Article de revue

Discours conservateurs, pratiques novatrices

Pages 211 à 231

Citer cet article


  • Della Sudda, M.
(2007). Discours conservateurs, pratiques novatrices. Sociétés & Représentations, 24(2), 211-231. https://doi.org/10.3917/sr.024.0211.

  • Della Sudda, Magali.
« Discours conservateurs, pratiques novatrices ». Sociétés & Représentations, 2007/2 n° 24, 2007. p.211-231. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-societes-et-representations-2007-2-page-211?lang=fr.

  • DELLA SUDDA, Magali,
2007. Discours conservateurs, pratiques novatrices. Sociétés & Représentations, 2007/2 n° 24, p.211-231. DOI : 10.3917/sr.024.0211. URL : https://shs.cairn.info/revue-societes-et-representations-2007-2-page-211?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/sr.024.0211


Notes

  • [1]
    Steven C. Hause et Ann R. Kenney, « The Limits of Suffragist Behavior : Legalism and Militancy in France (1876-1922) », American Historical Review, vol. 86, n° 4, oct. 1981, pp. 781-806.
  • [2]
    Ralph Gibson, « Le catholicisme et les femmes en France au XIXe siècle », Revue d’histoire de l’Église de France, t. LXXIX, 1993, p. 64. Nous ne disposons cependant pas de chiffres précis sur la pratique religieuse féminine en France dans les premières décennies du XXe siècle.
  • [3]
    Sur le rôle paradoxal de l’Église catholique dans l’émancipation féminine, voir James McMillan, « Women in social catholicism in late XIXth-and early XXth century France », in W. J. Sheils, Diana Wood (dir.), Women in the Church, London, Blackwell, 1990, pp. 467-480 ; Lucetta Scaraffia, Gabriella Zarri (dir.) ; Donne e fede, Santità e vita religiosa in Italia, Roma, Laterza, 1994, pp. VI-XV. Et Scaraffia Lucetta, « Il Cristianesimo l’ha fatta libera colocandola nella famiglia accanto all’uomo (dal 1850 alla Mulieris Dignitatem) », pp. 441-494 ; Marie Chessel, Bruno Dumons (dir.), Catholicisme et modernisation de la société française (1890-1960), Cahiers du centre Pierre Léon, n° 2, 2003, pp. 7-18.
  • [4]
    Philippe Secondy, « Royalisme et innovation partisane “les Blancs du Midi” à la fin du XIXe siècle », Revue française de Science politique, vol. 53, n° 1, fév. 2003, pp. 73-99.
  • [5]
    Magali Della Sudda, « Les femmes catholiques à l’épreuve de la laïcité », in Patrick Weil (dir.), Politiques de la laïcité, Paris, PuF, 2007, pp. 123-143.
  • [6]
    La loi de 1901 est vécue comme la première offensive contre les sociétés religieuses et congrégations par les catholiques. Elle vise en effet à soumettre à l’autorisation préfectorale – liée au gouvernement radical – les groupes religieux. De fait, nombre de congrégations seront interdites et refuseront d’être déclarées à la préfecture.
  • [7]
    Mademoiselle Dijon, Pourquoi je suis devenue conférencière, s. l., 1932, p. 5.
  • [8]
    Marthe de Vélard, Vingt-cinq ans d’action catholique. Faire Face (1902-1927), Paris, LPDF, 1927, p. 12.
  • [9]
    En effet, les fondatrices de la LPDF sont pour la plupart célibataires, sans enfants. Pour celles qui sont Filles de Marie, la maternité biologique est transcendée par la maternité spirituelle : elles éduquent le peuple, considérant les enfants chrétiens comme les leurs, établissant des liens spirituels plus que biologiques entre elles et les enfants, voire entre elles et le peuple.
  • [10]
    Marthe de Vélard, Vingt-cinq ans d’action catholique, op. cit., pp. 18-19.
  • [11]
    Claude Langlois, Le Catholicisme au féminin. Les congrégations françaises à supérieure générale au XIXe siècle. Paris, Le Cerf, 1984, pp. 642-648 ; Ralph Gibson, « Le catholicisme et les femmes », loc. cit., pp. 63-93.
  • [12]
    Paul, Co 3.14 : « Que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis de prendre la parole ; qu’elles se tiennent dans la soumission, selon que la Loi même le dit. Si elles veulent s’instruire sur un quelque point, qu’elles interrogent leur mari à la maison ; car il est inconvenant pour une femme de parler dans une assemblée. »
  • [13]
    Magali Della Sudda, Une activité politique féminine conservatrice avant le droit de suffrage en France et en Italie, la Ligue patriotique des Françaises (1902-1933) et l’Unione fra le donne cattoliche d’Italia (1909-1919), Thèse de doctorat Ehess/La Sapienza, 2007, chapitre premier.
  • [14]
    Archivio Segreto Vaticano, Segreteria di Stato, 1907, lettre n° 1791 (anonyme).
  • [15]
    Benoît XV, « Sono avventurati », discours prononcé devant les adhérentes de l’UDCI en 1919.
