Article de revue

L'audition prénatale, quoi de neuf ?

Pages 17 à 32

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  • Granier-Deferre, C.
  • et Busnel, M.-C.
(2011). L'audition prénatale, quoi de neuf ? Spirale - La grande aventure de bébé, 59(3), 17-32. https://doi.org/10.3917/spi.059.0017.

  • Granier-Deferre, Carolyn.
  • et al.
« L'audition prénatale, quoi de neuf ? ». Spirale - La grande aventure de bébé, 2011/3 n° 59, 2011. p.17-32. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-spirale-2011-3-page-17?lang=fr.

  • GRANIER-DEFERRE, Carolyn
  • et BUSNEL, Marie-Claire,
2011. L'audition prénatale, quoi de neuf ? Spirale - La grande aventure de bébé, 2011/3 n° 59, p.17-32. DOI : 10.3917/spi.059.0017. URL : https://shs.cairn.info/revue-spirale-2011-3-page-17?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/spi.059.0017


1Les recherches menées parallèlement chez différents modèles animaux, chez l’enfant prématuré et le fœtus humain, ont permis de définir avec une relative précision le développement neuro-cellulaire du système auditif et les différentes étapes de son développement fonctionnel au cours de la période prénatale. Cet ensemble montre qu’ils s’effectuent très progressivement lors du dernier trimestre de la grossesse, et qu’il existe une continuité transnatale du fonctionnement sensoriel, perceptif et mnésique (voir revues de questions : Lecanuet, Granier-Deferre et Busnel, 1995 ; Granier-Deferre, Schaal, DeCasper, 2004). Ces données ont considérablement modifié les représentations sociales relatives au fœtus, et on a vu dans le même temps apparaître, puis se généraliser des interprétations et des pratiques sans lien avec les résultats scientifiques ; il nous paraît donc essentiel ici de revenir à la réalité des connaissances actuelles sur le développement auditif de cet être en devenir.

2Il y a une trentaine d’années, la plupart des spécialistes de la naissance ou du développement sous-estimaient les capacités sensorielles périnatales, voire ne considéraient même pas leur fonctionnalité alors qu’elles étaient déjà bien documentées dans la littérature scientifique (Bradley, Mistretta, 1975 ; Busnel, Granier-Deferre, 1983). Certaines mères que nous recevions au laboratoire étaient bien surprises d’apprendre que leur futur enfant pouvait entendre des bruits de son environnement, et la plupart s’interrogeaient sur leurs capacités auditives. Actuellement, à la suite de l’importante médiatisation des études fœtales, les mamans se demandent bien pourquoi nous poursuivons les recherches, et on a progressivement assisté aux développements de représentations totalement inverses, et tout aussi extrêmes. On note, en particulier, aussi bien dans les médias que du côté des spécialistes, d’importantes confusions, par exemple entre le développement anatomo-cellulaire des récepteurs sensoriels périphériques et l’activité fonctionnelle d’un système, comme si la notion de développement n’existait plus quand il s’agit du fœtus. En effet, paradoxalement, des capacités intégratives et « affectives » avancées lui sont maintenant attribuées, alors que ce n’est pas souvent le cas quand on considère l’enfant prématuré de même âge gestationnel.

3Dès les premiers mois de gestation, de nombreuses futures mères se représentent leur enfant embryonnaire à la fois réceptif à l’environnement et à leurs émotions, capable déjà de manifester des préférences ou des aversions marquées pour certaines voix, certaines paroles ou musiques, alors que, en réalité, il n’entend pas encore ! À la suite de concerts au niveau de décibels parfois élevé, elles évoquent d’ailleurs les réactions de leur futur enfant, « il aime, puisqu’il bouge tout le temps ! », ou encore « il aime, puisqu’il se calme » ; certains ont déjà leur page sur Facebook, qui décrit leur comportement, leur personnalité et leurs émotions. D’autres mères s’inquiètent de la normalité de leur futur enfant lorsqu’elles ne le perçoivent pas comme réactif aux stimuli sonores de leur environnement. On a observé l’émergence, et le développement de comportements ou de méthodes extrêmes, telles que des techniques « d’enseignements » prénatales. Il suffit d’une visite sur le Web pour s’en rendre compte. Ainsi, stimuler son fœtus pour développer son talent et ses connaissances musicales, ses capacités à compter, à apprendre des langues étrangères, est devenu relativement fréquent dans certains milieux ; cette pratique est même encouragée dans des revues destinées aux futurs parents. Des « universités prénatales », qui ont vu le jour aux États-Unis dès les années 1980, aux fabricants de jouets, on n’hésite plus à inventer et à vendre des « joujoux » sonores pour rendre intelligents les futurs bébés, au risque de provoquer des traumas acoustiques chez un être dont le système auditif est encore fragile, en particulier lors des premières étapes du développement cochléaire. Inversement, beaucoup de mères vont s’inquiéter inutilement, par exemple après avoir été quelques minutes en contact avec des bruits intenses. Dans un autre registre, d’autres craignent que leurs émotions, leurs colères passagères et le stress de la vie quotidienne puissent faire du mal à leur futur enfant. Certaines s’inquiètent même excessivement. Tout ceci reflète des effets pervers, inimaginables il y a trente ans, des différentes approches visant à favoriser le bon développement du fœtus et de la relation mère-enfant. La grossesse était-elle alors plus sereine ?

