Fragments d’ENA
- Par Marc Lambron
Pages 29 à 31
Citer cet article
- LAMBRON, Marc,
- Lambron, Marc.
- Lambron, M.
https://doi.org/10.3917/servir.540.0029
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- Lambron, Marc.
- LAMBRON, Marc,
https://doi.org/10.3917/servir.540.0029
Au début des années 1980, je fus pris dans ce mouvement migratoire qui poussait nombre de normaliens à présenter le concours de l’ENA, comparables en cela aux Sioux migrants autour de 1860 vers des plaines plus rugueuses.
Les écrits avaient lieu au début du mois de septembre. Cela imposait de réviser pendant l’été. À cette fin, je décidai avec mon ami Jean-Claude Mallet, un autre normalien, de passer le mois d’août reclus au centre culturel des Fontaines, sis à Chantilly. Pour services rendus pendant la guerre, cet ancien domaine Rothschild avait été offert à la Compagnie de Jésus.
Les bons pères y avaient transféré leur bibliothèque de 400 000 volumes et logeaient là leurs vénérables anciens, dont l’éminent Henri de Lubac – le temps passant, sa cause en béatification a été ouverte en septembre 2023 par l’archidiocèse de Lyon.
Moins heureusement, les pères jésuites avaient adjoint au castel d’époque 1880 une aile assez hideuse destinée à l’accueil des étudiants, retraitants et observants de divers exercices spirituels ou assimilés, dont le plus étonnant était une session de cri primal se tenant sous les frondaisons du magnifique parc aux essences rares. L’écho lointain de ces hurlements originaires agrémentait nos sessions de travail. J’ai tiré de cet été 1982 une recette pour réussir le concours de l’ENA : il faut s’enfermer avec un protestant dans une jésuitière.
Le directeur des stages, Christian Frémont, eut la bonne idée de m’envoyer à Madrid. L’ambassadeur Pierre Guidoni, missionné par François Mitterrand et choyé par Pierre Mauroy, venait d’y prendre ses fonctions…
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