  • [16]
    La dizainière est la cheville ouvrière de la Ligue. Elle est issue des classes moyennes et doit faire le lien entre les dirigeantes aristocrates et grandes bourgeoises d’un côté, et les ouvrières, femmes du peuple, de l’autre. Elle encadre dix adhérentes qu’elle visite régulièrement et auxquelles elle apporte le Bulletin de la LPDF. Elle s’assure de la bonne tenue du ménage, de la moralité de la famille.
  • [17]
    Marthe Vélard, Vingt-cinq ans d’action catholique…, op. cit., p. 89.
  • [18]
    Paola Gaiotti de Biase, Le Origine del movimento cattolico femminile, Brescia, Morcelliana, 2002 (1re éd. 1964), pp. 22-23.
  • [19]
    Écho de la LPDF, nov. 1905, p. 719.
  • [20]
    On s’assure qu’ils vont à la messe, et si le château est trop éloigné de l’église, la ligueuse fait consacrer un oratoire arguant que les domestiques pourront ainsi accomplir leurs devoirs religieux.
  • [21]
    AN F712 721, Note du commissariat spécial du Doubs, Besançon, le 24 mai 1902 sur la propagande cléricale.
  • [22]
    Discours d’Henri Bazire, Président de l’Association catholique de la jeunesse française, Écho de la LPDF, mars 1904, p. 324.
  • [23]
    Anne Cova, Maternité et droit des femmes en France, Paris, Anthropos, 1998, 453 p.
  • [24]
    Sur Antonin Sertillanges, voir Hervé Serry, Naissance de l’intellectuel catholique, Paris, La Découverte, 2004, 371 p.
  • [25]
    Écho de la LPDF, août 1905, p. 659.
  • [26]
    À partir de 1907, la Ligue propose une Histoire de France en image qui met les Chrétiennes au centre de l’histoire et est diffusée dans les écoles libres, au catéchisme, dans les œuvres périscolaires. Les seize planches commencent par les Gaulois et s’achèvent par la mort de Jeanne d’Arc, arrêtant l’histoire de France avant la Réforme et la Révolution.
  • [27]
    Albert Vandal, « Discours prononcé lors de l’assemblée générale de la Ligue le 20 février 1904 à Paris devant 1500 personnes », Écho de la LPDF, n° 3, mars 1904, p. 320.
  • [28]
    « Rapport de la baronne de Boury », Congrès de la LPDF, oct. 1906, pp. 93-94.
  • [29]
    « Partout dans les salons, au théâtre, dans l’église, au confessionnal même les dames de la haute société marseillaise s’occupent des élections législatives prochaines. Les membres des comités constitués sous le patronage de “l’Action libérale” et de “la Patrie française” font des quêtes à domicile, elles ne négligent pas surtout de s’adresser particulièrement aux divers fournisseurs, couturières, modistes, etc. […] Un grand nombre de femmes se sont présentées qui, pour vérifier l’inscription de leurs époux ou fils, qui pour faire inscrire leurs parents, leurs domestiques ou leurs fermiers », AN F7 12 771, « Élections 1902 », Rapport du Commissariat spécial de Marseille, le 20 janv. 1902.
  • [30]
    Candidat du Bloc de Défense républicaine, c’est-à-dire radical.
  • [31]
    Mademoiselle de Beaulieu du Comité de Nantes, Congrès de la LPDF, op. cit., 1906, p. 99.
  • [32]
    Mademoiselle de Forcade, ibid., p. 125.
  • [33]
    Mademoiselle Devuns, ibid., p. 127.
  • [34]
    Michel Offerlé, La Profession politique, XIXe-XXe siècle, Paris, Belin, 1999, 362 p. ; Éric Phélippeau, L’Invention de l’homme politique moderne, Mackau, l’Orne et la République, Paris, Belin, 2002, 367 p.
  • [35]
    Jean-Marie Mayeur, « Catholicisme social, catholicisme intransigeant, démocratie chrétienne », Annales Économie Sociétés, n° 2, mars-avr. 1972, pp. 483-499.
  • [36]
    Dans ce contexte, un syndicat mixte regroupe uniquement des femmes sur le modèle de la corporation. Patronnes et ouvrières s’y côtoient, et l’entente religieuse y préside et non la lutte des classes.
  • [37]
    Association des Filles du Cœur de Marie (AFCM), Dossier Marie du Rostu, Document dactylographié, 1952, p. 16.
  • [38]
    AJPF, Fonds Pupey-Girard, Lettre de Mademoiselle Frossard, s.d. ; Archivio segreto aticano (ASV), Seg. di Stato, Anno 1907, rubr. 242, fasc. 8. Lettre n° 17 682 du Cardinal Montagnini au Cardinal Merry del Val, 18 mai 1906.
  • [39]
    ASV anno 1909, rubr. 12, fasc. 12, n° 39 851, Télégramme, de la baronne Reille pour le Cardinal Merry del Val.
  • [40]
    « Réunion des déléguées », Congrès de la LPDF, 6-10 oct. 1909 à Lourdes, Paris, Diéval 1910, pp. 18-19.
  • [41]
    « Rapport sur la presse présenté par la baronne de Boury », Congrès de la LPDF, 10-13 oct. 1907, p. 132.
Français