4De tout temps, au gré de connaissances toujours partielles ou mal assimilées, et d’idéologies changeantes, les pratiques autour de l’enfant subissent des modifications à 180°. Maintenant, c’est avant même sa naissance qu’il est évalué, éduqué, et son devenir pronostiqué, tant dans ses capacités cognitives que dans sa personnalité. Des chercheurs reçoivent des sommes considérables pour examiner les liens entre l’état psychologique des mères, l’activité motrice des fœtus, leurs scores ultérieurs aux baby-tests, voire leurs comportements à l’école ou leurs traits de personnalité. La qualité de l’attachement maternel est, elle aussi, déjà évaluée, étiquetée, traitée, et tout cela, pour le meilleur ou pour le pire ? Oublie-t-on les effets des prophéties autoréalisatrices largement étudiés dans les années 1970 (Rosenthal, 1974) ? Oublie-t-on parfois qu’il y a une vie après la naissance ? Que la recherche vise à préciser des théories du développement et que les études corrélationnelles, au cours de la première enfance, ne permettent aucune prédiction individuelle, sauf pour des populations qui présentent des pathologies spécifiques ? Des centaines de travaux montrent qu’il est impossible de prédire le qi ultérieur d’un enfant de moins de 6-8 ans (Reuchlin, Bacher, 1989) et que des pronostics sur la personnalité ne sont fiables qu’encore plus tardivement (Schuerger, Zarrela et coll., 1989). Et oublie-t-on que les données des neurosciences montrent que la principale caractéristique de notre système nerveux est sa plasticité ? Entre rien et tout, voyons ce que les données scientifiques actuelles nous apprennent du développement du système auditif, des caractéristiques de l’environnement sonore dans lequel il va se construire, et des capacités perceptives et mnésiques prénatales.

L’environnement sonore intra-utérin

5Les caractéristiques quantitatives et qualitatives de l’environnement sonore intra-utérin ont été définies à partir d’analyses spectrales d’enregistrements intra-amniotiques effectués chez la femme au cours de l’accouchement, après rupture des membranes (Querleu, Renard et coll., 1981, 1989 ; Benzaquen, Gagnon et coll., 1990 ; Richards, Frentzen et coll., 1992), et chez des modèles animaux, essentiellement la brebis gestante (Armitage, Baldwin et coll., 1980 ; Peters, Abrams et coll., 1993 ; Lecanuet, Gautheron et coll., 1999). Le bruit de fond intra-utérin est constitué des bruits placentaires et maternels (digestifs, respiratoires, cardio-vasculaires, vocalisations), soit principalement des composantes graves et mediums (de quelques Hz à 500-700 Hz). Son intensité sonore n’est pas homogène, et varie de 30 à 60 dB spl selon l’emplacement du capteur, avec un maximum de 10 dB pour les composantes mediums au-dessus de 700Hz. Les bruits cardio-vasculaires sont relativement de faible intensité, sauf pendant l’accouchement, et ne masquent pas les bruits externes d’intensité supérieure à 50 dB spl.

6L’atténuation des bruits externes dépend de leur fréquence, hauteur et de leur distance par rapport à la mère. Globalement, on peut considérer qu’à une distance inférieure à 1 à 2 mètres de la mère, les composantes de basses fréquences, inférieures à 300-500 Hz – ce qui correspond aux quatre premières octaves d’un piano –, ne sont pas atténuées, les composantes mediums à aiguës (de 500 Hz à environ 4 kHz) présentent une atténuation d’environ 6 dB spl par octave, sans dépasser les 20-25 dB spl, et les composantes très aiguës (à partir de 4 kHz) présentent une atténuation variable, non linéaire, de 0 à 30 dB maximum, voire une amplification liée à la présence d’ondes stationnaires (Querleu, Renard et coll., 1981, 1988 ; Peters, Abrams et coll., 1993). L’atténuation globale des bruits complexes est de l’ordre de 10-20 dB. La musique a une atténuation de l’ordre de 10 dB mais peut présenter des distorsions selon sa composition spectrale. Les voix masculines et féminines ont une atténuation moyenne d’environ 20 dB spl et les composantes les plus graves des voix (fondamental laryngé) seraient masquées par le bruit de fond intra-utérin, à moins que leur intensité d’émission ne soit supérieure à 60 dB spl. La voix maternelle, qui bénéficie d’une double transmission, aérienne et interne, n’est pas ou peu atténuée (Querleu, Renard et coll., 1988, 1989 ; Richards, Frentzen et coll., 1992 ; Griffiths, Brown et coll., 1994). Ce sont donc les sons émis par la mère qui vont avant tout activer le système auditif fœtal au cours de son développement.

