Article de revue

Aux frontières de la mobilité sociale

Espaces et socialisations dans les bidonvilles et cités de transit de l'après-guerre

Pages 123 à 149

Citer cet article


  • Delon, M.
(2019). Aux frontières de la mobilité sociale Espaces et socialisations dans les bidonvilles et cités de transit de l'après-guerre. Sociétés contemporaines, 115(3), 123-149. https://doi.org/10.3917/soco.115.0123.

  • Delon, Margot.
« Aux frontières de la mobilité sociale : Espaces et socialisations dans les bidonvilles et cités de transit de l'après-guerre ». Sociétés contemporaines, 2019/3 N° 115, 2019. p.123-149. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-societes-contemporaines-2019-3-page-123?lang=fr.

  • DELON, Margot,
2019. Aux frontières de la mobilité sociale Espaces et socialisations dans les bidonvilles et cités de transit de l'après-guerre. Sociétés contemporaines, 2019/3 N° 115, p.123-149. DOI : 10.3917/soco.115.0123. URL : https://shs.cairn.info/revue-societes-contemporaines-2019-3-page-123?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/soco.115.0123


Notes

  • [1]
    À Nanterre et à Champigny-sur-Marne, les habitant·e·s des bidonvilles ont représenté entre un huitième et un sixième des populations locales (10 ­ 15 000 habitants). À Nanterre, les bidonvilles (1953-1972) étaient dispersés dans plusieurs quartiers de la ville, et principalement peuplés d'habitant·e·s algérien·ne·s et marocain·e·s, dans une moindre mesure portugais·e·s. À Champigny, le bidonville (1957-1972) était concentré dans le quartier du Plateau. Il était très majoritairement composé d'habitant·e·s portugais·e·s.
  • [2]
    La consigne de départ était de raconter les bidonvilles et ce que les enquêté·e·s étaient devenus ensuite. Cette posture non directive était néanmoins atténuée en fin d'entretien, avec une série de relances sur les thèmes ou moments non abordés (parmi lesquels : les parcours migratoires des parents, leur position dans le pays d'origine, la trajectoire scolaire, professionnelle et résidentielle, et le rapport à la mémoire), et la visualisation d'un jeu de photographies représentant les bidonvilles ou des événements qui leur étaient liés.
  • [3]
    Une étude architecturale de l'époque compare ainsi le tracé des ruelles et l'agencement des baraques du bidonville de la rue des Prés à Nanterre avec ceux des bidonvilles d'Alger (Herpin et Santelli, 1973).
  • [4]
    Annette Lareau (2015, p. 2) analyse de façon plus détaillée ce sense of entitlement qui constitue, selon elle, l'une des trois composantes du savoir culturel distinctif des classes moyennes et supérieures.
  • [5]
    De ce point de vue, les enquêté·e·s les plus marqué·e·s par ces rencontres font souvent montre d'un légitimisme culturel qui les distingue nettement de la figure des militants décrits par Victor Collet, socialisés pour leur part au contact de différents mouvements politiques de gauche (Collet, 2013).
  • [6]
    D'autres parents étaient encore plus dotés : le père de Belkacem Arezki savait par exemple lire et écrire, celui de Lamia Kasmi avait un petit commerce et était venu « tenter l'aventure » en France contre l'avis de sa famille.
Français

Résumé

À partir du cas des bidonvilles et cités de transit de l’après-guerre à Nanterre, cet article questionne les rapports entre socialisations spatiales et mobilité sociale. La première partie montre comment ces espaces résidentiels se singularisent par des socialisations des enfants et adolescents à une triple frontière, urbaine, sociale et raciale. La seconde partie souligne le rôle des acteurs extérieurs – bénévoles, militants – qui ont perturbé ces dynamiques en socialisant les enfants et les adolescents des bidonvilles et cités à différentes dispositions propices à une mobilité ascendante. Des portraits de famille mettent également en évidence la façon dont ces socialisations affectent les trajectoires en fonction des ressources familiales et des aspirations migratoires (et dans une moindre mesure du sexe et de la génération).

Mots-clés

  • Socialisation
  • Habitat
  • Mobilité sociale
  • Inégalités sociales
  • Inégalités ethnoraciales

Mots-clés éditeurs : Habitat, Inégalités ethnoraciales, Inégalités sociales, Mobilité sociale, Socialisation


English

At the Borders of upward Mobility. Spaces and Socialization in Slums and Transit Camps of Post-War France

At the Borders of upward Mobility. Spaces and Socialization in Slums and Transit Camps of Post-War France

Based on the case of slums and transit camps of Post-War France, this article focuses on the relations between spatial socializations and upward mobility. These residential spaces socialize children and teenagers to a triple border urban, social and racial. But because activists from the outside visited a lot some slums and transit camps, these dynamics were disrupted and socialization processes to upward mobility took place. Family portraits also illustrate how these socializations affect trajectories depending on family resources and migratory expectations (and secondarily on sex and generation).

Keywords

  • Socialization
  • Housing
  • Social mobility
  • Social inequalities
  • Racial inequalities

Mots-clés éditeurs : Housing, Racial inequalities, Social inequalities, Social mobility, Socialization


Date de mise en ligne : 13/02/2020

https://doi.org/10.3917/soco.115.0123

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