Article de revue

L’architecte Jean-Pierre Ehrmann nous a quittés

Pages 112 à 113

Citer cet article


  • Hannebert, J.-L.
(2025). L’architecte Jean-Pierre Ehrmann nous a quittés. Sites et Monuments, 232(1), 112-113. https://doi.org/10.3917/simo.232.0113.

  • Hannebert, Jean-Louis.
« L’architecte Jean-Pierre Ehrmann nous a quittés ». Sites et Monuments, 2025/1 N° 232, 2025. p.112-113. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-sites-et-monuments-2025-1-page-112?lang=fr.

  • HANNEBERT, Jean-Louis,
2025. L’architecte Jean-Pierre Ehrmann nous a quittés. Sites et Monuments, 2025/1 N° 232, p.112-113. DOI : 10.3917/simo.232.0113. URL : https://shs.cairn.info/revue-sites-et-monuments-2025-1-page-112?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/simo.232.0113


Description de l'image par IA : Homme âgé avec des lunettes, portant un manteau, en noir et blanc, avec une ville en arrière-plan.
Description

1 Jean-Pierre Ehrmann a pratiqué successivement plusieurs vies professionnelles qui lui ont permis de développer son talent d’architecte et de conservateur des monuments historiques.

2 Né à Paris en 1930, Jean-Pierre avait suivi de solides études d’architecture à l’atelier Arretche de l’école des Beaux-Arts de Paris. Après son diplôme en 1959, il a exercé les fonctions d’architecte DPLG dans les Alpes-de-Haute-Provence à Digne (1959-1973). En mettant en valeur le bois (premiers lamellés collés) et la pierre, il a notamment réalisé le Palais des congrès de Digne, le temple protestant de Manosque, des chalets et studios des stations de ski à la Foux d’Allos et à Montclar Col Saint Jean, la piscine de Barcelonnette… Ses archives d’architecte DPLG sont conservées au fonds des archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence (04) à Digne (cote 139J).

3 Déjà passionné par l’architecture ancienne, Jean-Pierre avait suivi les cours des monuments historiques de 1956 à 1958, puis à Chaillot à Paris donnant lieu à l’obtention du concours d’architecte des bâtiments de France.

4 Cette spécialisation le conduira à devenir le premier architecte des bâtiments de France des Alpes-de-Haute-Provence à Digne (1973–1982). Il a œuvré pour la restauration de nombreuses chapelles, églises et monuments, notamment pour l’église de Saint-Donat à Montfort en collaboration avec l’historien Jacques Thirion, l’église de Saint-Geniez, le prieuré de Ganagobie, le prieuré de Salagon à Mane, le moulin de Montfuron, la citadelle de Sisteron, Simiane-la-Rotonde… Certains de ses articles sont consultables au fonds des archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence (04) à Digne (Patrimoine architectural de Haute-Provence, revue Les Alpes de Lumière, bulletin de la Société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence).

5 Il a ensuite été nommé conservateur régional des monuments historiques de Franche-Comté à Besançon (1982–1989), puis conservateur régional des monuments historiques en Ile-de-France à Paris (1989–1995).

6 Jean-Pierre Ehrmann était chevalier des Arts et Lettres. Il était impliqué dans de nombreuses associations, notamment, dans les Alpes-de-Haute-Provence : Alpes de Lumières, la Société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, à Mulhouse : membre du conseil d’administration de la Fondation du Diaconat de Mulhouse, Mémoire Mulhousienne, à Paris : Sauvegarde de l’art français, Société française d’archéologie, Remparts, Sites et Monuments : commission Cimetières — Mémoires des lieux.

7 Étant toujours passionné d’histoire, Jean-Pierre s’était intéressé aux véritables livres d’histoire que constituent les cimetières. Il a été parmi les précurseurs pour mettre en valeur les œuvres artistiques présentées à tous dans les cimetières, mais surtout l’histoire des familles et de la société illustrée sur les tombes. Il en avait conclu à la nécessité de la conservation et de la mise en valeur de cette mémoire collective. Et en homme d’action, il était devenu l’acteur incontournable et infatigable de la connaissance et de la préservation des cimetières : ses articles font autorité dans de nombreuses revues, les chantiers de restauration qu’il a dirigés ont formé et motivé de nombreux jeunes.

8 Jean-Pierre avait développé une approche scientifique de la conservation des cimetières, qu’il avait mise en œuvre au cimetière de Mulhouse. À l’origine de la création en 1994 de l’association Mémoire Mulhousienne, il a agi pour la conservation des dalles anciennes et la mise en valeur du patrimoine historique et culturel du cimetière de Mulhouse, illustrant notamment le développement industriel des usines textiles du XIXe siècle, les personnalités et artistes de la ville. Il a contribué à l’inventaire historique des dalles. En sa qualité de conservateur des monuments historiques honoraire, il a sollicité la protection du cimetière de Mulhouse au titre des monuments historiques, ce qui a abouti à l’obtention de la mise en place d’une Zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager ZPPAUP pour le cimetière de Mulhouse.

9 Au sein de la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France SPPEF, il a œuvré à la commission « Cimetières-Mémoires des lieux », créée en 1996, ayant pour objet de sauver les tombes anciennes et le caractère historique des cimetières. Il a activement pris part à l’organisation des colloques du 25 octobre 2001 au Musée des Arts et traditions populaires de Paris et du 25 octobre 2011, « Cimetières et patrimoine funéraire » à Lyon. Il a également réalisé des interventions régulières pour la SPPEF au salon du patrimoine avec Jacky Brionne et a écrit des articles dans la revue Sites et Monuments.

10 Il préconisait l’information du public par une démarche pédagogique et de conseil à l’appui de son expérience, des conférences, des visites, des publications.

11 Par son exemple, Jean-Pierre Ehrmann restera, avec son équipe, le précurseur de la protection et de la mise en valeur des cimetières.

12 Il nous laisse le souvenir d’un bénévole dévoué et d’un ami fidèle.


Date de mise en ligne : 26/03/2026

https://doi.org/10.3917/simo.232.0113