7L’écoute par des adultes d’enregistrements intra-amniotiques de sons externes indique que notre oreille peut reconnaître certaines de leurs composantes à condition, que leur intensité d’émission ex utero soit supérieure ou égale à 60 dB spl (niveau d’une conversation). Les mélodies, tout comme les caractéristiques prosodiques de la parole, sont bien préservées. Les locuteurs sont identifiables ainsi que certains phonèmes, mais les résultats varient considérablement selon l’intensité de diffusion externe et la nature de l’enregistrement : chez la femme au cours de l’accouchement, environ 30 % des phonèmes sont reconnus lorsqu’ils sont diffusés à 60 dB spl (c’est-à-dire une intensité extrêmement élevée) (Verzyp, 1985 ; Querleu, Renard et coll., 1989), chez la brebis gestante, 44 % (Griffiths, Brown et coll., 1994). En revanche, à 95 dB spl, 99 % des phrases sont intelligibles (Smith, Gerhardt et coll., 2003).

8On remarquera ici que les caractéristiques d’un son complexe diffusé dans l’air par un émetteur acoustique (haut-parleur, casque d’écoute…) ne sont plus les mêmes lorsque cet émetteur est au contact direct de l’abdomen maternel. Tout d’abord, les sons peuvent présenter des distorsions acoustiques et perdre une bonne partie de leurs caractéristiques spectrales. De plus, ils ne sont pas atténués, et certaines de leurs composantes peuvent même être largement amplifiées. C’est ce que les travaux de Graham, Peters et coll. (1991) ont démontré chez la brebis gestante. Appliqués ainsi, des bruits dont le niveau est de 70 dB spl dans l’air (comme celui d’un électrolarynx utilisé par certaines équipes médicales pour détecter la souffrance fœtale) peuvent atteindre 110 dB spl et plus in utero ; le corps maternel constitue en quelque sorte une caisse de résonance, ce qui peut être dangereux pour la cochlée fœtale en développement ; en particulier pendant une période sensible que l’on peut situer autour de 22-32 semaines ag (âge gestationnel), alors que les processus de protection par l’oreille moyenne ne sont pas fonctionnels. De nombreux travaux chez l’animal au cours du développement de l’appareil auditif ont montré que des niveaux sonores non traumatiques pour l’oreille mature sont susceptibles d’entraîner des destructions des cellules ciliées cochléaires irréversibles lors du développement de la cochlée (Pujol, Laville-Rebillard et coll., 1998). On peut donc s’inquiéter des stimulations sonores, en particulier de longues durées, que des mamans bien intentionnées souhaitent apporter à leurs futurs enfants. De plus, le fœtus ne peut échapper à l’écoute forcée de telles stimulations, ni manifester son inconfort, comme il pourra le faire une fois né.

Développement fonctionnel du système auditif

9Chez l’humain, jusqu’à ces dernières années, toutes les recherches ont utilisé des indices moteurs et/ou cardiaques (modification de la fréquence moyenne ou de la variabilité, présence d’accélérations ou de ralentissements transitoires du rythme). Depuis une dizaine d’années, avec la magnéto-encéphalographie, se développe l’étude des changements électromagnétiques aux stimulations sonores, reflets des potentiels évoqués. Des recherches encore exceptionnelles utilisent l’irm fonctionnelle à l’occasion d’un examen médical.

10L’audition se développe très progressivement au cours du dernier trimestre de la grossesse et continue de s’affiner lors des deux premières années après la naissance. La cochlée est fonctionnelle vers 24-26 semaines ag (Pujol, Laville-Rebillard et coll., 1998), et les études électro-physiologiques chez le prématuré montrent que la transmission du signal sonore par les voies auditives dans les différents relais du tronc cérébral s’effectue également très précocement. Certaines composantes des potentiels évoqués corticaux, en effet, sont détectables vers 27-28 semaines ag. Pour autant, cela ne signifie pas que l’enfant prématuré et le fœtus entendent comme un nouveau-né à terme. L’audition est alors extrêmement immature. Ainsi, les latences des réponses électrophysiologiques sont très élevées, et leurs amplitudes très faibles ; il n’y a pas de codage fin du signal sonore et les seuils auditifs sont de 100 dB. Vers 32-33 semaines ag, le degré de performance du système auditif fœtal est nettement plus élaboré. Chez le prématuré, on observe que, bien que très immature encore, la morphologie globale des potentiels évoqués corticaux se rapproche de celle du nouveau-né, avec un seuil absolu de 30 dB. Chez le fœtus, l’irm fontionnelle montre une activation du lobe temporal gauche (Jardri, Pins et coll., 2008). À cet âge, la biomécanique cochléaire, qui permet le codage fin des informations auditives, en particulier la sélectivité en fréquences, est quasiment mature (Morlet, Collet et coll., 1993).