Résumé

En s’intéressant à la principale ligue féminine française du début du siècle dernier, la Ligue patriotique des Françaises (LPDF), il s’agit de mettre au jour l’apparente contradiction entre, d’une part, des discours conservateurs sur le plan politique et, d’autre part, les pratiques parfois novatrices de certaines Catholiques. La LPDF, qui comptait plus d’un million et demi en 1933, a représenté pour de nombreuses Catholiques un lieu de politisation qui explique, pour partie, le comportement électoral des femmes lors des premières consultations. Sous la contrainte de la loi de 1901, et au nom de la défense de la religion et du conservatisme, les militantes ont contribué à la modernisation du système politique en s’appropriant certaines techniques de la démocratie partisane de masse et en reconvertissant des savoir-faire acquis à travers leur expérience religieuse. Apparaît ainsi au début du XXe siècle la femme politique moderne, conservatrice certes, mais capable de financer les candidats, de formuler des propositions politiques, voire de promouvoir certaines réformes sociales.


English

Abstract

This article studies the major French feminine league, at the beginning of the 20th century : the Ligue patriotique des Françaises (LPDF). The point is to highlight the apparent contradiction between, on the one hand, conservative political statements, and, on the other hand, the sometimes innovative practices of certain Catholic women. The LPDF, which was a million and a half strong in 1933, has represented a place of politization for many Catholic women, which partly explains the electoral behaviour of women when they first could vote. Under the constraint of the 1901 Law, and in the name of the defence of religion and conservatism, the militants have contributed to the modernization of the political system by appropriating certain techniques of mass followers democracy and by converting the know-how they had acquired through their experience in religious matters. Thus appeared, at the beginning of the 20th century, the modern political woman, conservative of course, yet able to finance candidates, to express political propositions, even to promote certain social reforms.


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Date de mise en ligne : 01/12/2008

https://doi.org/10.3917/sr.024.0211