Benoît Coquard, Ceux qui restent. Faire sa vie dans les campagnes en déclin
- Par Josette Debroux
Pages 469 à 472
Citer cet article
- DEBROUX, Josette,
- Debroux, Josette.
- Debroux, J.
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Notes
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[1]
Benoît Coquard (2019), Ceux qui restent. Faire sa vie dans les campagnes en déclin, Paris, La Découverte, 216 p.
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[2]
Jean-Pierre Olivier de Sardan (1995), « La politique du terrain. Sur la production des données en anthropologie », Enquête. Anthropologie, histoire, sociologie, no 1, Marseille, Éditions Parenthèses, p. 71-109.
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[3]
Gérard Mauger (1991), « Enquêter en milieu populaire », Genèses, no 6, p. 125-142.
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[4]
L’effet de légitimité résidentielle conduit certains habitants des quartiers populaires, dont les ressources ne leur permettent pas de contester la représentation dominante de leur quartier, à détourner le stigmate sur les plus précaires et à passer sous silence les pratiques communes pour rester en cohérence avec la représentation qu’ils affichent, en présence de l’enquêteur, incarnant le point de vue légitime. Voir Pierre Gilbert (2012), « L’effet de légitimité résidentielle : un obstacle à l’interprétation des formes de cohabitation dans les cités hlm », Sociologie, vol. 3, no 1, p. 61-74.
L’ouvrage de Benoît Coquard donne à voir le quotidien de jeunes ruraux vivant dans les anciennes régions industrielles du Grand Est de la France marquées par la baisse continue des emplois, la fermeture des services et des équipements, un exode massif des jeunes, en particulier des diplômés. Alors que les producteurs de représentations médiatiques imposent, du fait de points de vue surplombants et domino-centrés, des visions caricaturales des classes populaires rurales, oscillant entre misérabilisme et populisme, Benoît Coquard propose une approche ethnographique des « campagnes en déclin », approche qui le conduit à se mêler aux jeunes ouvriers, employés et chômeurs qu’il observe, afin de révéler, suivant une approche inductive, ce qui est invisible à un regard distant. S’appuyant sur une longue enquête – environ 200 jeunes adultes ont été « rencontrés » (p. 16) entre 2010 et 2018 –, l’auteur montre qu’un style de vie populaire fondé sur « l’interconnaissance, la camaraderie, l’hédonisme » (p. 16) perdure en dépit des changements structurels globaux qui affectent ces territoires. Les sept chapitres, qui décrivent de manière fine et nuancée les manières de penser et d’agir des jeunes ruraux appartenant à différentes fractions des milieux populaires, soulignent le rôle intégrateur de « la bande de potes » qui garantit la « bonne réputation », indispensable à la stabilisation professionnelle et matrimoniale dans un contexte de forte concurrence sociale.
Le premier chapitre, consacré au mouvement des Gilets jaunes, permet à l’auteur de relier ce qu’il observe et entend sur les ronds-points à ce que son enquête a précédemment mis au jour…
Date de mise en ligne : 07/11/2022