11In utero, c’est vers 30 semaines ag que l’on enregistre de manière stable les premières réponses motrices (du clignement de paupières au sursaut plus ou moins généralisé, selon l’intensité et la composition fréquentielle du stimulus) et cardiaques (accélération) aux bruits. Il faut alors des stimulations très intenses, égales ou supérieures à 110 dB spl ex utero, c’est-à-dire des pressions sonores supérieures à celles d’un marteau-piqueur (Birnholz, Benaceraff, 1983 ; Kisilevsky, 1995). De telles réponses sont présentes environ deux semaines plus tôt avec des stimuli ayant de fortes composantes vibratoires, comme un électrolarynx, utilisé dans de nombreuses études visant à détecter la souffrance fœtale.

12Près du terme de la gestation, à partir de 36-38 semaines ag, le fœtus manifeste des réponses de nature différente selon l’intensité et/ou la hauteur (fréquence) de la stimulation (Granier-Deferre, Lecanuet, Busnel et coll., 1985 ; Lecanuet, Granier-Deferre, Busnel et coll., 1986 ; 1988 ; 1989 ; 2000). Ainsi, pour un même stimulus, par exemple un bruit d’un tiers d’octave centré sur 2000 Hz, on observe : une accélération cardiaque (de 20-30 bpm en moyenne selon l’état de vigilance), généralement accompagnée d’un sursaut, lorsqu’il est diffusé avec une intensité externe égale à 110 dB spl, ou une brève décélération cardiaque (de 6-10 bpm en moyenne), sans mouvement, lorsqu’il est diffusé avec une intensité externe de 100 dB spl. Le fœtus s’habitue à la présentation répétée d’un même son, ses réponses diminuent progressivement en amplitude et disparaissent après un nombre variable de présentations, et ce, en fonction de leur intensité et de leurs composantes fréquentielles, en particulier la largeur de la bande de fréquences (Leader, Baillie et coll., 1982 ; Madison, Adubato et coll., 1986 ; Lecanuet, Granier-Deferre et coll., 1988 ; Kisilevsky, Muir et coll., 1992 ; Sandman, Wadhwa et coll., 1997). Il s’habitue d’autant plus vite à une série de stimulations vibro-acoustiques qu’il y a déjà été exposé, jusqu’à quatre semaines avant (van Heteren, Boekkooi et coll., 2000 ; Dirix, Nijhuis et coll., 2009). Les réponses fœtales ont exactement les mêmes caractéristiques que les réponses néonatales et dépendent des paramètres acoustiques de la stimulation (intensité, hauteur, largeur de la bande de fréquences, durée, répétition) et également de l’état comportemental (assimilable à l’état de vigilance néonatale à partir de 36 semaines ag). La différence essentielle provient de l’atténuation des stimuli externes puisque, pour les mêmes réponses, les seuils fœtaux sont supérieurs d’environ 20-25 dB spl à ceux des nouveau-nés. Ainsi, un bruit externe diffusé à moins de 80-90 dB spl ex utero n’entraîne pas de réaction cardiaque chez le fœtus en sommeil calme, tout comme chez le nouveau-né endormi lorsqu’il est exposé à un son inférieur à 60-70 dB spl.

