmoins des gains substantiels ? Autant de questions auxquelles il faudrait tenter d’apporter des réponses. Des services petite enfance comme celui de la ville de Vanves mènent des projets pédagogiques de sensibilisation à la qualité de l’environnement sonore à la crèche.

Musique vivante du futur

23En Allemagne, un certain nombre de citoyens se sont saisis ces dernières années de la loi du 14 mai 1990 « relative à la protection contre les effets nocifs sur l’environnement produits par des pollutions de l’air, des bruits, des vibrations et des phénomènes similaires » pour se plaindre devant les tribunaux, résultats de sonomètres à l’appui, des pensionnaires de crèches produisant des nuisances sonores dommageables pour leur tranquillité, voire pour la valeur de leur bien immobilier.

24De nombreuses condamnations sont intervenues, imposant l’édification de murs anti-bruits, voire occasionnant des fermetures de crèches. Ces condamnations sont en partie dues à l’esprit de la loi allemande ; le bruit y est défini de manière absolue, contrairement à la loi française qui le qualifie relativement à l’environnement sonore global. Par conséquent, en France, une même valeur sonore serait définie comme bruit dans un quartier résidentiel, mais non sur un boulevard à fort trafic routier.

25En réaction à cette multiplication de plaintes et condamnations contre les crèches, d’autant plus dans un contexte de taux de natalité inquiétant depuis des années, les politiques publiques allemandes ont dû réagir. La ville de Berlin, par exemple, a édicté en 2010 une loi locale « tolérant » les sons des enfants en tant que signe de leur « épanouissement ». En juin 2011, le gouvernement fédéral a adopté un décret déclarant les sons/bruits des enfants acceptables socialement quelle que soit leur mesure en décibels, jusqu’à les promouvoir au rang de « musique vivante du futur » ; il interdit donc tout dépôt de plainte contre ces chers bambins.

Des jouets qui jouent faux

26Groin groin, sratch, vlang, dling dling, ouaf ouaf, slitch, bip bip, drelin drelin… C’est une sorte de « concert des jouets » qui nous accueille à la crèche. Hochets, mobiles sonores, xylophone a roulettes, tortues musicales, lapin pouêt-pouêt, girafe couineuse…, les articles de puériculture sonores ne manquent pas. « Dès la naissance, les enfants sont de plus en plus soumis à des jouets bruyants, qui jouent faux et dont, avec le développement des technologies numériques, le son est compressé [7] », s’offusque Christian Hugonnet, ingénieur acousticien, et président de la Semaine du son. « Beaucoup de ces jouets sonores émettent une ritournelle qui a souvent pour effet d’insupporter les adultes présents [8] », observe Bruno Frachet, professeur d’ORL à l’université Paris XIII. Un constat que confirme Valérie Rozec, psychologue environnementale du Centre d’information et de documentation sur le bruit, qui a réalisé une enquête sous forme de questionnaire auprès des personnels de crèche. « À certains moments de la journée, une crèche est un lieu très bruyant, marquée par les cris et pleurs des enfants, ainsi que par les sons produits par les jouets, dont ceux qui sont sonorisés, dit-elle. Nous n’avons pas fait de mesures physiques, mais qualifié les effets perçus. Souvent, le jouet sonore se voit privé de ses piles et réduit au silence [9]. »

Écouter, cela s’apprend

27Vous connaissez « l’effet cocktail » ? Dans un environnement bruyant, on élève la voix de 10 à 15 dB pour couvrir le bruit ambiant. Les effets sont vite observables sur les comportements : une participation réduite, une inattention chronique, de l’agressivité, irritabilité, fatigue et l’agitation psychomotrice : tous les ingrédients pour un cocktail explosif. Écouter requiert souvent un effort et une démarche volontaire. Le son « humanise » un lieu. Il est donc fondamental dans une collectivité, crèches ou autres lieux de vie accueillant de jeunes enfants, de se préoccuper de cet environnement. Mes oreilles n’ont pas de paupières ; à nous, adultes, d’être à l’écoute.


Date de mise en ligne : 28/11/2013

https://doi.org/10.3917/spi.068.0084