Compétences perceptives fœtales

13Peu de travaux ont porté sur les compétences perceptives du fœtus proche du terme de la gestation (36-41 semaines ag), en particulier sur ses capacités à discriminer des sons complexes de courtes durées. Quelques études ont démontré qu’il pouvait détecter des différences d’intensités, de fréquences ou de spectres acoustiques. Ainsi, avec des stimulations émises à une intensité « moyenne » de 92-95 dB spl ex utero, et à l’aide de procédures d’habituation-déshabituation de la réponse motrice ou de la réponse cardiaque, on a montré qu’il pouvait discriminer des sons graves de différentes complexités : deux fréquences, 250 Hz et 500 Hz (Shahidullah et Hepper, 1994), deux notes de musique, mi4e/fa5e et fa5e/mi4e (Lecanuet, Granier-Deferre et coll., 2000), deux voix contrastées (une voix de femme avec un fondamental laryngé F0 à 165 Hz et une voix d’homme avec un F0 de 83 Hz) (Lecanuet, Granier-Deferre et coll., 1993). D’autres études indiquent qu’il peut traiter des différences de spectres, puisqu’il réagit aux changements de voyelles. Par exemple, il discrimine les voyelles /a/ et /i/, qui n’ont pas de formants communs, au sein des bi-syllabes [ba][bi] versus [bi][ba] (Lecanuet, Granier-Deferre et coll., 1987), [baba] versus [bibi] (Shahidullah et Hepper, 1994) et /æ/ versus /i/ (Groome, Mooney et coll., 1997). Avec la meg fœtale, on a récemment confirmé cette capacité fœtale en enregistrant la mmn (Mismatch Negativity) ; cette réponse, qui émane du cortex auditif, met en évidence la détection de stimuli différents dans une série de stimuli identiques répétés (Schleussner, Schneider, 2004 ; Huotilainen, Kujala et coll., 2005 ; Draganova, Eswaran et coll., 2005, 2007). Elle est très précoce puisqu’elle s’observe déjà à 30 semaines ag avec des trains d’ondes de 500 Hz vs. 750 Hz, chez la moitié des fœtus étudiés, soit 4 semaines après le début du fonctionnement de la cochlée. La latence de cette réponse diminue considérablement avec la gestation : 288 ms à 28-30 semaines et 197 ms à 34-37 semaines ag (Holst, Eswaran et coll., 2005). Quelques études d’irm fonctionnelle montrent des activations dans les lobes temporaux et frontaux avec des stimulations vibro-acoustiques chez le fœtus proche du terme (Fulford, Vadeyar et coll., 2004 ; Moore, Vadeyar et coll. 2001). Une étude récente confirme l’activation in utero du cortex primaire gauche, et ce dès l’âge de 33 semaines ag pour des tons purs modulés (Jardri, Pins et coll., 2008).

14Ces différentes recherches montrent que le fœtus proche du terme de la gestation est sensible à des différences de hauteurs et à des différences spectrales dès les premières centièmes de secondes du stimulus. Peu d’études se sont penchées sur sa perception de variations temporelles au sein de flux auditifs. Les données indiquent qu’il est également capable de traiter des séquences auditives d’une durée de quelques secondes au moins, et qu’il perçoit des variations temporelles au sein de ces séquences. Ainsi, avec une procédure d’habituation/déshabituation de la réponse cardiaque, on observe qu’il discrimine le même son bref (voyelle) lorsqu’il est présenté de manière continue ou rythmée (Groome, Mooney et coll. 1999, 2000), ainsi qu’une augmentation, ou une diminution de 10 % dans la fréquence de présentation d’une note de musique initialement répétée avec un intervalle interstimulus de 600 ms (Lecanuet, Jacquet, et coll., 2002). Une de nos recherches récentes montre qu’il serait également capable de percevoir des structures temporelles extrêmement rapides (? 50 ms) spécifiques de la parole (Granier-Deferre, Bassereau et coll., 2010). Les capacités à traiter des variations spectrales et des variations d’amplitudes dans le temps sont des prérequis de la perception de stimulations auditives complexes, telles que la musique et la parole. C’est pourquoi ces études sont très importantes d’un point de vue théorique. Ainsi, la perception de la parole nécessite de pouvoir traiter des différences de variations temporelles à la fois très rapides pour des discriminations phonologiques, et relativement lentes pour les contours mélodiques et la prosodie. La majorité des recherches qui permettent de considérer que de telles capacités sont bien présentes chez le fœtus proche du terme de la gestation sont celles qui ont porté sur les acquisitions prénatales de séquences auditives complexes. Cependant, l’étendue des variations temporelles susceptibles d’être traitées par les fœtus reste à préciser.

Les stimulations auditives prénatales : source d’acquisitions perceptives

15Les stimulations auditives intra-utérines, et en particulier celles d’origine maternelle puisqu’elles ne sont pas atténuées, peuvent être la source de développements et d’acquisitions perceptives d’une grande valeur adaptative après la naissance. De nombreux travaux se sont intéressés aux conséquences perceptives et mnésiques des stimulations sensorielles prénatales, en particulier à leur contribution dans les compétences auditives manifestées par l’enfant dès ses premiers jours. Ils ont mis en évidence que l’exposition fréquente et régulière à un stimulus sonore peut entraîner une modification de la réactivité spontanée pré et postnatale à ce stimulus. Selon la méthode utilisée, et la période à laquelle l’enfant est testé, on enregistre différents types de modifications, indicatrices d’une acquisition prénatale. Après la naissance, la majorité des études ont examiné la présence de réactions d’apaisement, d’orientation ou de préférence pour des stimuli, soit naturellement présents in utero (stimulations maternelles), soit présentés expérimentalement au cours de la gestation. Les recherches les plus convaincantes sont celles qui ont démontré la valeur attractive des stimulations intra-utérines en mettant en œuvre des situations d’apprentissage opérant chez le nouveau-né. Elles ont utilisé diverses variantes du conditionnement de la succion non nutritive, qui permet à l’enfant de 2-4 jours d’exprimer directement sa préférence entre deux stimulations sonores, l’une dont on teste l’acquisition et l’autre de contrôle. En effet, il apprend très rapidement à déclencher l’une ou l’autre des stimulations proposées, soit en modulant l’organisation temporelle de sa succion non nutritive (procédure de renforcement différentiel), soit en démarrant une succion lors de l’apparition d’un signal sonore spécifique (procédure de discrimination) (DeCasper, Spence, 1991).

Réponses à des stimulations auditives d’origine maternelle

16Les quelques recherches menées au cours de la période prénatale ont essentiellement examiné les réactions cardiaques fœtales à la voix maternelle. Ainsi, Kisilevsky, Hains et ses coll. (2003), avec des voix préalablement enregistrées lisant la même comptine et diffusées à 95 dB via un haut-parleur, observent qu’à partir de 32 semaines ag les fœtus présentent des réponses de nature différente pour la voix maternelle par rapport à une autre voix féminine. Busnel (1998) a comparé les réponses cardiaques fœtales dans les conditions de la vie réelle, lorsque la mère s’adresse directement au bébé avec une voix intonnée, ou lorsqu’elle parle à un adulte. En fin de gestation, on observe un pourcentage significativement plus élevé de changements du rythme cardiaque fœtal, synchrone avec la parole maternelle, lorsque la mère s’adresse au fœtus. Ces modifications sont similaires à celles observées chez le nouveau-né à terme éveillé lorsque la mère lui parle. Chez l’enfant prématuré, en sommeil ou en veille agitée, la voix maternelle adressée au bébé entraîne une diminution de la variabilité cardiaque ; en éveil calme, la voix maternelle provoque une réaction d’attention soutenue avec une augmentation de la variabilité cardiaque, les enfants regardent leur mère et esquissent des mouvements dans sa direction.

17Une recherche unique, avec la meg fœtale, montre que le rythme cardiaque maternel évoque des réponses auditives corticales (Porcaro, Zappasod et coll., 2006).

18Après la naissance, en particulier dans les services de néonatologie, de nombreuses études anciennes, des années 1960-1980, ont examiné la nature apaisante du bruit cardiaque ou de la voix maternelle (voir revues de questions : Busnel, Granier-Deferre, 1983 ; Lecanuet, Granier-Deferre et coll., 1995). Chez les nouveau-nés de 2-4 jours, les techniques de conditionnement de la succion non nutritive ont permis de démontrer le pouvoir renforçant et/ou la préférence pour : les bruits cardio-vasculaires intra-utérins (DeCasper, Sigafoos, 1983), la voix maternelle par rapport à celle d’une autre femme (DeCasper, Fifer, 1980 ; Spence, DeCasper, 1987 ; Fifer, Moon, 1995), la langue maternelle (Moon, Cooper et coll., 1993 ; DeCasper, Prescott, 2009), et les langues maternelles pour les mères bilingues (Byers-Heinlein, Burns et coll., 2010) par rapport à une autre langue. De plus, une étude montre que les nouveau-nés présentent des réactions d’orientation plus ou moins fortes selon l’émotion portée par une voix féminine ; cette réaction est plus ample pour une voix joyeuse, mais ceci uniquement avec la langue maternelle (Mastropieri, Turkewitz, 1999). Ainsi, les nouveau-nés manifestent qu’ils ont reconnu, d’une part, le timbre d’une voix et/ou la prosodie particulière d’une personne, et d’autre part, le contour mélodique et/ou des traits structuraux de la langue maternelle et ce, il faut le souligner, indépendamment de la voix. Par ailleurs, les nouveau-nés ne manifestent pas de préférence pour la voix paternelle par rapport à celle d’un homme inconnu (DeCasper, Prescott, 1984). Cette absence de préférence n’est pas liée à une incapacité de distinguer les voix masculines ; elle refléterait plutôt l’expérience réduite de la voix paternelle par rapport à la voix maternelle. Il serait intéressant de refaire cette recherche avec les voix de pères qui s’adressent quotidiennement à leur futur enfant.

19La plupart de ces résultats ont été portés au crédit de l’aptitude du fœtus à mémoriser les sons. Toutefois, on ne peut écarter la possibilité d’un apprentissage auditif extrêmement rapide au cours des premières heures ou jours qui suivent la naissance. D’autres recherches, à partir de réponses fœtales ou néonatales envers des stimulations qui n’ont été diffusées qu’avant la naissance, confortent la présence d’acquisitions strictement fœtales.

Réponses à des stimulations auditives externes, exclusivement prénatales

20Des travaux ont comparé les effets d’une exposition prénatale régulière et fréquente à des stimulations auditives, à ceux de stimulations de contrôle de même nature, auxquelles l’enfant n’avait jamais été exposé. Dans ces recherches, toutes possibilités d’apprentissage du stimulus expérimental au cours des heures ou jours qui suivent la naissance ont été contrôlées. Certaines études ont mis à profit des situations où les futures mères s’exposent à des contextes sonores particuliers quotidiennement, pendant toute ou partie de leur grossesse ; dans d’autres études, on a demandé aux futures mères d’écouter, une ou plusieurs fois par jour, pendant des périodes prolongées de trois semaines au moins, des stimuli auditifs définis ou construits spécialement par les expérimentateurs.

21La reconnaissance d’une comptine lue à haute voix par les mères pendant quatre semaines, soit à partir de la 34e semaine ag (DeCasper, Lecanuet et coll., 1994), soit à partir de la 32e semaine ag (Krueger, Holditch-Davis et coll., 2004), a été mise en évidence au cours de la période fœtale. Pour tester cette acquisition, les enregistrements par une voix féminine des comptines de familiarisation et de contrôle ont été diffusés avec une intensité qui, normalement, n’induit aucune réponse cardiaque. Seules les comptines familières ont évoqué une brève décélération du rythme.

22Après la naissance, et avec les procédures de conditionnement de la succion non nutritive, DeCasper a montré que les nouveau-nés de 2-4 jours préfèrent une comptine lue (DeCasper, Spence, 1986) ou une mélodie chantonnée par la mère (Cooper, Aslin, 1989) pendant les dernières semaines de la grossesse à des stimulations de contrôle de même nature. L’acquisition est manifeste alors même que les réactions sont examinées avec une autre voix féminine. D’autres travaux montrent qu’un stimulus musical répétitivement présenté au cours de la grossesse modifie les états comportementaux (James, Spencer et coll., 2002) ou déclenche des réponses attentionnelles chez le nouveau-né. Ainsi, dans une situation écologique, la diffusion du générique d’une série télévisée, regardée quotidiennement par les mères pendant la grossesse, entraîne le passage d’un état de veille agitée à un état de veille attentive. Ces modifications ne sont pas observées lors de la diffusion du même générique à rebours, ou de celle d’un autre générique (Hepper, 1988).

23Les résultats de ces différentes recherches ont été obtenus après un délai court, de quelques jours seulement, entre la période d’exposition pré­natale et le test d’évaluation postnatale. On peut donc s’interroger sur la stabilité à plus long terme des acquisitions auditives fœtales. Deux études ont examiné cette question mais avec des résultats contradictoires, qui proviennent probablement d’options méthodologiques très différentes. Reprenant le paradigme de mémorisation prénatale du générique télévisé auquel sont quotidiennement exposés mère et fœtus, Hepper (1996) n’a pas retrouvé chez les enfants de 3 semaines les réponses d’orientation observées chez les nouveau-nés de quelques jours. Inversement, une étude récente (Granier-Deferre, Bassereau et coll., 2011) montre qu’une mémoire prénatale peut perdurer au moins six semaines. Des nourrissons d’un mois, en sommeil calme, familiarisés in utero à une courte mélodie de la 35e à la 38e semaine ag, présentent lors de sa rediffusion des décélérations cardiaques deux fois plus amples que celles évoquées par une mélodie de contrôle (même spectre, même durée, même rythme, mais avec des contours mélodiques opposés), et que celles évoquées chez les enfants du groupe témoin pour les deux mélodies.

24Le fœtus semble également pouvoir développer une habituation spécifique et durable à des bruits récurrents de forte intensité. Ainsi, à proximité de l’aéroport d’Osaka, la proportion de nouveau-nés réveillés par le bruit des avions est d’autant plus faible que l’exposition prénatale à ce bruit a été précoce et prolongée. Les enfants ne se réveillent pas au bruit d’un avion émis à 90 dB spl près de leur oreille, alors qu’ils se réveillent et pleurent pour un stimulus témoin de même spectre (séquence de musique) diffusé à une pression plus faible de 80 dB spl (Ando, Hattori, 1977).

25Un travail avec des nouveau-nés de 35 à 42 semaines ag confirme que la mémoire de reconnaissance est bien présente avant l’âge du terme (de Regnier, Wewerka et coll., 2002). Il montre, à l’aide des potentiels évoqués tardifs (erp), une corrélation entre l’âge et la capacité à distinguer la voix maternelle de celle d’une autre femme. Le développement de cette reconnaissance semble ne pas dépendre du niveau de maturation du cortex auditif, mais de celui d’autres structures, probablement de l’hippocampe, fonctionnel à la naissance.

26De l’ensemble de ces études, on peut conclure que le système auditif fœtal est essentiellement stimulé par les sons d’origine maternelle qui ne sont pas atténués, et par les composantes des stimulations sonores externes de basses fréquences (inférieures à environ 300-500 Hz), c’est-à-dire des sons graves ou mediums, qui correspondent globalement aux 3-4 premières octaves du piano. Compte tenu de l’immaturité du système auditif, on peut considérer que le fœtus est sensible à ces stimulations à partir de 30 semaines ag et ce, à condition d’avoir une intensité suffisante, de l’ordre de 80-100 dB spl, niveau du seuil auditif. À partir de 35-36 semaines ag, les seuils absolus du fœtus sont proches de ceux du nouveau-né à terme et on peut considérer qu’il puisse entendre, bien que plus faiblement, les sons externes d’une intensité au moins égale à 60 dB spl (conversation courante). Il est capable de différencier des changements d’intensité et de hauteur, de traiter dans le temps des informations spectrales et des variations d’amplitudes, à la fois rapides et lentes. Les recherches fœtales comme néonatales indiquent que, à cet âge, il peut distinguer et reconnaître des invariants acoustiques, tels que des régularités spectrales et temporelles caractéristiques de son environnement d’après la naissance, comme celles de la voix et de la langue maternelle. Sur un plan théorique, les avancées les plus récentes, et peut-être les plus importantes, de ces recherches sont probablement celles qui confirment et précisent la précocité des capacités du système auditif à traiter finement certaines caractéristiques du langage. De tels résultats, en effet, contribuent à expliquer les données des psycholinguistes sur les mécanismes du développement de la perception de la parole, qui montrent que les nouveau-nés de 2-3 jours sont capables de différenciations acoustiques très fines, portant sur différents degrés de variations temporelles, et que leur capacité à distinguer les langues naturelles s’appuie sur leurs caractéristiques rythmiques (Nazzi, Bertoncini et coll., 1998), précisément celles s’avérant les mieux préservées in utero. Ils peuvent également expliquer pourquoi les cris des nouveau-nés présentent déjà les intonations spécifiques de leur langue maternelle (Mampe, Friederici et coll., 2009).

27Les expériences auditives prénatales contribuent donc au développement d’acquisitions perceptives qui vont favoriser l’adaptation de l’enfant au monde d’après la naissance, et constituer une base pour des apprentissages ultérieurs. Elles participent au développement fonctionnel du système auditif et influencent la réactivité et le comportement : orientation, attention et préférence pour des sons à valeurs adaptatives, habituation ou désintérêt pour des sons non adaptatifs. Elles peuvent faciliter des apprentissages associatifs en tant qu’éléments renforçateurs potentiels. Toutefois, il faut souligner qu’étant donné la haute plasticité du système nerveux central au cours de son développement, les orientations exprimées n’ont pas nécessairement de caractère définitif, et vont dépendre de la continuité et de la stabilité des facteurs environnementaux. Si l’on considère l’ensemble des modalités sensorielles, qui sont toutes fonctionnelles, bien qu’à des degrés divers, in utero, on peut faire l’hypothèse que des traces mnésiques multisensorielles, progressivement développées et consolidées au cours de la période prénatale, pourront s’intégrer aux éléments extra-utérins de l’environnement maternel. Ainsi, confrontées aux nouvelles stimulations, en particulier visuelles, elles pourront faciliter le développement de structures perceptives cohérentes, sur lesquelles pourront se rattacher des contenus émotionnels.

28Au début de ce chapitre, nous avons mentionné les nouvelles représentations à l’égard du fœtus, et le caractère extrême de certaines pratiques visant à développer si précocement toutes ses potentialités. Ces recherches nous incitent aussi à retrouver un peu de bon sens. L’enfant à naître a suffisamment à entendre naturellement in utero, et tout à apprendre après la naissance. Il est naturellement exposé à des stimulations appropriées qui lui assurent un développement sensoriel harmonieux ; il n’y a donc pas lieu de lui apporter des stimulations supplémentaires. Les connaissances apportées par les travaux au cours de la période prénatale ont également modifié le regard porté sur l’enfant prématuré et entraîné des modifications dans les pratiques de services de néonatologie. On souhaite à juste titre offrir à cet enfant un univers sensoriel plus proche du milieu intra-utérin, par exemple en diffusant au sein de la couveuse les stimulations auditives, en particulier maternelles, dont il est en partie privé. Cependant, là encore, certaines données nous invitent à la prudence. En effet, on peut enregistrer de fortes distorsions acoustiques dans les couveuses, la réverbération des sons sur les parois entraîne également une augmentation de leur intensité, en particulier lorsque la porte est fermée (Belleini, Buonocore et coll., 2003). De plus, il semble que la présence de la voix maternelle en l’absence de la mère, donc indépendamment d’interactions comportementales ajustées et synchronisées, puisse rendre difficile l’établissement d’associations cohérentes et stables entre le comportement de l’enfant et les réponses maternelles, et inversement. Il semblerait donc plus judicieux de faire en sorte que l’univers acoustique autour de l’enfant favorise les échanges et le développement de la communication sociale entre le bébé et son entourage.

Bibliographie partielle

  • Toutes les références mentionnées dans ce texte peuvent être retrouvées dans les articles ou ouvrages suivants :
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Date de mise en ligne : 12/10/2011

https://doi.org/10.3917/spi.059.0017